‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 269 sur 389 · INVENTEURS^ — LEBON. — DALLERY. — ÉRARD. — CHAPPE · texte numérisé non relu

INVENTEURS^ — LEBON. — DALLERY. — ÉRARD. — CHAPPE

La découverte du protoxyde d'azote et de ses propriétés anesthésiques par Humphry Davy (1) allait donner à la chirurgie les moyens de réaliser de nouveaux progrès.

Inventions. — Applications des SCIENCES AUX ARTS. — Dans cette trop rapide revue du mouvement scientifique de la France, réduit cependant à une quinzaine d'années, nous avons dû laisser de côté bien des noms qui auraient joué un rôle important dans une période moins heureuse. Mais il nousresteà rappeler des inventions et des perfectionnements industriels dont nous profitons encore.

Le Français Lebox était mort assassiné (1800), trop tôt pour avoir le temps de perfectionner et de faire adopter en France son invention de l'éclairage au gaz (2). Mais déjà, en 1798, Murdoch éclairait au gaz l'usine de James Watt. C'est de l'étranger que l'éclairage au gaz devait nous revenir.

Il en fut de même des bateaux à vapeur, dont deux Français, Papin puis Joufiroy, avaient d'abord eu l'idée, et pour lesquels Fulton avait fait en France ses premières expériences. L'année même où Fulton expérimentait (9 août 1803) son bateau à aubes, devant l'Académie des sciences, un Français degénie, Charles DALLERY,mort dans la misère et l'oubli en 1835, prenait un brevet pour un Mobile perfectionné appliqué aux voies de imnsport par terre et par mer. Ce moteur est l'hélice. Dans son mémoire il proposait l'emploi de l'hélice immergée comme moyen de propulsion et de direction des bateaux à vapeur. Il proposait aussi l'emploi d'une hélice pour activer le tirage des cheminées, l'emploi des chaudières à bouilleui's tubulaires verticaux communi-

(1) C'est le 11 avril 1799 que Humphry Davy constata l'action particulière de ce gaz sur la sensibilité. Il publia l'année même les résultats de ses expériences, sous le titre Recherches chimiques sur l'oxyde iiitrcux et les effets de sa respiratimi.

(î) L'ancien mode d'éclairage & l'huile reçut alors de grands perfectionnements de Caucel.

Fig. 2û9. — L'Histoire et la Poésie.

Peint par F. Gérard. Musée du Louvre.

quant avec le réservoir de vapeur, et celui des mâts rentrants. Dallery s'était d'abord occupé de la construction d'instruments de musique et avait travaillé dans la maison de Sébastien Erard.

Sébastien Érakd fit de la fabrication des pianos récemment inventés, et que nous devions faire venir jusque-là d'Allemagne et d'Angleterre, une branche importante du commerce français. Les perfectionnements qu'il y apporta firent définitivement abandonner le clavecin. Sébastien Érard inventa aussi l'orgue expressif. Vers la fin de l'Empire, Ignace Pleyel était venu s'établir à Paris, et joignait à son commerce de musique une fabrique de pianos. La France avait ainsi les plus célèbres facteui-s de l'Europe.

Il en était de même pour la fabrication des instruments de précision et des appareils scientifiques : il suffit de citer Eochon, Lenoir, Vincent et Auguste Chevalier et surtout Bréguet. Bréguet apporta, entre autres inventions, les perfectionnements les plus ingénieux aux télégraphes de Claude Chappe. Il voulut revendiquer l'invention même, et Claude Chappe fut si affecté de se voir contester sa découverte, qu'il se donna la mort en 1805. Bréguet est resté le nom le plus célèbre de l'horlogerie française ; et cependant l'horlogerie était portée alors à sa perfection par les Bertoud et les Lepaute. Pour la fabrication usuelle des montres, l'usine de Beaucour, fondée en 1780, par Frédéric Japy, simple ouvrier, fils d'un maréchal de village, avait déjà pris avant sa mort une telle importance et continuait à prendre, sous la direction de son fils Frédéric-Guillaume (depuis 1806), de tels développements que l'on pouvait prévoir que la France ne tarderait pas à l'emporter, pour l'importance de la fabrication comme pour la perfection des produits, sur la Suisse elle-même. Peu de noms méritent plus de reconnaissance de la part de l'industrie française, surtout si l'on songe que depuis plus de cent ans la famille Japy a continué ses traditions d'activité et de philanthropie.

Mais s'il fallait assigner des rangs au milieu de tous les ingénieurs mécaniciens français de cette date, la première place devrait appartenir à Conté (1755-1805), dont le public ne connaît guère le nom que par ses crayons Conté, mais dont Monge, un bon juge, disait : « Il a toutes les sciences dans la tête et tous les arts dans la main. » Chargé de diriger la publication du grand ouvrage de l'Expédition cV Egypte, il inventa une machine à graver, qui simplifiait d'une manière considérable l'exécution des fonds de ciels et des masses des monuments et rendit ainsi plus facile l'œuvre qu'avait entreprise l'imprimerie des Didot.

L'imprimerie des Didot était déjà une des premières imprimeries privées de l'Europe à la fin du dix-huitième siècle. Elle n'avait alors pour rivale que l'imprimerie de BODONI, à Parme (1740-1813) (1). Pendant la période impénale elle n'en eut plus. Les Didot étaient à la fois fabricants de papier, imprimeui-s et éditeurs. A la fin du dix-huitième siècle, le chef de la maison était François- Ambroise (1730-1804). Son frère, Pierre- Ambroise Didot, avait fondé, à Essonne, une papeterie où l'un de ses fils, Didot de Saint-Léger, inventait la fabrication mécanique du papier sans fin. Tandis

(1) Parme fut, de 1803 à 1814, le chef-lieu d'uQ département français.

N'AFOUtoN I".

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