PLAN DE NAPOLEON
Napoléon était d'attirer la gauche ennemie fort loin du centre et de l'écraser en forçant du même coup les troupes qui couronnaient le plateau de Pratzen à l'abandonner. Tout arriva comme il l'avait décidé. La bataille ressembla à une parade où il aurait commandé les
Fig. 157. — Bivouac de Vannée fnuiv
décembre 1806).
Feint par Bâcler Dalbe.
deux armées. La veille, il avait adressé à ses soldats une proclamation où il n'hésitait pas à leur exposer le plan de la bataille, tant ce plan était simple et tant il était sûr de la fidélité de tous :
« Soldats,
« L'armée russe se présente devant vous pour venger l'armée autrichienne d'UIm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrunn et que depuis vous avez constamment poursuivis jusqu'ici.
« Les positions que nous occupons sont formidables, et pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.
« Soldats, je dirigerai moi-même vos bataillons. Je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis. Mais si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre Empereur s'exposer aux premiers coups, car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée surtout où il s'agit de l'honneur de l'infanterie française qui importe tant à l'honneur de toute la nation.
Fig. 158. — Napoléon donnaut ses ordres avant la bataille d'Austerlitz. Tableau de Carie Vernet.
« Que sous prétexte d'emmener les blessés on ne dégarnisse pas les rangs et que chacun soit bien pénétré de cette pensée qu'il faut vaincre ces stipendiés de l'Angleterre qui sont animés d'une si grande haine contre notre nation.
« Cette victoire finira la campagne, et nous pourrons reprendre nos quartiers d'hiver, où nous serons joints par les nouvelles armées qui se forment en France, et alors la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi. »
Le soir du 1" décembre, Napoléon voulut parcourir le front de son armée et se rendre compte de l'état moral dans lequel elle se trouvait : « Il sortit de sa tente, monta à cheval pour visiter les avantpostes avec son escorte. C'était la brune et les grenadiers achevai portaient quatre torches allumées. Cela donna le signal d'un spectacle charmant : tous les soldats de la garde prirent des poignées de