‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 87 sur 106 · L'ENTRÉE EN CAMPAGNE RETARDÉE · texte numérisé non relu

L'ENTRÉE EN CAMPAGNE RETARDÉE

Fédérés devant 1 Elysée. — Les coujurés ont penr et jouent de ruse. — Ils acceptent la proclamation de Napoléon IL — Les Pairs les imitent. — Napoléon et son fils. — Napoléon contraint à quitter l'Elysée.

Le 27 avril, l'Empereur a paru déterminé à entrer immédiatement en campagne. Il a donné ordre au grand maréchal d'envoyer à Compiègne, pour le i" mai, un service de guerre de sa maison : « Je ne veux, a-t-il dit, que le tiers de ce que j'avais les autres années. Comme nous agirons sur nos frontières, on sera toujours à même d'avoir ce qu'il nous faut. On pourra faire préparer dans les auberges ce qui faut pour la Maison. Je veux, par politique, être très simple. »

Son plan de guerre est arrêté; les commandants de corps ont reçu leurs ordres ; les organisations sont achevées; la marche en avant se dessine à la frontière du nord; toutes les positions sont prises; les ordres se succèdent avec une rapidité et une précision qui ne doivent laisser aucun doute sur l'ouverture imminente des hostilités. Si, à ce moment, l'Empereur s'était présenté en Belgique, il aurait, sans la moindre peine, bousculé les troupes d'occupation dont certains des chefs pensaient à évacuer les Pays-FJas, tandis que d'autres opinaient pour livrer bataille avec 3o.ooo Anglo-Belges, aux entours de Nivelles. 11 fût entré à Bruxelles, probablement sans coup férir, il eût contraint le roi de France, ses courtisans et les émigrés d'Alost à une fuite précipitée — qtii sait.'' il les eût peut-être

enlevés par une pointe hardie de cavaliers comme Ameil ou Marbot, dont la haine qu'ils éprouvaient contre les Bourbons doublait l'énergie.

Du jour au lendemain, le mouvement est arrêté; il n'est plus question d'entrer en campagne. Que s'est-il passé ? Ballouhey est arrivé le 28 ; en passant à Munich, il a vu le prince Eugène, et « ce que le prince Eugène faisait dire à l'Empereur l'intéressait au plus haut point... Il lui faisait dire que les forces alliées ne pouvaient entrer en France qu'en juillet. « Alors, lui dit l'Empereur avec un air de satisfaction, je me fous d'eux. Mon affaire sera faite avant ce temps. » Il en est si bien convaincu qu'il écrit à Murât : « La guerre n'aura lieu qu'en juillet, si elle a lieu. »

Ainsi laissera-t-il la concentration anglo-prussienne s'accomplir dans les anciens départements français où le peuple, tôt revenu de ses illusions, supporte mal la domination hollandaise. Ainsi laissera-t-il les renforts arriver à l'ennemi de tous les côtés et, combinant leurs mouvements avec les Anglais qui les arment et les soudoyent, les chefs vendéens ouvrir une plaie au cœur de la patrie.

Sans doute est-il à son inaction d'autres raisons déterminantes ; malgré les échecs continuels, qu'ont reçus ses tentatives de négociation, malgré l'espèce d'interdit que les alliés ont fulminé contre lui et contre son empire ; malgré le silence obstiné que garde, vis-à-vis de lui, celle en qui il avait cru trouver, en même temps qu'une compagne pour sa

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