‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 101 sur 221 · Nous n'avons pas celte lettre · texte numérisé non relu

Nous n'avons pas celte lettre

2. Cette Ode sur l'enlèvement du pape, 1809, est dans les Œuvres de Fontanes, t. I, p. 86. On y lit ce vers :

Il couronne lo front de l'ingrat qui l'opprime.

3. Artnand-Charles Margerie, né le 24 novembre 1790 a Melun {Moniteur du 18 août 1809).

214 ADMINISTHATION CENTRALE

tableaux, ces statues, el tous ces vains ornements? f)ac les Romains sont les tyrans des nations; oui, Marccllus, les tyrans, et ce litre ne serait point injuste... Ce ne sera plus la gloire, mais Tavarice, mais lambition qui paraîtront les conduire à la conquête du monde. Malheureux! elles les conduiront aussi à leur perte.... Rome aura entassé dans son sein les richesses de Syracuse : eh bien! quel fruit en retirera-t-elle? La paix et le bonheur? Non. la haine et le ressentiment des vaincus'. »

L'allusion, aussi évidente que hardie, fut-elle connue de Napoléon? Et, s'il la connut, se sentit-il impuissant à sévir? Ni le sujet ni le discours ne furent alors publiés. Le public ignora cet acte d'audace, qui, pour n'avoir pas été ébruité, n'en fut pas moins connu de plusieurs personnes à Paris et est uûe preuve de la liberté avec laquelle Fontanes et son entourage n'hésitaient pas à provoquer dans la jeunesse scolaire l'expression de sentiments hostiles à Napoléon.

En 1813. ce fut bien pis. Au moment où la fortune de Napoléon chancelait et où on pouvait prévoir le retour de Louis XVIll, le sujet de discours français au concours général fut : « Un député de l'Université à Charles VII entrant à Paris ». L'élève Forget-, du lycée Napoléon, qui obtint le prix, osa écrire : « Sire... daignez recevoir l'hommage de la fdle aînée des rois. Qu'il nous est doux de pouvoir contempler votre auguste personne et de vous dii-e : Voilà notre souverain! Hélas! Il n'y a ((u'un an. dans cette ville

1. Annales des concours généraux, I^aris;, 1825, iu-S, p. 410, Bibl. nat., 8° R. 270.

2. Louis Forget, né le o brumaire au III à Falaise {Moniteur du 18 août 1813).

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