MARCHE DES FRANÇAIS
arrivaient les Français. Nos troupes occupaient, en face, la rive droite. Elles étaient arrivées à Géra le 12 octobre, assez à temps pour voir les Prussiens de Holienlohe battre en retraite. L'Empereur crut avoir devant lui toute l'armée prussienne. Il envoya rapidement Davout avec les trois divisions Friant, Gudin et Morand sur Naumbourg, pour leur barrer le chemin, s'ils persistaient à descendre la Saale, ou fondre sur
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Fig. 172.
Carte générale des affaires d'iéna et d'Auexstaedt.
eux par derrière, s'ils s'arrêtaient pour livrer bataille. Pour lui, il se disposa à les attaquer dans la forte position qu'ils occupaient près d'iéna.
a L'armée traversa la ville d'iéna sans la voir, raconte le capitaine Coignet. Pas une seule lumière ne nous éclairait. Silence absolu. Arrivés contre la ville, au pied d'une montagne rapide comme le toit d'une maison, il fallait grimper et nous mettre en bataille de suite sur le plateau. Il fallait faire le plus grand silence, l'ennemi était près de nous... Notre artillerie arrivait au pied de cette terrible montagne, et, ne pou-
vant pas la franchir, il fallait élargir le chemin et couper les roches. » L'Empereur luimême, une torche à la main, comme un simple soldat, éclairait les troupes du génie qu'il faisait travailler. Il ne quitta que lorsque le chemin fut terminé et que la première pièce de canon eut passé devant lui attelée de douze chevaux, sans parler ni faire le moindre bruit. »
Flg. 173. — Napoléon & léna (14 octobre 1806). Peint par Horace Vernet. Musée de Versailles.
A l'approche des premiers régiments français, Holienlohe évacua le plateau qui domine la Saaie et se disposa à filer sur Freybo urg le long de cette rivière, afin de rejoindre Brunswick. Mais Napoléon rangea promptement son armée en bataille, confia la gauche à Augereau, le centre à Lannes, qui avait occupé le plateau d'Iéna avec la garde, et la droite au maréchal Ney. Au bout de quelques heures de combat, l'armée prussienne, moins nombreuse d'ailleurs que l'armée française, était en déroute. L'arrivée de l'aile droite sur le champ de bataille
AUERSTAED.