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FIN DU DIRECTOIRE

la salle : « Au nom du général Bonaparte, dit Leclerc, le Corps législatif est dissous, que les bons citoyens se retirent; grenadiers; en avant! » Toute résistance est impossible. « Bientôt, comme le dit un

Fig. 88. — Le clix-liuit brumaire (0 nov. 1799). Peint par Boacliot. Musée de Versailles.

des plus modestes acteurs de ce drame, le fusilier Jean Roch Coignet, nous voyons de gros messieurs qui passent par les croisées; des manteaux, de beaux bonnets et des plumes tombent par terre; les grenadiers arrachent les galons de ces beaux manteaux. » Il était cinq heures et demie du soir.

Pendant que ces événements se passaient à Saint-Cloud, les rapports de Fouché montraient Paris tranquille, plutôt favorable; il n'avait pas eu à exécuter la menace qu'il avait faite , sans que Bonaparte l'en priât, àe jeter à la rivière le premier qui bougerait.

Mais les députés expulsés pouvaient encore aller se réunir à Paris, et il était difficile de calculer l'effet que produirait un nouveau Serment du jeu de Paume : il fallait se hâter. Le Conseil des Anciens était resté en séance, on parvint à réunir une trentaine de députés des Cinq-Cents, sous la présidence de Lucien. Ce simulacre de Corps législatif décréta, le 10 novembre, à 10 heures du soir : 1° la suppression du Directoire, 2" l'expulsion de soixante membres du Corps législatif, 3° la création d'un gouvernement provisoire, composé de trois consuls : Bonaparte, Sieyès, Roger-Ducos, 4° l'ajournement du corps législatif au 17 ventôse, c'est-à-dire à trois mois, 5° la création par chaque Conseil de deux commissions temporaires, chacune de vingtcinq membres , chargés de reviser la constitution et de faire avec les Conseils les lois et décrets nécessaires à la République, G" la déclaration que Bonaparte, les généraux et les troupes avaient bien mérité de la patrie.

Ainsi prit fin la constitution de l'an III, déjà bien atteinte lorsqu'on lui porta le dernier coup. Cette constitution, violée par le Directoire lui-même au 18 fructidor contre la majorité modérée des Conseils, au 22 prairial par le Directoire, encore contre cette majorité devenue jacobine, l'avait été de nouveau au 30 prairial par les Conseils réunis contre le Directoire. De toutes les combinaisons possibles de coups d'Etat, il n'en restait plus qu'une à réaHser : la violation de la constitution, à la fois contre les Conseils et contre le Directoire, par une force extérieure : c'est ce qu'avait fait le 18 brumaire.

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