‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 129 sur 221 · I. LNSEIGNEMKM" l'KI.MAIHE t:T LES EVEQL'ES · texte numérisé non relu

I. LNSEIGNEMKM" l'KI.MAIHE t:T LES EVEQL'ES

Fontaiios écrivil aux évoques : « Les maîlres d'école, soit des villes, soit de campagnes, doivent avoir, aux yeux de tout homme éclairé, une importance qu'ils ne '-onpçonnent pas eux-mêmes. Destinés à répandre les inemiers principes de la religion et les éléments des lonnaissances humaines, ils exercent une influence inévitable sur les mœurs de la classe laborieuse et indigente... Je n'ignore pas quelles passions ou quelle indifFérence ont présidé, la plupart du temps, au choix des maîtres d'école. Je sais qu'il en est parmi eux qu'une ignorance grossière devrait éloigner de l'enseignement, ou que des habitudes vicieuses rendent indignes de cette i:)rot"ession... C'est vous, monseigneur, qui êtes juge naturel de tout ce qui doit inspirer l'estime et la confiance; c'est de vous que j'attends les renseignements qui doivent fixer mon opinion. J'ose donc vous prier d'inviter MM. les curés de votre diocèse à vous envoyer des notes détaillées sur les maîtres d'école de leurs paroisses. Lorsque ces notes seront réunies, vous voudrez bien me les adresser avec vos propres observations. D'après ces indications, je confirmerai l'instituteur qui aura mérité votre suffrage, et il recevra le diplôme qui doit l'autoriser à continuer ses fonctions. Celui qui ne m'offrira pas les mêmes sûretés ne recevra point de diplôme, et j'aurai soin de le remplacer aussitôt par l'homme que vous aurez jugé le plus capable 1. » Le grand-maître écrivit aussi aux préfets : « C'est aux évéques qu'est principalement

de Portails et les ■< oI)!^CI■vations •> de Cambacérès aux Arcli. iial., AF IV, 104.D.

1. Ambroisc Rendu, par Eugène Rendu, p. 41. Nous n'avons pas la date de cette circulaire, mais elle est sûrement de l'année 1808 ; car plusieurs des réponses sont de cette année-là.

confiée la surveillance des mœurs et le maintien des idées religieuses, source de toute morale. Le souverain a reconnu le principe, lorsqu'il a voulu que toutes les écoles de l'Université prissent pour base de leur enseili'nement la religion catholique. S'il en doit être ainsi dans toutes les écoles, que sera-ce de celles qui sont destinées au peuple? Les évêques et les curés en sont. par cela même, des surveillants naturels ^ »

Je crois qu'il était difficile à Fontanes d'abdiquer tlavantage, entre les mains des évêques, son droit de diplômer, d'autoriser les instituteurs.

Nous n'avons que quelques réponses des évêques.

Ainsi, dans le diocèse de Tournay, M. Moreau, instituteur à Ath, « est assez instruit pour former ses élèves dans les parties ci-devant désignées (grammaire, histoire, calcul), mais la morale et la science du salut ne tiennent que le dernier rang i>.

Diocèse de Cambrai, note sur M. Damianus. instituteur primaire à Dunkerque : « On ignore ses talents; la voix publique lui en donne. Admis par le jury. N'en seigne point le catéchisme, laisse ce soin aux parents, à cause de la différence des opinions, se comportant d'ailleurs assez bien, mais plutôt en citoyen qu'en chrétien, assistant tout au plus à la messe les dimanches et fêtes, ne remplissant point les autres devoirs de la religion, mais plutôt pas respect humain ou insouciance que par iiTéligion. » M. Verhille, à Dunkerque aussi : « Qualités morales et religieuses. Talents suffisants. 11 est clerc de la paroisse. ■>

Diocèse d'Agen, note sur Ambroise Laroche, au Port- Saintc-Maric : » Prêtre marié. Talents médiocres. 11 va

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