MURAT. — LE JUGEMENT DE NAPOLÉON
le programme d'indépendance italienne qu'il s'était — ou qu'on lui avait — ^ imposé. Nulle raison pour Napoléon de se solidariser avec celui qui l'avait constamment trahi. En France, on était disposé à le confondre avec lui, à prêter au roi de Napies un rôle qui n'avait jamais été le sien, à le présenter comme une victime des excitations napoléoniennes, abandonné alors qu'il se compromettait pour la cause commune. Il fallait remettre les choses au point et c'est ce que fit l'Empereur. Ce fut sans dire toute la vérité, mais en ne disant ([ue des choses vraies et, s'il montra ([uelles illusions il continuait à entretenir sur les droits qu'il possédait en Italie, il se trouva indiquer justement quelle espèce de rivalité sourde s'était établie entre lui et son beau-frère et pourquoi celui-ci avait précipité les événements pour l'empêcher de revendiquer des possessions que l'un et l'autre enviaient. Voici la note que l'Empereurdicta pour le ministre des Affaires Étrangères : « L'Empereur demande sur le roi de Napies un rapport qui embrasse tous les événements de la dernière campagne, le mal qu'il a fait alors à la France.
« L'Empereur n'a reçu de lui aucune marque d'intérêt et pas même de souvenir à l'île d'Elbe. Il n'était pas de la dignité de l'Empereur malheureux d'aller au-devant de lui.
« Le palais de Napies était meublé des effets les plus précieux que l'Empereur avait placés dans son palais de Rome.