Arch. uat., CC
•3. Les amis de X<ipoléoii attribuèreut plus tard à Foutones la rédaction naènie des considérants. On lit dans la Biographie nouvelle des contemporains par Arnault, Jay, Jouy et Norvins (1822), à l'article Fontanes : •< Le 17 mars 1821, une maladie violente a terminé sa vie, dont les dernières années ont été affligées par un malheur domestique, et peut-être aussi par le secret chagrin que devait exciter en lui la grande facilité avec laquelle il s'était détaché de l'auteur de sa fortune. Il est fâcheux pour le marquis de Fontanes que le décret par lequel le Sénat prononça la déchéance de l'empereur ait été rédigé par le comte de Fontanes, dont tous les discours contiennent l'éloge des faits
Lors de reiilrce de Louis XVIII à Paris, 3 mai 1814, Fontanes le complimenta, sans injures contre « l'usurpateur », mais en désavouant, d"un mot net et discret, les tendances morales de l'Université : « L'Université, Sire, dont l'existence nouvelle ne compte que cinq années, a vu i)lus d'un obstacle arrêter sa marche et contrarier le bien qu'elle eût voulu faire; mais elle peut se rendre ce témoignage qu'elle a du moins empêché quelque mal. Il est vrai que l'éducation qui forme les mœurs n'y est pas au même degré que l'instruction : ce n'est pas que l'Université n'ait fait de constants efforts pour les perfectionner ensemble : un succès aussi désirable était dans ses vœux plus que dans sa puissance. »
Le roi confirma provisoirement Fontanes dans ses fonctions de grand-maître.
Le 30 juin 1814, il envoya aux recteurs une circulaire, où il y a une intéressante allusion à ce qu'il avait fait pour la religion sous l'Empire : «. L'enseignement, disait-il, qui développe les facultés de l'esprit, serait plus funeste qu'utile, si l'éducation, en même temps, ne perfectionnait les sentiments et les mœurs. Il n'est qu'un moyen sûr de les régler : c'est de les mettre sous l'empire de la religion. Je vous ai souvent recommandé cet objet important, et vous avez fait tout ce que permettaient les circonstances. Il est des époques où les meilleurs motifs peuvent être suspects : un ne peut
qui, dnns cette pièce, sont imputés à crime a. un homme qui n'était plus justifié par la victoire. » Ce n'est pas Fontanes qui fut rapporteur, c'est Lambrechts. et Lambrechts ne le fut pas seulement dans la première séance du 2 avril, mais aussi dans la seconde séance du même jour. C'est lui qui lut et fit adopter le projet revu par la Commission spéciale. Fontanes contribua donc à corriger ce projet : il n'eu fut pas le principal rédacteur.
FONTANKS GRAND-MAITUE. SA DEMI-TRAHISON 219
faire alors tout le bien qu"on désire qu'avec une i)rudente réserve, /aujourd'hui, rien ne s'oppose à l'exercice public de vos devoirs : le trône de saint Louis est relevé : sa religion doit régner plus que jamais dans toutes les écoles de la France. » Il invitait les recteurs et les professeurs à pratitiuer ostensiblement : « Les exemples sont encore plus puissants que les leçons : je compte sur le vôtre, monsieur le recteur, car je connais vos sentiments. Recommandez aux professeurs la même exactitude, si toutefois une pareille recommandation leur était nécessaire : il ne suffit pas que la religion soit une partie de l'enseignement : elle doit être l'àme de toute l'éducation '. »
Fontanes garda ses fonctions jusqu'au 17 février 1815, jour où elles furent supprimées. 11 fut fait pair de France et marquis. Il eut l'art d'être absent de Paris pendant les Cent Jours, bien qu'il eût pris la précaution de lâcher, à la première nouvelle du débarquement de Napoléon, un mot qui eût pu le réconcilier avec son ancien maître, si la victoire lui était revenue. « Un jour qu'on racontait devant lui comment, après le débarquement de Cannes, le proscrit de l'île d'Elbe traversait en triomphe les provinces mêmes où sa tête était mise à prix, comme quelqu'un s'écriait : « C'est ti
I « affreux! » « Et ce qu'il y a de pire, ajouta Fontanes, •
' « c'est superbe I - »
Après la seconde Restauration, attaqué par les ultras, il fut défendu dans une brochure apologétique : Aux détractearsde l'Université, dont il est plus que probable qu'il fut l'inspirateur \ On l'y glorifiait, en ces termes,