‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 360 sur 389 · L'ACTE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

L'ACTE ADDITIONNEL

qui étaient eux-mêmes nommés par les assemblées de canton dont faisaient partie tous les citoyens français. La commune devait avoir 23 représentants spéciaux nommés d'après un mode particulier. Ces Chambres devaient voter tous les ans le budget. Les délibérations étaient publiques et les ministres, qui pouvaient être, mais n'étaient pas obligatoirement pris dans les Chambres, étaient responsables. Napoléon avait cédé à l'opinion de Benjamin Constant, qui voulait qu'il y eût des pairs héréditaires. Mais il avait, malgré ses efforts, maintenu la peine de la confiscation pour les complots contre l'État.

Fig. 357. — Journée du Champ de Mal D'après une gravure au burin anonyme. (Coll. Hennin.)

L'Acte additionnel, c'était la charte modifiée dans un sens démocratique, avec un suffrage vraiment national, et l'on a pu dire qu'aucune constitution qu'ait eue la France ne contenait une plus grande somme de liberté. M"'' de Staël le jugeait ainsi et Sismondi c-crivit en sa faveur des articles à la suite desquels Napoléon le fit venir et eut avec lai un entretien remarquable, oîi il disait qu'il ne manquait aux Français que l'esprit politique pour en faire une nation incomparable. Tout semble indiquer que Napoléon était parfaitement sincère en donnant à la France une constitution libérale. Il avait dit plus d'une fois que c'était là qu'on devait arrivera près lui. Or son retour était comme un nouveau règne. On a dit que Napoléon victorieux n'aurait pas supporté les restrictions que l'Acte additionnel mettait à son pouvoir. M. E. Pelletan, lui-même, n'est pas de cet avis : il a dit que la défaite de Waterloo avait été un grand malheur même pour la liberté politique en France. Malheureusement, suivant l'expreasion de Thiers, « la France ne croyait pas plus Napoléon quand il parlait de liberté, que l'Europe quand il parlait de paix ». Le plébiscite auquel la nouvelle cons-

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titution fut soumise et qui eut lieu avec une liberté complète, proclamé le 20 a\Til, signala un très grand nombre d'abstentions (1.300.000 oui, 4.206 non). De même, pour les élections de la Chambre qui eurent lieu au mois de mai, il n'yeut que dLx-sept départements où le chiffre des votants dépassât la moitié des inscriptions ; dans la Gironde et dans les Bouches-du-E,hône, les votants furent de quinze à vingt en tout.

Tout cela avait retardé la cérémonie projetée du Champ de Mai. Elle n'eut lieu que le !"■ juin, au Champ-de-Mars, devant l'École militaire. Trente mille gardes nationaux, une partie de l'armée de Paris, des députations de tous les régiments et les électeurs des

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