LOUIS. — A LYON ET A PARIS
à Paris, clicz sa mère, le l"'" janvier. Il écrit à l'Empereur, qui, s'il faut l'en croire, ne lui répond pas, mais qui, le 3, lui envoie le duc de Vicence : « Il lui dit, de la part de l'Empereur, que, s'il venait comme prince français, il était le bienvenu, mais qu'on ne pouvait le recevoir comme roi de Hollande. » Il répond au ministre : « Tant que la Hollande est occupée par les ennemis, je ne prétends pas au titre de roi et il m'est indifférent qu'on m'en donne un autre. Je viens uniquement, comme Français, partager les dangers du moment et me rendre utile autant que je le puis. Si la Hollande retombait sous la puissance de l'Empereur et qu'il ne me la rendît pas, ma conscience comme roi me défendrait de rester en France et j'en sortirais de nouveau. Si, au contraire, à la paix, la Hollande devait être cédée à un autre prince que l'Empereur et que ma renonciation devienne nécessaire pour sanctionner cette partie du traité, je ne la refuserai pas. »
Outre que cela est faux, cela est trop subtil pour l'Empereur qui, par une lettre du 4 janvier, pose une fois de plus la question : Louis est-il venu comme Français ou comme Hollandais ? D'abord il lui signifie son déplaisir qu'il soit arrivé à Paris sans en avoir demandé la permission : « Vous n'êtes plus roi de Hollande, lui dit- il, depuis que vous avez renoncé et que j'ai réuni ce pays à la France. Le territoire de l'Empire est envahi et j'ai toute l'Europe armée contre moi... Si vous persistez dans vos idées de roi et de Hollandais, éloignez-vous de quarai\te lieues de Paris.
Je ne veux plus de position mixte, de rôle tiers. Si vous acceptez, écrivez-moi une lettre que je puisse faire imprimer. »
Tout cela vainement; vainement, Berlhier d'abord, puis Caulaincourt viennent lui signifier l'ordre de quitter Paris, de s'en aller à quarante lieues s'il ne veut pas paraître comme prince français, comme connétable de l'Empire. « Il refuse d'obéir, parce que, dit-il, personne n'avait le droit de l'empêcher de rester chez lui )) ; proposition hardie, puisqu'il se proclamait Hollandais dans l'Empire français, qu'il était logé chei Madame Mère et que rien au monde ne l'eût fait habiter le palais de la rue Cérutti ou le château de Saint-Leu — que d'ailleurs il avait tous deux donnés à Hortense.
Pourtant il paraissait impossible que cette étrange situation se prolongeât indéfiniment. Ces rois que, chacun à son tour, l'Empereur avait dû menacer de faire arrêter, profitaient de l'impunité pour le braver et méconnaître des ordres qu'inspirait le souci le plus juste des intérêts de la France; ils restaient, oisifs, au milieu de leur cour étrangère, durant que la nation entière était appelée aux armes ; ils fournissaient au public le spectacle de leurs folles prétentions, de leur nullité et de leur vanité ; dans l'écroulement de l'Empire, ils ne songeaient qu'à leurs chimères de trônes, prêts, pour en conserver l'apparence, à tous les pactes