JEROME. — L'ENTRÉE EN CAMPAGNE
C'est la commission aimable qu'il charge Catherine de lui transmettre ; directement, dans ses lettres, il lui fait meilleure mine. On dirait qu'il l'attend tout à l'heure aux batailles et aux grandes opérations de guerre; que, pour etïacer le ridicule de ses façons royales, il compte sur la subite révélation d'un g'énéral actif, vigoureux, infatigable, saisissant l'esprit du plan de campagne, exécutant sa partie avec intelligence, prévoyant tout, réparant tout, prenant le métier à cœur et sentant que sa couronne est au bout de son épée. Dès son arrivée à Posen, il le tient en haleine, ne lui ménage ni les avis ni les ordres; toutefois, dans les ordres, il laisse comme une part à la discrétion de Jérôme. Il s'exprime sous forme de conseil et de désir, comme si, par là, il voulait tâter son ardeur, savoir à quel point elle est franche, et jusqu'oii elle peut le porter. « Je désire, lui écrit-il, que vous fassiez telle, telle reconnaissance. » Jérôme ne reconnaît rien et il reste à Varsovie, donnant de là ses ordres sans s'inquiéter s'ils contredisent ou non ceux du major général.
Si agréablement qu'it soit à Varsovie, il estbien obligé à la fin d'en sortir. Le S juin, l'Empereur lui adresse ses instructions : Jérôme avec toute son armée s'avancera par Pultusk, Ostrolenka, Goniondz, sur Grodno ; Reynier, s'écartant seul un peu de cette direction, remontera le Bug pour donner la main aux Autrichiens. Si Jérôme apprend que Bagration remonte la rive droite du Niémen, de Grodno à Kowno, il le suivra sur la rive gauche et serrera contre le prince Eugène,