Correspondance, t. X, p
LES LYCEES : BUDGET 89
réduisait le nombre des professeurs, ordonna qu'il y eût, dans chaque lycée, 150 élèves entretenus par le gouvernement, non pas tous à bourse entière, comme le voulait la loi, mais 20 seulement, 50 à trois quarts de bourse et 80 à demi-bourse '.
D'après le rapport de Fourcroy, annexé à la situation de l'empire de 1806, il y avait, cette année-là, 3 923 boursiers (à pension entière ou partielle), qui se décomposaient ainsi : fils de militaires, 1378; fils de juges, 361 ; fils d'administrateurs. 1301 ; élèves nommés, selon l'article 34 de la loi du 11 floréal an X, « d'après un examen et un concours )>, 884, seulement, au lieu de 4 000, comme le portait cet article. Si bien que presque toutes ces bourses, contrairement à la loi, étaient données selon la fantaisie du gouvernement, ou plutôt, à en croire les malveillants, selon la fantaisie d'un chef de bureau ^.
Quelle somme l'État dépcnsa-t-il pour les lycées, avant l'établissement de l'Université impériale?
Sauf que les bâtiments des lycées étaient entretenus aux frais des villes où ils étaient établis (article 40 de la loi), toutes les autres dépenses étaient à la charge de l'État.
D'après le rapport de Fourcroy du 27 février 1806 ^, il y avait 9 lycées en l'an XI, qui coûtèrent cette annéelà 417 821 francs; 16 lycées en l'an Xll, qui coûtèrent 1253 420 francs; 29 lycées en l'an XIII qui coûtèrent 2 921249 francs.
1. Ce mot de bourse, qui rappelait l'andeQ régime, n'était pas employé dans le décret, et nous ne l'employons que pour plus de brièveté et de clarté.
2. C'est ce que dit Fabry, Le Génie de la Révolution considéré dans Véducalion, t. 111, p. 102. Bibl. nal., Inv. H. 35 639, in-8.