‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 36 sur 389 · S IL · texte numérisé non relu

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L'année française s'avança par trois chemins. Mais les Autrichiens, qui avaient d'ailleurs l'avantage de la position, combattirent avec un courage qui faillit leur assurer la victoire. Le combat fut vif, surtout à l'aile droite, au pont d'Arcole. Augereau est repoussé une première fois : il saisit un drapeau et dirige lui-même l'attaque, mais tous les généraux qui l'ont suivi, Verdier, Bon, Verne, Lannes, ce dernier à peine remis d'une blessure , sont atteints par le feu de l'ennemi. La colonne recule, Augereau lui-même est entraîné. Ce fut Belliard qui, retournant seul sur l'ennemi, lui enleva le drapeau français demeuré planté sur la chaussée.

A la nouvelle de ce second échec d' Augereau, Bonaparte accourt au galop ; il met pied à terre, saisit à son tour un drapeau : ^( N'êtes-vous donc plus, dit-il, les vainqueurs de Lodi? » Lannes, déjà deux fois blessé, se relève et l'accompagne avec deux aides de camp du général en chef, Muiron et Marmont ; le premier, jeune officier de la plus grande espérance, est tué en couvrant Bonaparte de son corps. Le général Vignolle est blessé. La colonne, écrasée par l'artillerie qui la prend en flanc, se débande et est poursuivie l'épée dans les reins, au milieu du plus grand désordre. Bonaparte est précipité dans le marais qui borde la chaussée. Déjà les Autrichiens l'ont dépassé d'une quarantaine de pas, lorsque Belliard l'aperçoit et appelle au secours : Marmont, Louis Bonaparte et d'autres officiers accourent et le sauvent.

Le combat continue le jour suivant sans résultat décisif. Ce n'est que le troisième jour que le village d'Arcole est enfin enlevé. Le général Robert avait été tué; les Autrichiens allaient nous enlever le pont de Ronco sur l'Adige, et Masséna, qui agissait au nord vers Porcil, était menacé d'avoir sa ligne de retraite coupée. Mais Bonaparte embusque la 32° demi-brigade ventre à terre derrière les saules ; elle laisse passer les Autrichiens à la suite des troupes qu'ils poursuivent, se relève alors, les surprend, et tue ou prend 3.000 hommes.

L'ennemi recule à son tour; il se concentre au delà des marais, dans la plaine que domine le Caldiero. Sa gauche est appuyée à un marais qu'il croit inabordable. Il est impossible, en effet, qu'une at-

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