JEROME. — CONFLIT AVEC VANDAMME
leur communiquer la présente instruction, afin que chacun reste convaincu que telle est la volonté du roi et renonce dès lors aux prétentions qu'il aurait pu former à cet égard. » Cela, qui est signé : Par ordre du roi : Le secrélaire du Cabinet : Baron de Sorsum, implique des idées de prochain retour. En efTet, soit que Jérôme soit déjà dégoûté de cette guerre qui n'est pas même commencée, soit qu'il n'ait pas rencontré chez les Polonais l'enthousiasme qu'il attendait et que le royaume lui paraisse peu désirable, il annonce, aussi bien à Catherine qu'à Siméon, que « ni lui, ni l'Empereur n'y pense », et que la Westphalie rassurée peut compler sur lui.
x\vant môme la mise en marche, retardée par Jérôme du lo au 18, le conflit est ouvert avec Vandamme. Jérôme a donné le commandement général de l'artillerie de l'aile droite au général Allix, directeur de l'artillerie en Westphalie. Allix, forte tête, intelligence remarquable, mais déjà cerveau détraqué, se tient seul capable de conduire des grandes opérations, et, en même temps, descend dans tous les détails, dispose de tout ce qu'il trouve sous sa main et, sans s'inquiéter des ordres, des chefs, de la hiérarchie, dès qu'il trouve des Westphaliens, s'en empare et les commande ; « ce désordre compromet tout », écrit Vandamme, et, un autre jour: « Je prie Votre Majesté de défendre au général Allix, commandant l'artillerie, les ponts et le génie de l'aile droite, de disposer du commandement de mon artillerie. » Mais tout est bon qui vient d'Allix comme de Dupleix : Allix est en
faveur. On le verra bien le 29, à la prise de Grodno, où le roi compose la colonne d'attaque du 1" régiment d'infanterie polonaise, du l®' régiment de chasseurs polonais et du 12' lanciers polonais, tête de colonne du S*" corps : il en enlève le commandement à Poniatowski et aux généraux polonais et il le donne au général AUix !
C'est le 29, en dernière analyse, que l'Empereur s'attend que Jérôme sera entré à Grodno oîi ses ordres, en date du 21 et du 22, lui enjoignaient impérativement d'être le 25 ou le 26. De Grodno, « je désire, écrit il, que le roi se rende avec la plus grande activité à la suite de l'ennemi. Je fais marcher des divisions sur la tète du général Bagration qui, je suppose, aura pris la route de Minsk. » L'ennemi a bien évacué Grodno le 29, mais Jérôme n'y entre que le 30. Il s'empresse d'expédier à la reine une estafette pour lui annoncer sa glorieuse victoire et son prochain retour : « J'espère qu'avant peu nous serons réunis ; c'est le but de mon bonheur. » Puis il s'arrête six jours à Grodno.
Il y destitue Vandamme. Le 3 juillet, Yandamme lui a écrit : « Sire, les maux du S^ corps sont à leur comble et, si Votre Majesté ne daigne pas remédier à la situation affligeanteoii se trouvent tous les corps, je serai obligé de la prier de me permettre de céder à un autre le commandement dont l'Empereur m'a honoré. Il est impossible de supporter plus longtemps ce qui se passe autour de moi. L'ordre a disparu ; la violence règne partout au nom de Votre Majesté ;