‹ NapoléonChapitre 79 sur 132 · CL. HACHETTE · texte numérisé non relu

CL. HACHETTE

COMBAT DE H AN AU, 30 octobre 1813. — En débouchant sur le Main, l'armée française rencontra et culbuta l'armée austro-bavaroise de Wrède. (bibl. nai., estampes )

INFANTERIE POLONAISE, 1813. — L'armée nationale polonaise, organisée par Poniatowski et composée de 12 régiments d'infanterie et de 6 régiments de cavalerie, combattit dans l'armée de Napoléon de 1806 à 1815 ; elle fil partout admirablement son devoir, hth. de raffet. (bibl. nat., estampes.)

LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE

SA DISSOLUTION, v^ L'Empereur avait déjà envoyé dans les divisions militaires, en qualité de commissaires extraordinaires, des sénateurs et des conseillers d'Etat pour hâter les levées d'honmies et la réorganisation de l'armée. Il fut profondément courroucé en lisant la déclaration de Laîné ; son parti fut pris de dissoudre sur l'heure le Corps législatif. Il le dit le 30 décembre, en Conseil d'État ; « Le Corps législatif trahit ses devoirs; je remplis les miens. Je le dissous.... Tel est le décret que je rends; et, si l'on m'assurait qu'il doit, dans la journée, porter le peuple de Paris à venir en masse me massacrer ici aux Tuileries, je le rendrais encore, car tel est mon devoir.... Qu'on ne pense pas que je suis un Louis XVI. »

Le surlendemain, !«' janvier 1814, à la réception officielle des grands corps de l'État, la colère de Napoléon éclata dans cette apostrophe terrible :

a Que voulez- vous ? Vous emparer du pouvoir ? Mais qu'en feriez-vous ? Qui de vous pourrait l'exercer?... Et d'ailleurs, que faut-il à la France en ce moment ? Ce n'est pas une assemblée, ce ne sont pas des orateurs, c'est un général. Yen a-t-il parmi vous? Et puis, où est votre mandat ? La France me conuciît : vous connaît-elle 1 ... Le trône en lui-même n'est qu'un assemblage de quelques pièces de bois, recouvertes de velours. Le trône, c'est un homme, et cet homme, c'est moi, avec ma volonté, mon caractère, et ma renommée! C'est moi qui puis sauver la France, ce n'est pas vous.... Si vous aviez des plaintes à élever, il fallait attendre une autre occasion. L'explication aurait eu lieu entre nous ; car c'est en famille, ce n'est pas en public, qu'on lave son linge sale. Loin de là, vous avez voulu me jeter de la boue au visage. Je suis, sachez-le, un homme qu'on tue, mais qu'on n'outrage pas.... Retournez dans vos départements. Allez dire à la France que, quoi qu'on lui en dise, c'est à elle que l'on fait la guerre autant qu'à moi, et qu'il faut qu'elle défende non pas ma personne, mais son existence nationale. »

Ces observations de la commission du Corps législatif, si durement rejetées, ce fiu-ent toutes les velléités d'opposition à la veille de la crise terrible. Les Français de 1814 ne songèrent pas à reprocher à Napoléon son ambition gigantesque et jamais assouvie, qui venait d'attirer sur le sol de la patrie le fléau de l'invasion ; ils virent en lui le général qui pouvait une fois encore forcer la victoire. <t II ne s'agit plus de Bonaparte, disaient les paysans. Le sol est envahi. Allons nous battre ! »

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