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NAPOLEON A ERFURT. — MORT DE BESSIERES

lement avec l'ardeur qu'on pouvait eu attendre, mais encore avec la solidité des vieux soldats. Malheureusement leur force trompait leur courage, ils succombaient aux fatigues et aux privations, ils tombaient épuisés et mourants sur les routes. Nos premiers succès furent même à regretter, car ce sont eux qui, en donnant trop de confiance à Napoléon, contribuèrent à lui faire repousser les conditions modérées que lui firent d'abord les alliés.

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Fig. 317. — îje prince £ugène sauve le colouel Klûki, D'apr&s ie tableau de Heideck, à Munich.

Le prince Eugène avait réussi plusieurs semaines à défendre contre l'armée russe et prussienne la ligne de l'Elbe. Mais la ville de Hambourg s'étant mise en insurrection à l'approche de la division russe de Walmoden, et les Prussiens s'étant d'autre part emparés de Dresde (mars 1813), il craignit d'être tourné et se replia- sur la Saale.

L'Empereur, qui avait quitté Paris le 5 avril, après avoir confié la régence à Marie-Louise, arriva à Erfurt le 2G. Il se dirigea avec 110.000 hommes sur Leipzig, après en avoir donné 30.000 à Davout pour reprendre Hambourg. Cependant l'armée alliée, commandée par Wittgenstein, marchait de Dresde sur Erfurt, afin d'^- surprendre

l'avant-garde française, d'empêcher Napoléon de rejoindre le prince Eugène et de tourner celui-ci. Ney, qui s'avançait en tête, fut bien étonné de rencontrer à Weissenfels l'ennemi, que l'on croyait encore sur l'Elbe. Après un violent combat, dans lequel les jeunes recrues montrèrent autant de solidité que de courage, Ney chassa l'avantgarde russe de Weissenfels.

« Nos conscrits, voyant l'ennemi pour la première fois, mais conduits par des officiers qui avaient passé leur vie en sa présence et par un maréchal dont l'attitude seule aurait suffi pour les rassurer, s'avançaient avec le frémissement d'un jeune et bouillant courage. Ils avaient à franchir une ondulation de terrain assez marquée et apercevaient au delà de nombreux escadrons appuyés par de l'infanterie légère et de l'artillerie attelée. Ils reçurent les premiers boulets sans s'étonner. Des tirailleurs choisis traversèrent ce teiTain ondulé, et forcèrent les tirailleurs ennemis à reculer. On les suivit, on descendit dans l'enfoncement du sol, on remonta sur le côté opposé puis on déboucha en plusieurs carrés dans la plaine et on fit sur l'ennemi un feu très vif d'artillerie. Après quelques volées de canon la division de cavalerie Landskoy s'avança au galop sur nos carrés. C'était le moment critique. Le vieux et intrépide Souham, l'héroïque Ney, les généraux de brigade, se placèrent chacun dans un carré pour soutenir leur infanterie, qui n'était pas habituée à ce spectacle. Au signal donné, un feu de mousqueterie exécuté à propos accueillit la cavalerie ennemie et l'ai-réta court. Nos jeunes soldats, étonnés que ce fût si peu, attendirent un nouvel assaut, le reçurent mieux encore, et jonchèrent la terre des cavaliers de Landskoy. Puis Ney, rompant les carrés et les formant en colonnes, poussa l'ennemi devant lui. Il félicita ses braves conscrits, qui remplirent l'air des cris mille fois répétés de « Vive l'Empereur I ». A partir de ce moment, on pouvait tout espérer d'eux. Ils entrèrent à la suite des Eusses dans Weissenfels, les en expulsèrent, et à la chute du jour furent maîtres de ce point décisif. Ney, qui depuis sa jeunesse n'avait jamais combattu avec des soldats si novices, se hâta d'écrire à Napoléon pour lui exprimer sa joie et sa confiance : « Ces enfants, lui écrivit-il, sont des héros; je ferai avec eux tout ce que vous « voudrez. » (Thiers.)

Le lendemain, 1" mai, Ney enlevait, près de Lutzen, le défilé de Rippach, où le maréchal Bessières fut tué. « Son commandement de la cavalerie de la garde l'exposait rarement, et depuis sa campagne en Espagne, il faisait surtout la guerre en curieux. Au premier coup de canon, il accourut, et le second l'emporta! » (Ségur.) Napoléon voulait tourner la droite de l'armée ennemie par Leipzig, mais Bliicher et Wittgenstein voulaient également tourner la droite française. L'armée alliée tombe à Lutzen sur le maréchal Ney, resté dans cette 'position pour

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