‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 191 sur 221 · Voir plus haul, p · texte numérisé non relu

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privée au trésor de l'Université. Pour ce qui est de l'enseignement, le monopole ne fut d"abord qu'une surveillance plus réglée, par l'introduction de toutes les écoles privées dans le cadre de l'Université.

Fortifiées plutôt par le prestige de l'Université, garanties contre l'arbitraire du gouvernement par ce mot même d'Université inscrit sur leurs portes, et surtout par la bienveillance de Fontanes, les maisons d'enseignement privé firent aux lycées de l'État et aux collèges communaux une concurrence au moins aussi efficace que sous le régime de la loi du 11 lloréal an X.

C'est pour déjouer cette concurrence que Napoléon voulut faire du monopole une réalité par le décret du 15 novembre 1811, qui avait pour but de vider les écoles privées au profit des lycées et des collèges.

Mais, à partir de 1812, l'empereur, éloigné de la France, luttant contre l'Europe, puis vaincu, ne put pas surveiller l'application du décret du 15 novembre 1811. Fontanes l'appliqua mollement, ou plutôt se fit le complice de l'enseignement privé, qui n'avait perdu qu'une partie de son effectif scolaire quand survint la chute de l'empire.

Le monopole n'exista donc jamais, en ce sens que jamais l'Université ne fut seule à donner l'enseignement, comme c'avait été annoncé. Historiquement, ce mot de monopole ne signifie pas autre chose qu'une surveillance rigoureuse 'de l'enseignement privé et aussi qu'une fiscalité, qui fut vite odieuse.

Enfin cette étude sur l'histoire d'une institution napoléonienne me semble apporter à ce qu'on appelle la « psychologie » de Napoléon une contribution plus sûre et plus utile que tant d'anecdotes, plus ou moins

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suspectes, tirées de sa vie privée. Lui si autoritaire, si clairvoyant, devant qui on croit que tout le monde tremblait, on Vy voit joué et à demi trahi par Fontanes, nullement dupe, mais ne se décidant ni à renvoyer Fontanes ni même à se passer de sa conversation, croyant toujours reconquérir ce cœur de courtisan par le prestige de son génie, et, en somme, lui pardonnant tout. Cet homme aux colères terribles, aux fantaisies tyranniques, n'était donc despote que par moments, et il ninspirait pas à ceux qui le connaissaient bien, et qui savaient le manier, tant de terreur qu'on la dit, puisque Fontanes se permettait tout ce quil s'est permis, et plus peut-être que n'eût supporté un prince débonnaire, un Louis XVIII ou un Louis-Philippe.

Si le despotisme de Napoléon fut funeste à la France, fit avorter à demi la Révolution française, on voit, par l'exemple de l'Université impériale, qu'en réalité l'empereur ne fut pas le maître absolu, tout-puissant, obéi au doigt et à l'œil, qu'une légende nous a montré. Plus obéi, certes, que ne l'avait été, je ne dis pas Louis XVI, mais même le Comité de salut public, il dut cependant laisser faire, laisser passer bien des choses qu'aujourd'hui, dans notre État non monarchique, le pouvoir central ne tolérerait pas.

Cette Université impériale, qui devait être son grand instrument de règne, non seulement ne servit pas ses desseins, mais les contraria, et contribua, par ses chefs, à sa chute finale. Quant au monopole, lorsque Napoléon voulut vraiment l'établir, presque personne n'obéit à ses ordres.

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