‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 318 sur 389 · L'ALLEMAGNE EN 1813. — LA NATION. — GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

L'ALLEMAGNE EN 1813. — LA NATION. — GOUVERNEMENTS

toute la nation; les gouvernements ne firent que le suivre; c'est aux humbles, que doit revenir le principal honneur de la grande entreprise.

"ïaque irrégulier portant des dépêclies. D'après Carie Vemet.

« Réjouissez-vous et dansez, maître Beblow, et vous aussi, cultivateur Kranse, dit Freytag dans un de ses romans nationaux, car c'est vous et cent mille de vos semblables qui avez battu l'ennemi et qui avez relevé la patrie de son abaissement. C'est vous, petites gens, c'est dans les étroites maisons des petites villes et dans les chaumières des villages où vous avez vécu , que s'est surtout trouvé tout ce qu'il y a eu de sain et de grand. » Les souverains ne pouvaient pas tarder plus longtemps à s'associer à un mouvement qui était d'accord avec leur patriotisme et leurs intérêts, mais qu'ils n'avaient osé espérer ni si prompt ni si général. Ils étaient ce-

NAPOLIÏOS I".

pendant moins confiants que leurs peuples, car ils étaient mieux placés pour juger des difficultés de la situation.

Le roi Frédéric-Guillaume avait même désavoué publiquement le général York deWartenburg. Mais, en même temps, il envoyait Kneesebeck, déguisé en marchand, auprès d'Alexandre. Bientôt, par l'entremise de Stein, il signait avec lui le traité de Kalisch (28 février 1813}. La Prusse et la Russie contractaient une alliance offensive et défensive avec l'engagement de ne pas faire de traité séparé. Déjà Bulow, envoyé à la place du général York , avait été encore plus funeste que lui à notre cause, car il traita aussitôt avec Wittgenstein et lui livra le passage de l'Oder. Alors, découvert au nord, comme il venait de l'être au Sud par l'annistice signé entre les Russes et le prince de Schwartzenberg (9 janvier 1813), le prince Eugène dut se retirer derrière l'Elbe , le 9 mars. Le 17, Wittgenstein entrait à Berlin, et.

le 19 Frédéric-Guillaume jetait le masque en adressant à son peuple et à son armée une proclamation dans laquelle les idées d'émancipation répandues parla Révolution française et que les princes avaient si longtemps combattues, étaient adoptées par un roi pour en faire une arme contre nous. (( Allemands, disait de son côté le général Wittgenstein, nous vous ouvrons les rangs prussiens; vous y trouverez le fils du laboureur à côté du fils du prince. Toute distinction est effacée par ces grandes idées, le roi, la liberté, l'honneur et la patrie. » Enfin, ce jour-là même, Alexandre et Frédéric-Guillaume signaient la convention de Breslau, par laquelle ils appelaient les peuples de l'Allemagne à concourir à son aff'ranchissement, et déclaraient que les princes qui n'auraient pas dans un certain délai adhéré à la coalition seraient privés de leurs Etats après la victoire. La Confédération du Rhin était abolie; un

Fig. 315. — Le feld-maréchal Cliarles prince de Schwartzenberg, duc de Eruman.

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