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CHAPTA.L. — SUCRE DE BETTERAVE : B. DELESSERT

Chaptal (1756-1831) était né chimiste; il fonda des manufactures de produits chimiques; en 1793, il dirigeait la fabrique de poudre de guerre de Grenelle. Sous le Consulat, en 1800, il fut ministre pendant trois ans, qu'il passa à organiser les prospérités de l'intérieur. En 1805 il fut nommé sénateur. Ce n'est pas le lieu de parler ici de tous les services qu'il rendit à la France. Mais nous rappellerons que ses heureuses applications de la science à l'industrie et à l'agriculture amenèrent de grands progrès, et là comme ailleurs il montra sa prodigieuse activité, sa justesse d'esprit et son amour du bien public.

Il continua l'œuvre de Daubenton , mort peu de temps après son entrée au Sénat, 31 décembre 1799 ; il acheva dénaturaliser chez nous les troupeaux espagnols et d'améliorer la laine

française par les mérinos (1) ; il établit des machines pour le filage et le tissage de la laine; il donna des procédés ingénieux pour la fabrication des vins. Son Art de faire les vins (1801 et 1819), son Traité théorique et pratique sur la culture de la vigne (1801 et 1811), ont fait une révolution dans l'œnologie. Son Traité de chimie appliquée

Fig. 298. — L'Augleterre. — Le Présent.

(1) Il fut aidé dans cette œuvre par le comte Charles de La.steyeie, dont le nom ee trouve mêlé à la plupart des améliorations industrielles ou charitables de cette période.

aux arts, a été traduit dans toutes les langues. Ses œuvres, sans parler de ses nombreux opuscules insérés dans les Mémoires de l'Institut, les Annales de chimie, le Nouveau Dictionnaire d'agriculture, forment 17 volumes. Chaptal restaura la belle fabrique des Gobelins, tombée en décadence pendant la Révolution.

Le blocus continental donna une grande extension à l'invention du chimiste prussien Margraff, qui, vers 1747, avait fait des expériences pour l'extraction du sucre de la betterave ; un autre chimiste prussien, Achard, donna dès 1787 un grand essor à cette industrie; il établit en Silésie, dès le commencement du dix-neuvième siècle, une fabrique qui, en 1811, fournissait 300 livres de sucre par jour. L'introduction en France de cette fabrication^ qui est aujourd'hui une de nos plus importantes industries nationales, est due à Benjamin Delessert et à Crespel-Delisle. Après bien des efforts, le premier, à Passy en 1810 et 1811, le second, à Lille en 1812, parvinrent à réaliser en grand la fabrication du sucre indigène. La culture de la betterave se développa en France en même temps que la nouvelle industrie.

La fabrication des étoffes devait aussi trouver un grand stimulant dans le blocus. Ternaux (1765-1833) développa et perfectionna le tissage des laines et la fabrication des draps; il créa vingt-deux établissements industriels.

Dès 1801 il avait replacé au premier rang les manufactures de drap de Sedan, de Reims et de Verviers, alors ville française. Quelques années après, dans un voyage que Xapoléon avait fait dans les villes de l'Ouest et du Xord, surpris de rencontrer partout des fabriques fondées par Ternaux, il s'était écrié : « Mais, Monsieur Ternaux, je vous trouve donc partout avec vos travaux !» Il le nomma chevalier de la Légion d'honneur. Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, ces merveilles de l'art ^industriel indien étaient à peine connues et en tous cas fort peu appréciées en France. « Les femmes de nos ambassadeurs et de nos consuls d'Orient, qui en recevaient en présent, ne les considéraient que comme des objets de pure curiosité. Mais l'expédition d'Egypte mit les châles de l'Inde à la mode. Ternaux chercha alors à réaliser en France un produit si recherché. Il a attaché surtout son nom à la création d'une industrie nouvelle en Europe, la fabrication des cachemires. Il ne put parvenir à ce résultat qu'après de longues recherches sur l'origine inconnue de la matière filamenteuse employée pour fabriquer ces précieux tissus. Les tentatives de Ternaux dans ce genre de travail furent si heureuses qu'il surpassa les fabriques de l'Inde, soit pour

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