LES ADIEUX DE L'EMPEREUR
de la Russie. — Les Bombons : l'Espagne et le Deux Mai. — Lettre de Mural à Ferdinand VII. — Attitude vis-à-vis de Louis XVIII. Envoi de Scliiniua. — Argent distribué par les niaius de Fouché. — Tentatives sur Tallcyrand. — Pourquoi infructueuses. — Lettre de Murât à Louis XVIII. — Humilité de Murât. — Jaucourt et Schinina. — Offre d'alliance contre l'Autriche. — Hostilités ouvertes par Louis XVIII. — Policiers français en Loinbardie. — Desquirou de Saint-Agnan.
— Murât dénonce les patriotes italiens. — Sauvage répression d'un mouvement carbonaristo. — Avances à l'Autriche. — Murât met ses espoirs en M. de Mottcrnich. — Conditions pour qu'il soit sauvé. — Qu'on soit certain de sa sincérité lorsqu'il a trahi lEmpereur, que nulle puissance n'ait intérêt à le détruire. — Or il est accusé par tous. — Mauvaise volonté prouvée. — Résolution prise par Louis XVIII. — Négociation secrète entre Blacas et Bombelles. — Murât veut prendre les devants, présente un mémoire apologétique. — Ce mémoire livré à la critique du comte Nugent et de Lord Bentinck. — Entrevue de Talleyrand et de la légation muratisto.
— Eugène et la princesse Bagration. — Vantardises de Murât.
— 80.000 hommes ! — Lettre à l'empereur d'Autriche. — Lettre au prince Pvégent. — Les Anglais refusent de livrer Murât, à moins qu'onne leur prouve sa duplicité. — Louis XVIII prépare l'attaque contre Murât. — La princesse de Galles à IS'aples. — Murât joue sur les deux cartes : Angleterre et Autriche : mais il se remet en l'apport avec les Unitaires. — Les Emissaires de Fouché. — M. de Jullian. — Projets des Unitaires. >
Caroline. — Elle a accepté totalement l'alliance avec l'Autriche. — Elle se tient pour chef de famille. — Comme elle morigène. — •' Rapports avec Pauline.
Echange de lettres. — Voie ouverte pour Murât. — L'Empereur a recommandé la paix. — Dès le iS février, Murât a présenté un ultimatum à l'Autriche. — Que gagne Napoléon à cette entente avec Murât ?
L'Empereur n'avait point potir habitude de faire confidence de ses desseins — surtout à des femmes. Sans doute pouvait-il se croire assuré de la discrétion de sa mère et de sa sœur, mais sait-on
jamais? Certaine femme de l'intimité de Pauline fournissait des nouvelles à l'agent de Mariotti, l'organisateur de l'espionnage, et il eût suffi d'un mot lâché devant elle pour que tout fut compromis. Madame avait ses Corses. La plupart étaient sûrs, mais ils avaient des parents et amis qui l'étaient moins. Ce ne fut donc que le soir même de son départ qu'il annonça la résolution. « Tous les compagnons de l'Empereur allèrent prendre congé de Madame et de la princesse Pauline. Madame était parfaite de noble simplicité. » Devant le monde, elle n'avait garde de pleurer; mais, quand elle était seule, comme dit Marchand, « elle était dans les larmes ». « Marchand, lui dit-elle, je vous recommande mon fils », et, lui présentant une bonbonnière sur laquelle était son portrait très ressemblant' : « Tenez, lui dit-elle, qu'à l'avenir elle remplace celle dont il se sert habituellement. Si la fortune lui est contraire, ne l'abandonnez pas. » Elle couvrit ses yeux de ses deux mains et Marchand n'entendit plus que des sanglots.
Pauline avait si peu connaissance des projets de son frère, que, le i6 février, elle avait pris date au 26 pour un bal qu'elle comptait donner. Elle y avait invité le commissaire anglais, sir Neil Campbell, lequel s'était excusé, n'étant pas sûr d'être revenu du continent où l'attirait une belle dame. Elle
* Termes dont l'Empereur se servira plus tard lorsqu'il disposera dans sou testament de cette bonbonnière.