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LES FRANÇAIS A VIENNE. — ITALIE. — TYROL. ~ HŒFER

derrière lui. Napoléon arriva sans obstacle à Vienne. La ville était disposée à se défendre, mais, étant mal fortifiée, elle capitula au bout de quelques heures de bombardement (13 mai).

C'est ainsi qu'en moins d'un mois l'Empereur avait battu et chassé devant lui jusqu'à Vienne plus de 150.000 hommes. Les débris des armées successivement rompues par ses victoires l'attendaient au nord du Danube. Il n'était pas facile d'aller les y chercher; car, avertis par ce qui s'était passé en 1805, les Autrichiens s'étaient hâtés de faire sauter les ponts de Vienne.

Tandis que Napoléon cherchait un point favorable pour franchir le Danube au-dessus ou au-dessous de Vienne , il put donner plus d'attention à ce qui se passait sur les autres théâtres de la guerre.

Il attendait surtout avec impatience des nouvelles d'Italie.

L'archiduc Jean avait forcé le prince Eugène à abandonner la Vénétie et l'avait battu sur la Livenza, à Sacile. Le général Macdonald, jusque-là écarté, malgré ses talents, des commandements supérieurs, à cause sans doute de ses sentiments républicains (il gardait toujours le costume des généraux de la Révolution), fut chargé par Napoléon de diriger cette campagne d'Italie si compromise. Sur ses conseils, le prince Eugène continua de battre en retraite, mais en bon ordre, vers l'Adige. Cette retraite était d'autant plus nécessaire qu'il pouvait être pris entre l'archiduc et l'insurrection des Tyroliens

Fig. 209. — Comte Molitor. Peint par H. Vemet.

victorieux, prêts à descendre sur Mantoue par la vallée de l'Adige.

A l'appel de Huber, et surtout d'Andréas Hœfer, aubergiste de Passeyer, qui, quoique père de sept enfants , n'avait pas hésité à se mettre à la tête du mouvement, les paysans s'étaient soulevés. Secondés par des troupes régulières de Chasteller et de Jellachicb, ils avaient chassé les Français et les Bavarois. Une division de 3.000 hommes avait été réduite à capituler : le général Baraguey-d'Hilliers, campé près de Eivoli, avait dû se replier sur Vérone. Après Eckmiihl, il avait fallu envoyer dans le Tyrol le maréchal Lefebvre, qui sembla d'abord apaiser l'insurrection; mais cette tranquillité ne devait pas durer plus de quinze jours.

L'archiduc Ferdinand luttait, en Galicie, contre nos auxiliaires, les Russes de Galitzin et les Polonais de Poniatowski. Ce fut une comédie : à Oulanowka, il y eut deux Russes tués et un blessé. Le major autrichien, l'ayant appris, envoya des excuses au général russe : il croyait attaquer des Polonais. En revanche, les Russes faillirent plus d'une fois en venir aux mains avec les Polonais qui combattaient à leurs côtés.

Cependant Napoléon avait mis en réquisition les bateaux de la Bavière, les avait fait charger de provisions et diriger sur Vienne, puis il en avait renvoyé une grande partie avec des malades et des blessés. Les autres devaient servir à construire un pont sur le Danube. Napoléon avait choisi son point de passage au-dessous de Vienne, à un endroit où le fleuve est divisé par l'île de Lobau en deux bras, celui de gauche, large de soixante toises, celui de droite de cent quarante.

Lobau avait au moins une lieue de long et une lieue et demie de large : il n'était donc pas impossible d'y faire camper 150.000 hommes. Six jours après l'entrée des Français à Vienne, toutes les mesures étaient prises, et l'armée se mit à occuper l'île de Lobau, le 19 mai. Environ 25.000 hommes franchirent même le petit bras sous la protection des batteries et s'avancèrent jusqu'aux villages d'Essling et d'Aspern. Malheureusement , l'armée ne put passer tout entière, car, dans la nuit du 19 au 20 mai, le grand pont se rompit à la suite d'une crue subite du Danube. Les riverains en avaient profité pour abandonner au courant des poutres, des troncs d'arbres et jusqu'aux moulins flottants des environs de Vienne. En même temps, l'archiduc Charles, averti du passage des Français, pa-

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