‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 6 sur 221 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

I. La Convention nationale et la loi du 3 brumaire an IV. — II. Application de celte loi sous le Consulat : l'enseignement primaire. — III. Les Ecoles centrales. — IV. L'enseignement supérieur. — V. Administration centrale et budget de l'instruction publique.

On sait qu'après beaucoup de tâtonnements et d'oscillations, la Convention nationale avait abouti à la loi du 3 brumaire an IV, qui fut la charte scolaire de la France, d'abord sous le Directoire, puis pendant les deux premières années du Consulat, cest-à-dire jusqu'à la loi du H floréal an X (l*^'" mai 1802).

Cette loi du 3 brumaire était inspirée par des principes inscrits dans la Constitution de l'an 111.

S'il était dit dans cette Constitution (art, 298) : « Il

y a pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences », cet Institut n'était point chargé de surveiller et de diriger les divers établissements d'instruction publique comme en eût été chargée cette « Société nationale des sciences et des arts » dont Condorcet avait proposé, en 1792, la création. La Convention, à la fin de sa carrière, était si hostile à l'idée d'établir un corps universitaire qu'elle avait mis dans la Constitution (art. 299) : « Les divers établissements d'instruction publique n'ont entre eux aucun rapport de subordination ni de correspondance administrative ». Le seul lien qui devait unir les diverses écoles, c'était leur subordination au ministre de l'Intérieur. Cependant, pour mettre un peu d'unité dans cette diversité, François (de Neufchâteau), ministre de l'Intérieur, créa, en vendémiaire an VII, un » Conseil d'instruction publique », formé de dix membres de l'Institut, et chargé de rechercher les c moyens de perfectionner l'éducation républicaine '■ ». Il s'occupa surtout de rédiger

1. Nous n'avons pas le toxle de cet arrêté, mais ce résumé en l'orme de note publiée dans le Moniteur du 16 vendémiaire an Vil :

« Le ministre de l'hitérieur vient d'établir près de lui un Conseil d'instruction publique, chargé d'examiner les livres élémentaires imprimés ou manuscrits, les cahiers, les vues des professeurs, et sans cesse occupé des moyens de perfectionner 1 éducation républicaine.

« Les membres qui composent ce Conseil sont :

« Pour la langue et le goût, les citoyens Palissol ol Domergue ;

" Pour les sciences idéologiques, morales et politiques, les citoyens Daunou, Garai, Jacquemont et Lebreton;

« Pour les sciences physiques et niathémali(|ues, les citnycns Lagrauge et Darcet, tous membres de l'Institut national. •

Voir aussi les circulaires de François (de Neufcliàteau) aux

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