‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 43 sur 106 · XI. II · texte numérisé non relu

XI. II

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l'Alliance autrichienne. — Inquiétudes et agitations. — Fermeté de la reine. — Ses conlidences au comte Mier. — Murât expédie à Londres un courrier pour protester de sa fidélité. — Reprise d'intrigues avec les Unitaires. — Il craint que Napoléon ne reprenne l'Italie. — Il veut être roi d'Italie.

— Confidences à d'Ambrosio. — Lettre à Napoléon portée par Alexandre de BauiFremont. — Annonce du départ du roi pour les Marches. — Prétexte d'un voyage. — Mobilisation de l'armée. -^ Demande d'explications de Mier. — Protestations de Murât. — Jeu double. — Arrestation de Pauline. — Réclamations. — Caroline refuse la régence. — Réponse des Autrichiens à la note du 26. — Murât quitte Naples. — Entrée à Ancône. — Demande de passage au pape. — Le pape quitte Pvome. — Conversation entre Murât et Starhenberg à Ancône. — La guerre inévitable avec l'Autriche. — Murât croit rester en paix avec les Anglais. — Pourquoi les Anglais n agissent pas immédiatement. — Lettre de Bentinck à Gallo.

— Lettre de Murât à Bentinck. — Il propose son alliance contre la France. — Marche en avant de Murât. — Rencontre d'un courrier de Joseph. — Cette lettre n'a pu déterminer le fait accompli. — Texte de cette lettre, suspecte, interpolée et faussée. — Preuves. — Etat d'esprit de l'Empereur. — Sa lettre à Murât. — ^. Elle est parvenue. — Instructions pour le cardinal Fesch relatives à Murât. — L Empereur désigne Belliard pour ministre à Naples. — Note sur Murât dans le rapport du ministre des Affaires étrangères. — Aucune excitation n'est venue de Napoléon. — Conversation avec Jérôme.

— Proclamation de Rimini. — Elle vise la F'rance plus que l'Autriche. — Ordre du jour à l'armée. — Illusions de Murât,

— Effectif de son armée. — Les Autrichiens se replient. — , Murât à Bologne. — Combat sur le Panaro. — Entrée à Modène. — Echec d'Occhiobello. — La désertion. — Couleurs nouvelles données à l'Italie annexée à Naples. — Les Anglais. — Espèce d'ultimatum de Murât. — Déclaration de Bentinck. — Murât revient sur ses pas. — L'armée autrichienne en manœuvre. ^ Ce qu'on sait à Paris, on croit à des succès. — Idées de Napoléon. — Mission de Belliard. —

Son voyage. Son arrivée à Naples. — 11 arrive en pleine

crise. — Murât qui se croit perdu essaie de donner le change au public. — Tentatives près de Bentinck. — Près du général autrichien. — Près du cabinet de Vienne. — Demande d'armistice. — Dispositions de Metternich. — Echec sur échec. — Rentrée à Ancône. — Bataille de Tolentino. — Défaite totale.

LES A VORTEMENTS i63

— Belliard rejoint Mural à Castel di Sangro. — Nouvelles qu'il apporte de Xaples. — Caractère de Caroline. — Sa belle conduite. — Belliard expose les instructions de l'Empereur.

— Murât essaie des explications. — Conseils de Belliard. — Nouvel échec. — Mural n'a de ressource que de rentrer à tapies. — Le blocus de Naples. — La Dryade et le Commodore Campbell. — Conseil de défense. — La capitulation inévitable. — Convention avec Campbell. — Caroline exécute de point en point la convention. — Caroline écrit à l'empereur d'Autriche. — Emeutes. — Sang-tVoid de la Reine. — Murât, sa fuite à Ischia. — Rencontre de Manhès. — Embarquement.

— Arrivée à Cannes. — Lettres à Brune, à l'Empereur cl à Fouché. — Sentiment de l'Empereur. — Les faux Blacas. — La séance des Communes. — Indignation de Napoléon. — Communication des originaux des pièces faussées. — Jugement de Napoléon sur Mural. — Note au ministre des Affaires étrangères. — Mission de M. de Baudus. — Ménagements à l'égard de Murât. — Première lettre de ÎSIural à M"i« Récaxa'icv. — Murât à Plaisance. — Opinion manifestée à son égard par les officiers de Toulon. — Il apprend la violation de la capitulation de Naples. — Caroline prisonnière des Anglais, livrée par eux aux Autrichiens. — Lettre de Metter- □ieh — A quoi rêve Caroline. — Ses biens. — Sa lettre à Napoléon. — Mural. — Seconde lettre à M'"^ Récamier. — Lettre à l'Empereur. — Lettre à Fouché. — Prodige d'inconscience de Mural.

Le Champ de Mai. — Projets de Fouché. — L'Abdication.

— S. A. I. le prince Lucien. — Lucien et Jullian. — Paroles de Lucien. — A défaut de l'Impératrice, il faudra un régent.

— Ambitions de Lucien. — L'habit de garde national. — Lucien et Jérôme. — La Cérémonie. — Rang donné aux trois frères, — Critiques et opposition de Lucien. — Discours de l'Empereur. — Il annonce tous les malheurs. — Dissolution du Gouvernement. — Convocation des Chambres.

Ceux qui avaient appelé Napoléon, ceux qui avaient préparé son retour, ceux qui avaient apporté à ses pieds les portes de Grenoble étaient des hommes de la Révolution : on ne saurait dire même

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inquiétudes, il garantit la conservation de toutes les propriétés ; l'égalité entre toutes les classes et les droits dont vous jouissez depuis vingt-cinq ans et après lesquels vos pères ont tant soupiré-. » Et c'est par le mot : citoyens que commencent ces proclamations.

A Grenoble, où sont rendus les premiers décrets, rien que la suppression de la cocarde blanche et de la décoration du lis, le rétablissement de la cocarde tricolore, l'ordre d'arborer partout le pavillon aux trois couleurs, la levée des gardes nationales dans les cinq départements ; cela pourrait être un signal et un emblème, mais déjà les formes révolutionnaires sont abandonnées ; les officiers de la garde nationale seront nommés par les généraux, les préfets, les conseillers de préfecture réunis en conseil d'administration : et tous les fonctionnaires civils et militaires qui ont participé à la réaction royale sont confirmés dans leurs fonctions ! Qu'est-ce donc à dire, et par son chef lui-même la nation serait-elle désertée ?

A Lyon, les résolutions qu'il prend ont pour objet, en même temps que l'abolition des manifestations extérieures du régime bourbonien, le rétablissement du régime impérial ; il y donne quelques satisfactions aux patriotes, mais combien ternes et médiocres par rapport à celles auxquelles ils ont droit ! Certes, les Chambres sont dissoutes, mais qui eut pu imaginer l'Empereur gouvernant

LliS DÉCRETS DE LYOxX 167

avec les pairs de Louis X^'lll ; les promotions faites dansla Légion d'honneiirsontannulées, maisexception est faite pour les personnes « qui ont rendu des services réels à la patrie » ; les ordres du Saint- Esprit, de Saint-Louis et de Saint-iSIichel sont abolis, mais l'ordre do la Réunion est rétabli, et l'Empereur y fera des promotions fréquentes durant les Gent-Jours; les lois de l'Assemblée nationale sur la noblesse sont remises en vigueur, mais les titres impériaux continueront à être portés et l'Empereur « se réserve de donner des titres aux descendants des hommes qui ont illustré le nom français dans les différents siècles, soit dans le commandement des armées de terre et de mer, dans les conseils du souverain, dans les administrations civiles et judiciaires, soit enfin dans les sciences et arts et dans le commerce » ; le séquestre sera apposé sur les biens formant les apanages des princes de la maison de Bourbon et sur les biens des émigrés qui faisaient partie du Domaine national et qui leur ont été rendus, mais c'est aux préfets à tenir la main à l'exécution du décret, qui devient dès lors, en admettant même qu'il Tait été quelque part, un instrument politique médiocrement appliqué ; de même, les émigrés non amnistiés, rentrés en France depuis le i" janvier 1814, devront sortir sur-lechamp du territoire de l'Empire, mais ils risquent d'être « simplement arrêtés et conduits par la gendarmerie hors du territoire » ; les officiers, qui ont été introduits dans l'armée depuis le

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i^'' avril 1814, cessent d'en faire partie, mais ils n'auront qu'à se rendre au lieu de leur domicile ; la maison militaire du roi est supprimée, mais l'Empereur est si mal renseigné qu'il met à part « les Cent Suisses, les gardes de la Porte, les gardes suisses sous quelque dénomination que ce soit » pour être seuls renvoyés à vingt lieues de la capitale et à vingt lieues de tous les palais impériaux; alors qu'il omet les gendarmes de la garde, les chevau-légers de la garde, les mousquetaires et les grenadiers à cheval, sans compter les quatre compagnies de gardes du corps du Roi et les deux compagnies de gardes du corps de Monsieur ; enfin, treize individus, treize pour tout l'Empire, parmi lesquels un seul officier général, sont exclus de l'amnistie pleine et entière accordée « aux fonctionnaires civils et militaires qui, par des intelligences ou une connivence coupable avec l'étranger, l'ont appelé en France et ont secondé ses projets d'envahissement; à ceux qui ont tramé ou favorisé le renversement des Constitutions de l'Empire et du trône impérial ». Aucun châtiment pour ceux qui ont conduit l'étranger sur les routes de France, qui lui ont livré le secret de la résistance, qui ont dénoncé les défenseurs du sol national, qui ont conspiré l'abaissement de la patrie, qui, pendant que nos soldats combattaient, les ont lâchement assassinés par derrière, aucun châtiment ! Et pour ceux-là mêmes qui sont exceptés de l'amnistie, pour celui qui, seul des treize, n'a point su se

CONSTITU'l'ION DU MINISTERE 169

mettre à Tabri, les douceurs d'une prison avec les agréments d'une évasion concerlée.

Voilà ces sanguinaires décrets de Lyon : à la juste colère de la nation, à peine si Ton accorde quelques platoniques satisfactions ; pour être placé et maintenu dans un état de « résistance à l'oppression », le peuple aurait eu besoin de rencontrer, dès ces premiers jours, une direction vigoureuse et une répression impitoyable. Il s'altendaitqu'entre ceux qui s'étaient dévoués pour la P'rance et ceux qui l'avaient trahie, il serait fait au moins une différence, ne fût-ce que pour avertir les uns et pour encourager les autres. 11 n'y en eut aucune, et, à regarder d'un peu près les décrets, les promotions, les nominations, toute l'action gouvernementale, on est singulièrement étonné.

L'Empereur, dès son arrivée à Paris, a constitué un ministère composé presque uniquement des ministres de i8i4; ce sont pour la plupart des premiers commis excellents ; pour renforcer ce ministère, il y a introduit deux régicides, Fouché, déjà en pleine coquetterie avec les Bourbons, et Carnot, nommé comte de l'Empire pour la défense d'Anvers, un vieil homme à présent, plein de ménagements, d'hésitations et d'inquiétudes. Un seul des ministres a de l'énergie, de la décision, un peu de la fièvre révolutionnaire : c'est le ministre de la Guerre : Davout. Celui-là agirait si on le laissait agir. Il connaît les mesures opportunes et n'hésite pas à les prendre, mais il a été aussitôt.

et sur tous les points, contrarié par l'Empereur que détournaient des mesures opportunes et rigoureuses les officiers généraux de sa maison militaire, chargés du personnel. Chaque fois que Davout adopte une décision énergique, l'application en est paralysée par des influences qui s'exercent pour gagner du temps, atermoyer, ménager les intérêts et les personnes. Dans le ministère comme partout, il n'y a qu'une apparence d'énergie, une apparence de satisfation donnée à la nation, une apparence de répression. En réalité, où elle demanderait de l'audace, où elle réclamerait, pour sauver la Révolution, les formes qui ont accompli la Révolution, elle va trouver une formule gouvernementale qui, sans prendre tout à fait la suite de la précédente, mais en empruntant un bon nombre des apparences constitutionnelles qui avaient alors prévalu, semble combinée, non point pour satisfaire le peuple qui ne s'en souciait nullement, mais pour flatter une bourgeoisie qui, l'année précédente, s'est refusée presque partout à participer à la défense et qui a accueilli les Bourboils avec satisfaction sinon avec enthousiasme. N'étaient ceux qui, ayant spéculé sur les biens nationaux, craignaient qu'on ne leur confisquât leurs propriétés et ceux qui, ayant plus ou moins participé à la Révolution, redoutaient des représailles, ils avaient trouvé dans la Charte toutes sortes de motifs de se réjouir : en particulier et avant tout, l'abolition promise de la conscription. Evidemment ils avaient

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