ABENSBERG
en Bohême et jeter des détachements en Saxe ; 75.000, conduits par l'archiduc en personne, envahiraient la Bavière par Scharding et Landau (sur l'Isar), et 50.000, avec Hiller, marcheraient sur Braunau et Landshut. L'archiduc avait désigné Ratisbonne comme point de ralliement à ces trois corps. Dès le 16 avril, les Autrichiens avaient franchi
Fig. 24X1. — Napoléon horangae les troap«B bavaroises et wortembergeoises à Abensberg (30 avril 1809).
Peint par Bebret.
rinn à Passau, l'Isar à Landshut. Ils continuèrent à marcher sur Ratisbonne, où était arrivé Davout, tandis que Berthier laissait les corps français dispersés en Bavière, Vandamme à Donauwerth, Masséna à Augsbourg, Lefebvre sur l'Abens. Isolé , dans Ratisbonne , du reste de l'armée, Davout allait être pris entre Bellegarde, qui arrivait par Cham et Pilsen, et l'archiduc Charles. Les trois colonnes autrichiennes allaient se réunir, et alors il semblait que rien ne pourrait les arrêter jusqu'au Rhin. Ratisbonne était déjà attaquée du côté du nord par Bellegarde, lorsque Napoléon arriva au camp de Berthier.
Descendu de voiture, son premier mot fut, en entrant dans son cabinet et en jetant précipitamment les yeux sur la carte que lui tendait Monthyon : Où est l'ennemi ? La réponse fut : L'archiduc a passé l'Inn, l'Isar, puis il a tourné à droite et il est en pleine marche sur Ratisbonne. A ces mots, on voit Napoléon se grandir et l'éclair jaillir de ses yeux. Etendant son bras du côté de Ratisbonne, il s'écrie : Que dites-vous ? Non, cela est impossible. Alors , sur une nouvelle affirmation : « Je les tiens donc, s'écrie-t-il encore avec une joie qu'indiquaient son geste, l'éclat de sa voix et de son regard : c'est une armée perdue. Dans un mois, nous serons à Vienne. » Il avait en effet reconnu aussitôt le seul vice du plan de campagne de l'archiduc, qui s'était écarté de son aile gauche vers Landshut et qui n'était pas encore rejoint par sa droite, dont le séparait le Danube. Toutefois, il n'était pas sage de s'obstiner à défendre Ratisbonne, place ouverte de toutes parts, en risquant de se laisser forcer par l'armée de l'archiduc et de Bellegarde.
Aussitôt Napoléon prescrit à Davout de quitter la ville et de marcher sur Neustadt, parallèlement au Danube. Davout avait prévenu les ordres de l'Empereur : il avait évacué Ratisbonne en n'y laissant qu'un régiment et était déjà en marche vers le défilé d'Abach. Il était temps : l'avant-garde d'Hiller s'était avancée jusqu'à Than ou Tengen. Davout la culbute (19 avril), et opère à Abensberg sa jonction avec Napoléon. Sur les ordres de l'Empereur, Masséna s'était porté d'Augsbourg sur Pfaffenhofen.
Napoléon avait donc concentré en trois jours 120.000 hommes dans l'intervalle qui existait entre Hiller et l'archiduc. Davout restera à Thann pour contenir l'archiduc ; Masséna* passant l'Isar, débouchera sur la rive droite et débordera Hiller, pendant que Napoléon l'attaquera de front.
Napoléon se met à la tête des troupes allemandes, sans avoir même une escorte française, excite leur enthousiasme par une proclamation, où il les appelle à défendre une fois de plus la liberté de l'Allemagne contre son implacable ennemie, la maison d'Autriche. Hiller, accablé dans une série de combats qu'on appelle bataille d' Abensberg, se replie sur Landshut, après avoir perdu 7.000 hommes. Mais Masséna accourt par la rive droite de l'Isar ; pour ne pas être coupé, Hiller nous abandonne encore les prisonniers, ainsi qu'un équipage de pont avec lequel les Autrichiens espéraient passer le Rhin, et s'enfuit sur rinn (21 avril). Napoléon charge le maréchal Bessières de le pour-
ECKMDHL.