JOSEPH- — LIEUTENANT DE L'EMPEREUR
reurse faitrillusion de penser que, désormais, les souverains coalisés ne lui altribucront plus des desseins sur l'Espagne, qu'ils reconnaîtront qu'il a loyalement abdiqué le Grand Empire, qu'ils en tiendront compte à la France dans les conditions de la paix — comme si leur inimitié pouvait être conjurée par (|uoi que ce fiit. En échange de cette chimère, il livre à Joseph ce dont il l'a écarté depuis une année, au prix de tant de sacrifices : la Régence et l'Empire. 11 ne saurait laisser dans l'oisiveté le premier prince du sang, dès qu'il est venu offrir « son bras et ses conseils ». Napoléon est payé pour savoir ce que valent les uns et ce que pèse l'autre : mais comment aurait-il assez de mémoire pour s'en souvenir, assez de fermeté pour les écarter, assez de retenue dans ses sentiments fraternels pour ne pas retomber dans une confiance qui lui a coûté si cher, alors que c'est lui-même, en réalité, qui est allé au-devant de Joseph et qui lui a demandé son concours ?