CHAPITRE II
I. Changement de régime : la loi du 11 floréal an X. — II. L'enseignement primaire. Les Frères des écoles chrétiennes. Les écoles primaires à Paris. — III. L'enseignement secondaire : les écoles secondaires communales et privées. — IV. L'enseignement secondaire : les lycées; organisation générale. — V. Les lycées : inspection générale, première formation, budget.
— VI. Les lycées : discipline. — Vil. Les lycées : enseignement.
— VIII. Les lycées de Bordeaux et de Lyon. — IX. L'enseignement supérieur de l'État. — X. L'Institut. — XL L'enseignement supérieur privé. — XU. Budget général.
C'est seulement quand ses succès militaires et diplomatiques l'eurent rendu tout puissant que Napoléon Bonaparte entreprit de réformer l'instruction publique.
On put croire d'abord qu'il maintiendrait, en son esprit et en ses parties essentielles, l'œuvre scolaire de la Révolution, surtout quand on lut dans le Moniteur un i)rojet de loi présenté au Conseil d'État (18 brumaire an IX) par le ministre de l'Intérieur Chaptal >, dont toutes les dispositions n'étaient pas réaction-
1. On en trouvera un exemplaire imprimé au.x Arch. nat., ADvui, 23.
naii'cs, et qui même, en quelques parties, était plus démocratique que la loi du 3 brumaire an IV. Ainsi ce projet établissait la gratuité de l'enseignement primaire et de renseignement secondaire. Il y aurait 23 000 écoles primaires, appelées municipales, et les instituteurs jouiraient, en outre du logement, d'un traitement fixe de 400 à 1 000 francs. Les écoles centrales recevaient le nom décotes communales; la culture latine y était fortifiée, mais elles gardaient un caractère vraiment scientifique et moderne. Le nombre des écoles spéciales était accru. Le total des dépenses pour l'instruction publique, qui était, nous Lavons vu, d'environ 5 millions, s'élevait, dans ce projet, à 9 572 600 francs.
Peu satisfait, le premier Consul demanda à Fourcroy un autre projet, qui, appelé Bases, fut distribué au Conseil d'État le 19 messidor an IX, et, douze fois remanié en douze rédactions imprimées, fut enfin adopté le 24 ventôse an X, et devait devenir la loi du 11 floréal an X K « Le premier Consul, dit Rœdercç, qui voyait dans l'établissement de l'instruction publique une source de pouvoir, prenait part avec beaucoup de suite à toutes les délibérations, et leur donna plusieurs fois une nouvelle direction '•'. » Selon Thibaudeau, Bonaparte fit plusieurs fois l'éloge des congrégations enseignantes : <( Si elles n'obéissaient pas, ditil, à un chef étranger, on [ne pourrait rien faire de mieux que de leur rendre l'instruction i)ublique ^ ».
1. Rœdercr, Notice de ma vie pour mes enfants, seconde partie, (écrite en 1824), dans ses Œuvres, t. III, p. 398. Bibl. nat., Inv. Z 1850, gr. in-8. Réserve.