MURAT. — CAROLINE ET CAMPBELL
Le 26 avril, le commodore Campbell, en entrant dans la baie de Xaples, avait adressé une première sommation qu'on avait prise pour une bravade ; revenu sur rade le 7 mai, il avait réitéré son ultimatum et, s'il avait levé le blocus pour suivre la Dryade qui parvint, grâce aux manœuvres de son commandant, à entrer à Gaète après que Belliard eût quitté le bord, on ne pouvait douter qu'il allait revenir et l'écrasement déloyal de la Melpomène indiquait assez quelles étaient ses intentions.
Appelés en France par l'Empereur et ne voulant se livrer ni aux Autrichiens ni aux Anglais, Madame, Fesch et Jérôme durent faire leurs adieux à Caroline qu'ils laissaient ainsi en face des plus extraordinaires périls, sans argent et sans moyens, car elle ne vivait que sur les doo.ooo francs prêtés par Jérôme le 20 avril. Ils partirent par terre pour Gaète oîi ils devaient retrouver la Dryade, assurés qu'ils étaient par lettre du commodore Campbell que le libre passage leur serait assuré au travers des flottes britanniques, sous quelque pavillon qu'ils naviguassent pourvu que ce ne fût pas le napolitain. Les fils de Murât, xAchille et Lucien, les accompagnèrent à Gaète où s'empressaient ceux qui se sentaient le plus compromis et où certains généraux et plusieurs ministres abritaient ce qu'ils avaient de plus précieux.
Le II, il avait bien fallu se décider à répondre aux sommations de Campbell: un conseil fut réuni
OÙ l'on discuta siNaples pouvait affronter un bombardement, quelles chances pouvait présenter la résistance et comment Faccueillerait la population. Maghella, ministre de la Police, avoua ses inquiétudes ; Filangieri, intendant de la province, opina nettement pour l'acceptation des conditions, si dures qu'elles pussent être; quelques généraux parlèrent de repousser par le feu des forts l'attaque de la division anglaise et rallièrent le conseil à supplier la régente « de repousser des propositions déshonorantes pour le royaume et le peuple napolitain». Caroline savait à quoi s'en tenir sur l'appui qu'elle trouverait auprès de ses sujets ; si la garde de sûreté venait de l'accueillir avec enthousiasme lorsque, en uniforme amazone bleu et argent, elle en avait passé la revue, elle connaissait la valeur et le prix de ces acclamations. Entre la division anglaise qu'allait bientôt renforcer une flotte entière, et l'armée autrichienne, elle était prise comme dans un étau. Elle ne pouvait espérer de réponse aux lettres qu'elle avait adressées à l'empereur François et à Metternich ; elle devait savoir que les généraux napolitains ne prenaient plus conseil que de leurs intérêts et, abandonnant la monarchie muratiste, étaient en train de traiter de leur sûreté personnelle. Il lui restait à assurer, s'il était possible, le salut de ses enfants, de ses partisans, de ses serviteurs, de sa personne et de ses effets. — Non certes qu'elle comptât emporter des trésors ; elle sortirait de sa capitale plus pauvre
MUKAT. — LA CAPITULATION DE NAFLES 247
dix ibis qu'elle n'y était entrée et, quant à sa vie, elle avait une âme assez forte pour en mépriser la perte.
Elle ordonna à Gallo de rédiger les instructions destinées au prince Cariati qu'elle avait désigné pour cette négociation. On essaya de gagner du temps, on prétexta qu'on n'était pas en guerre avec la Grande-Bretagne et l'on obtint cette réponse d'une brutalité toute anglo-saxonne : « J'exige la reddition de la llolte napolitaine et des arsenaux et je m'engage dans ce cas à mabstenir de toute hostilité et à envoyer à lord Exmouth ou en Angleterre les personnages désignés à cet efï'et par le Gouvernement napolitain. » Que faire? Se soumettre : et l'on livra le Joachim de 80 canons, on livra le Capri de 74 canons, on livra 2 schooners, et 24 canonnières ; on livra le vaisseau en construction à Castellamare, on livra les arsenaux avec tout ce qu'ils contenaient. On déclara dans la convention que signèrent, le i3, Campbell et Cariati, qu'il s'agissait là d'une consignation et d'un dépôt; cela fit bien. Toulon, Copenhague, Anvers, c'est partout la même politique : ou bien, par quelque coup de trahison, comme à Brest, on tente, d'enlever les vaisseaux de l'adversaire ; ou bien, par un simulacre d'alliance, l'on s'introduit dans ses ports pour brûler sa flotte; ou bien, par un abus de la force, sans déclaration de guerre, on anéantit ses navires : il n'y a pas de di^oit contre l'Angleterre, son intérêt fait la loi et, pourvu qu'en
détruisant toute résistance elle augmente constamment sa puissance offensive et sa domination sur les mers, il suffit.
Les phrases, Campbell ne s'y attache point; aussi reçoit-il sans protestation la lettre par laquelle le duc de Gallo au nom de la reine insiste sur ce fait que la convention « le rend dépositaire des bâtiments de guerre napolitains stationnés dans le port de Naples ». Que lui importe ? Il a les faits. D'ailleurs, comme il est obligé d'en référer à lord Exmouth qui commande dans la Méditerranée, celui-ci sera toujours libre de refuser sa ratification à la convention conclue par son subordonné, de supprimer les articles qui pourraient être de quelque avantage pour les Murât et de garder la flotte. Qu'ils se nomment Campbell ou Maitland, les subordonnés ont bon dos.
A quoi bon Caroline écrit-elle à présent à l'empereur d'Autriche, à quoi bon charge-t-elle Gallo de se rendre à Vienne ? Ses lettres et son messager ne sauraient arriver à temps pour présenter même une humble requête. Les Autrichiens se sont assurés, au combat qui vient d'avoir lieu à Castel di Sangro, de l'état des troupes même qui jusque-là ont à peine vu le feu ; ils se sont emparés, sans brûler une amorce, du parc d'artillerie de l'armée ; ils savent que les fuyards encombrent les rues de Naples, que partout les troupes se débandent, que la gendarmerie même a abandonné ses casernes; que la populace commence à s'agiter ;
MURAT. — CAROLlxNE A NAPLKS iJo
que des groupes hurlant et vociférant marchent vers le palais royal et que la reine ne les a arrêtés que par un acte singulièrement audacieux de courage et de sang-froid. En grande parure, le sourire aux lèvres, dans une calèche de gala attelée de six chevaux blancs, elle a parcouru les principales rues, escortée seulement des cavaliers de la garde nationale, en costume de hussards bleu et argent. Cela était si gracieux, si crâne, si bien fait, qu'à ses sourires et à ses saluts, les gens qui, tout à l'heure eussent égorgé la Française, poussèrent des acclamations enthousiastes et pour peu Teusscnt portée en triomphe.
Toutes les tentatives que Murât avait faites pour entrer en négociation avec les Autrichiens ayant piteusement échoué, il ne lui restait que deux partis à prendre : le premier : se livrer aux Anglais qu'il accusait de l'avoir trahi et dont il répugnait à demander l'hospitalité ou aux Autrichiens qui l'interneraient dans une des provinces héréditaires où on fixerait tout ce qui serait relatif à son sort futur et à celui de sa famille ; le second : échapper par la fuite à ses adversaires en acceptant que les généraux traitassent pour leur compte, pour le compte de l'armée et de la population et en laissant à Caroline le soin de se tirer d'alFaire le mieux possible. Au moins, de la sorte, n'abdiquerait-il pas en faveur du roi Ferdinand et n'aurait-il pas à relever ses soldats et ses sujets du serment qu'ils lui avaient prêté. Soit que sa vanité ne pût suppor-
ter cette humiliation suprême, soit que ses tenaces illusions lui fissent entrevoir dès lors une restauration possible, il réservait sa dignité royale. C'est pourquoi le 19, à 9 heures du soir, il s'échappa du palais royal.
Accompagné du duc de Roccaromana, grand écuyer, de ses aides de camp le général Rossetti, Bonafoux le général et Bonafoux le colonel, ses neveux, d'un officier d'ordonnance polonais, Malcewski, de Coussy son secrétaire, de Narcisse son piqueur et de trois valets de chambre, Leblanc, Charles et Armand, tous en habit bourgeois, le roi, à sa sortie du palais, monta dans la voiture du marquis de Giuliano. Des chevaux de selle l'attendaient hors la grotte de Pausilippe. A onze heures du soir, on arriva à Miniscola où Malcewski, parti en avant, se trouvait avec deux barques. Abandonnant les chevaux dans le bois du Fusaro, on s'embarqua pour Gaète; mais la croisière anglaise fermait l'entrée du port. Murât reconnaît qu'on ne saurait passer — Malcewski en effet, qui a tenté d'éclairer la route, a été pris par les Anglais — et il débarque à Ischia. Là, le 20, il rencontre sa nièce, la duchesse de Corrigliano, qui prenait les eaux et qui a frété à Naples un petit bâtiment danois pour la ramener en France. 11 est convenu que le roi partira avec elle. Mais, le 21, à 7 heures du matin, arrive de Coussy apportant la capitulation conclue à Gasa-Lanza, entre Colletta et Neip-
MURAT. — SA FUITE -iSi
perg, par laquelle le royaume est cédé aux Alliés pour en prendre possession au nom de Ferdinand IV. Le nom même de Murât n'a pas été prononcé : ses généraux, aussi bien Collella qui a négocié l'armistice, que Carascosa (jui, comme général en chef, Ta ratifié, n'ont rien stipulé pour lui, ils ont oublié (ju'il existât. D'un instant à l'autre, il peut être fait prisonnier. A dix heures, on aperçoit un chebec venant de Xaples sous pavillon anglais qui semble en panne. Le roi envoie le colonel Bonafoux pour le reconnaître : c'est un bateau qu'a frété le plus fidèle des serviteurs de Murât, le général Manhès, lequel, muni d'un sauf conduit anglais, s'y est embar(|ué avec sa famille. Sur ce chebec, la Saiila Cataiina, ont pris passage un certain nombre d'officiers français en sorte que Manhès ne peut recevoir avec le roi que deux ou trois personnes. Murât désigne le colonel Bonafoux, son secrétaire Coussy, son valet de chambre Leblanc. Le reste rejoindra comme il pourra. Trois jours après, le 25,1a Sanla Calarina touche à Cannes et, après quelques difficultés motivées par une circulaire du bureau de salubrité de Marseille, annonçant que, la peste étant à Smyrne, les navires venant de Naples ne doivent être admis à libre pratique qu'après une quarantaine de dix jours, le sous-préfet de Grasse prend sur lui de laisser débarc{uer les passagers. Il y en avait une trentaine; outre le roi et sa suite, Manhès avec sa famille, le chevalier d'Azzia, l'adjudant général Garnier et une douzaine
d'officiers appartenant à l'ancienne armée du royaume d'Italie, réfugiés à Naples après 1814.
Tout aussitôt qu'il a débarqué, Murât a expédié deux courriers, le premier à Fouché, le second à l'Empereur. Celui-ci est déjà averti. Le 28, le maréchal Brune lui a télégraphié directement : « Le colonel Desmoland [sic) est arrivé ce matin, venant de Naples et dit être chargé d'une mission verbale pour Votre Majesté. Il a des dépèches écrites, mais il les traite sans conséquence. Je vous envoie les dépèches par estafette et j'attends vos ordres relativement à lui >>. Ce Desmoland, personnage fictif, était censé venir de Naples, de même que la lettre écrite de Cannes par Murât au sous-préfet de Grasse pour lui demander de lever la quarantaine était datée de Caserte.
Brune, d'ailleurs, est prêt à tout faire dans l'intérêt de Murât. « Peu après son débarquement, écrit le colonel L. Bourgoin qui eut en main les papiers de Brune, Murât avait envoyé, auprès du maréchal, d'abord son premier aide de camp et ensuite son médecin, pour lui annoncer qu'il se mettait avec confiance sous la protection de son ancien ami... et le maréchal, en rendant compte à l'Empereur de cette circonstance, ne négligea aucun moyen de persuasion pour lui inspirer des sentiments favorables à son beau-frère. » Bien mieux : lorsqu'il vint à Antibes prendre le commandement de l'Armée du Midi, Brune s'arrêta à Cannes où il eut avec le roi une assez long-ue entre-
MURAT. — L'OPIMO-N DE L'EMPEREUR u53
vue à la fin de laquelle assista le général Merle. Quelle était pourtant sur la conduite de Murât Topinion dé l'Empereur? Jusqu'au dernier moment il s'était refusé à admettre les bruits qui arrivaient de divers côtés : « Il n'est pas vrai, écrivait-il le 2 mai, que le roi de Naples ait été battu le i5; il a eu un avantage très marqué le i8 à Gésène et se retire en bon ordre. » Pour influer sur ses sentiments un nouvel élément se produit : l'attaque dirigée contre Murât au parlement britannique. L'exposé que lord Castlereagh a fait le i mai à la Chambre des communes, des motifs qui ont entraîné la conviction du cabinet, la lecture qu'il a donnée d'une suite de pièces dont les seules importantes sont des faux caractérisés, ont provoqué chez l'Empereur une indignation bien naturelle : l'ignominie des faussaires lui est apparue en même temps que le délire de haine qui a amené des personnages considérables à cet acte déshonorant. A la vérité, le ministre anglais n'a pas découvert l'individu qui lui a directement remis les pièces ' et celui qu'il a mis en avant a été uniquement le prince Talleyrand.
1 Lettre du comte de Blacas à lord vicomte Castlereagh en date de Paris, 4 mars i8i5. (Scuoell, V, 4o.)
« Vous trouverez ci-jointes, Milord, des copies des lettres dont vous avez vu les originaux entre mes mains : On a retrouv'é depuis, dans une autre liasse, trois minutes de lettres écrites par Napoléon dont une n'a pas de date. J'ai l'honneur de vous en adresser pareillement des copies et ce ne sont pas les moins intéressantes dans l'immense quantité de papiers où il a fallu faire des recherches. » Or ce sont ces trois pièces, noyées parmi les autres qui ne présentent aucun intérêt, qui sont des faux.
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Pourtr.nt chacune des pièces communiquées porte la mention ■.pour copie conforme : Bla.cas d'AuLPs ; autant dire Louis. C'est sur ces pièces que le cabinet britannique a condamné Murai, qu'il a ordonné à Campbell cet odieux abus de la force, c'est parla qu'il a été conduit à ces excès de dureté si choquants pour tous les Anglais qui ont été les hôtes de Caroline et de Murât.
Chez l'Empereur, l'indignation est double. Ce n'est pas seulement sa politique, c'est l'intimité de sa famille que le cabinet de Louis XVIII a cherché à atteindre par cette suite de lettres faussées. Ce sont ses sentiments personnels qu'on a exploités, et l'expression même de sa pensée. Il voulut, en donnant à cette machination la plusgrande publicité, montrer de quelles armes se servaient contre lui les Bourbons et leurs serviteurs, dévoiler aux Anglais comme ils étaient dupes, leur prouver ce que valait l'honnêteté de leurs protégés. Il appela les Anglais qui se trouvaient à Paris à vérifier « ces fabrications impudentes ». M. Hobhouse, plus tard lord Broughton, le fidèle ami de lord Byron, fut un de ceux qui se présentèrent et qui reçurent, aux Archives, devant le duc de Bassano et par les mains de M. Joanne, l'un des chefs du secrétariat, communication des minutes dont M. de Blacas avait certifié les copies. Ils furent convaincus et le proclamèrent, mais qu'importait? Ce qui était acquis était acquis — fût-ce par un faux — et la Grande-Bretagne, dont la pudeur se
L'ANGLETERlîE ET LES FAUX BLACAS 255
fnl efFarouchée peut-être à une action directe et personnelle, se trouva si fort à Taise pour en bénéficier qu'elle en prit même la défense et que, en présence de preuves qui ne pouvaient laisser aucun doute à des ffens de bonne foi, elle allée-ua, pour en faire l'apologie, les plus subtiles distinctions. Le cabinet dont lord Liverpod était le chef ne différait point des autres cabinets anglais, qu'ils relèvent des wbigs ou des tor^-s ; il allait à son but avec une ténacité froide qui écrase et supprime ce qui gène la politique anglaise : comme, pour quiconque est Anglais, il n'y a dans le monde que l'Angleterre, il suffit que l'Angleterre soit intéressée à un crime, pour que ce crime soit licite, et, où les autres nations admettent et observent un droit des gens, pour l'Angleterre il y a le droit des Anglais. Ainsi, les fausses lettres dont les Anglais se servent contre Murât répondent aux paroles faussées dont ils se serviront contre Caroline.
Comment l'Empereur toutefois allait-il envisager la catastrophe de son beau-frère'. Mis en
^ L'Empereur ne critiqua point publiquement les opérations militaires de Murât. Mais Fouché s'employa activement à leur apologie. A la date du 6 juin, et sous la rubrique Toulon le 3o mai, il fît d'abord insérer dans VIndépendant, puis reproduire dans Y Arislarque, journaux recevant directement son inspiration, cette note qui résume avec peu de véracité, mais avec lintenlion arrêtée d'innocenter Murât, les événements de la campagne. « Le roi de Naples est arrivé à Cannes le -25 de ce mois. Il ne doit ses défaites et sa ruine qu'à l'inconcevable lâcheté de ses
possession des proclamations diverses émanées de Murât, averti par Jérôme de ses conversations, il ne pouvait conserver aucun doute sur les projets de son beau-frère. C'était sans se soucier de l'Empereur ni de la France que Murât avait commencé son action. 11 n'avait eu pour objet que de réaliser, moyennant l'appui des sociétés secrètes,
troupes. Les Napolitains n'ont marché en avant qu'autant que les Autrichiens n'étaient pas en force suffisante pour leur résister, mais, quand il leur a fallu acheter la victoire, ils ont constamment refusé de se battre, ils n'ont cessé de fuir devant l'ennemi.
« Si Murât avait pu s'avancer dans la Lombardie, sa cause et celle de l'Italie auraient triomphé : officiers et soldats du prince Eugène se ralliaient à lui et venaient former le nerf de son armée, mais à peine il s'établissait sur la ligne de Pô que les Autrichiens ont reçu des renforts et ont pris l'olfeusive. Alors les Napolitains, intimidés par la présence d'un ennemi qui ne fuyait plus, ont pris eux-mêmes la fuite. Le roi de Naples n'est parvenu à rallier les débris de son armée qu'auprès de Macerata; il a voulu livrer bataille. Le corps autrichien était inférieur en nombre à celui qu'il commandait. Aux premiers coups de fusil, les Napolitains se sont débandés de toutes parts. Des pièces de canon que le roi de Naples lui-même avait placées sur les derrières de sou armée pour en arrêter la fuite, n'ont pu retenir ses lâches soldats. Il n'est resté de fidèle au roi qu'un bataillon composé d'officiers italiens et français. C'est avec cette poignée de braves' qu'il a opéré sa retraite jusqu'à Naples poursuivi sans relâche par les Autrichiens. Rentré dans sa capitale, il a vu qu'il ne lui restait d'autre parti à prendre que d'abandonner un peuple sans courage et sans énergie. Il est sorti de Naples le 20 mai, a côtoyé la mer jusqu'à l'île dischia et là s'est embarqué sur un bâtiment de File d'Elbe qui, en cinq jours. Fa conduit sur la plage de Cannes. Dès qu'il fut parti, les Autrichiens entrèrent dans la ville et les Anglais dans le port. La reine s'était retirée dans une forteresse où elle a capitulé avec les Anglais et elle sest embarquée, le 21, sur un vaisseau de cette nation qui doit la conduire à Toulon. »