Gazette de France du 6 messidor an XI
2. Elie Sorin, Histoire du lycée d'Angers, Anger*, 1873, ia-12- Bibl. nat., Inv. R. 51 557.
8 6 HKc.iME ni; LA LOI DE klomp:al an X
1 aiicirii bàlimciil ilo l'école centrale, et confia CCS cours à six prolesseurs de cette école. En floréal an XII, les inspecteurs généraux Despaulx ctDomairon, envoyés à Nantes, y préparèrent lorganisation du lycée; la municipalité vota des fonds nécessaires pour l'aménagement des bâtiments. Tout semblait prêt, l'ouverture était annoncée le l'"'" brumaire an XIII. Mais l'empereur ne prit pas alors le décret nécessaire : il ne le prit que le 16 novembre 1807, pour nommer aux loO places de boursiers et aux places des fonctionnaires ou professeurs. L'ouverture n"eut lieu que le l'"'' mai 1808. On voit que, pendant cinq ans, renseignement secondaire avait été comme abandonné par le gouvernement dans la ville de Nantes*.
Un arrêté du 5 brumaire an XI régla le costume du personnel des lycées (et aussi du Prytanée). Les trois membres du Conseil d'administration porteraient « habit français complet noir, manteau noir jeté en arrière, avec collet et bordure de soie verte, cravate pendante en batiste blanche, chapeau français ». Le proviseur aurait de plus une broderie noire au collet et à la bordure de son manteau. Les professeurs porteraient le même habit, sans broderie. Les maîtres d'études seraient « vêtus en noir ». Luniforme des élèves serait « composé dun habit vert et culotte bleue, collet et parement bleu céleste, chapeau rond jusqu'à quatorze ans, chapeau français après cet âge, boutons jaunes en entier de métal », portant le nom du lycée.
lh\ arrêté du même jour divisa les lycées en trois ordres : 1'^ ceux où la pension est de 800 francs; 2'^ ceux
l. Tout cela d'après M. de Caumont, dans le Livre d'Or da Centenaire da lycée de Nantes, p. 17.
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où elle est de 700; 3° ceux où elle est de 600, et fixa le Iraitement daprès Tordre auquel appartenait le lycée, comme il suit : proviseui's ; 4 000, 3 500 et 3 000 francs; censeurs : 2 500, 2 000 et 1500; procureurs-gérants (économes) : 2000, 1 600 et 1 400 ; professeurs de 1'"'= classe :
2 000, 1 800, 1 500 ; professeur de 2« classe : 1 800, 1 500 et 1 200; professeurs de 3'' classe : 1 500, 1 200 et 1000; maîtres d'études : 1 000, 800 et 700 ; maîtres d'exercices : 800, 600 et 500. Les lycées de Paris formèrent une classe à part (arrêté du 15 brumaire an XII), où le prix de la pension fui fixé à 900 francs, plus 100 francs pour frais divers, et où le traitement du personnel fut élevé en proportion (proviseur : 5 000; professeurs de i"^^ classe
3 000, etc.). Les professeurs avaient en outre un éventuel, formé par une retenue du dixième de la pension des élèves payants et des deux tiers de la rétribution fournie par les externes. Au début, et pendant longtemps, cet éventuel fut peu de chose. En somme, la situation matérielle des professeurs de lycée fut supérieure à celle qu'avaient en dernier lieu les professeurs des écoles centrales, dont les traitements avaient été abaissés, sous le Consulat, de 3 000 francs et 2 000 à 2 500 et 1 500.
La loi avait dit que le nombre des professeurs serait de huit au moins, et Fourcroy avait promis qu'au besoin, et selon les localités, on augmenterait ce nombre, ainsi que celui des objets d'enseignement. Le décret impérial du 3 floréal an XIII changea cet article de la loi, en édictant qu'il ne serait pourvu aux places de censeur, de procureur ou de professeur, qui viendraient à vaquer, qu'autant qu'il serait jugé nécessaire, et qu'il ne serait nommé, à la première organisation de chaque lycée, que six professeurs.
« savoir : 4 tant de belles-lettres que de latin, et 2 de mathématiques ».
Napoléon, qui ne s'intéressait à l'instruction publique que comme à une « source de pouvoir ' », aurait voulu que les lycées ne lui coûtassent presque rien. Or Ms lycées, où les élèves payants n'affluèrent pas 2, et où il y avait beaucoup de boursiers, se trouvèrent assez vite en déficit. Le Conseil d'État et le ministre de Flntérieur proposèi^ent, en pluviôse an XIII, délever le prix de la pension : Tempereur s'y refusa. Il ordonna de diminuer le nombre des professeurs et des administrateurs ^ Puis, le 10 germinal an XIII, il dicta cette note : » Il y a déjà dans les lycées plus de 3 000 élèves nationaux. Il est convenable de classer ceux qui sont proposés dans le travail en suspens de manière que les uns payent une demi-pension et que les autres soient assujettis à payer une somme de 150 francs. On conservera cependant des places gratuites pour ceux de ces élèves pris par encouragement dans les écoles secondaires, et pour ceux dont les parents seraient absolument hors d'état de payer une somme quelconque '►. » C'est ainsi qu'illégalement Napoléon altéra et restreignit cette belle et grandiose institution des élèves nationaux, que l'esprit même de la Révolution avait inspirée aux auteurs de la loi du 11 floréal an X.
Cette altération de la loi fut le i)rincipal objet du décret du 3 floréal an XIII, qui, en même temps qu'il
i. Selon le mot de Rœderer. Voir plus haut, p. 48.
2. ■' Dans plusieurs lycées (jue l'Empereur a visités, il a remarqué que les élèves n'étaient pas assez nombreux. » (Note dictée par Napoléon, 27 pluviôse an Xlll. Correspondance, t. X, p. 144 à 148.)