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LES QUATRE-BRAS. — LIGNY

à l'un comme à l'autre. Cependant le but principal, la séparation des Anglais et des Prussiens, n'en était pas moins atteint.

Le soir du 16 juin Bluclier, battit en retraite avec une perte de 18.000 hommes; tout meurtri d'une chute de cheval et foulé aux pieds par nos cavaliers, il n'en menait pas moins ses soldats à Wavres, à quatre lieues des Anglais. Wellington, en effet, renonçant à la position des Quatre-Bras, s'était établi à Mont-Saint- Jean , à l'em-

Fig. 3C-J. — iteiniite «lu bataillou siicrù à Waterloo, la juin 1815. D'aprùs uue litliographîe de Kaffet.

branchement des deux chemins de Bruxelles à Nivelles et de Bruxelles à Namur et aux Quatre-Bras, couvrant ainsi le village de Waterloo, où il porta son quartier général, et la forêt de Soignes. Il rallia tous ses corps et occupa des positions bien choisies, au point de vue de la défense contre l'ennemi. C'était, comme à Talavera, comme à Fuentès de Onoro, comme aux Arapiles, un plateau protégé par un ravin ou une rampe. Mais, faute capitale ici, en cas de défaite, il n'avait pas de retraite assurée ; derrière l'armée anglaise il n'y avait qu'un défilé. Par le fait, Wellington dut en partie son succès au choix défectueux de son champ de bataille qui, rendant toute retraite

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sinon impossible, du moins désastreuse, le décida à tenir jusqu'à la dernière extrémité. Il avait d'ailleurs admirablement utilisé le terrain.

Napoléon s'arrêta toute la matinée du 17 juin, pour bien juger la situation; il chargea Grouchy, récemment nommé maréchal, de contenir les Prussiens de Blucher, tandis que lui-même, se joignant aux troupes de Ney et de d'Erlon, marcherait sur les Anglais. Il arriva, le soir du 17, en face de Wellington; le temps était épouvantable, la pluie et l'orage n'avaient pas cessé un instant. Napoléon campa sur un plateau d'une certaine étendue, dont le centre était le village de Planchenoit, à droite de la chaussée de Bruxelles à Namur.

Le lendemain matin, 18 juin, on put voir les Anglais rangés sur le plateau ; leur centre était la Haie-Sainte ; à droite, ils tenaient en plaine le château d'Hougoumont ; à gauche, Smo/çhén, Papelotte, Ohain, dans la direction de Wavres, par où pouvait venir Blucher. Les forces des deux armées étaient sensiblement égales : l'Empereur avait 72.000 hommes, Wellington 70.000. Le sort du monde allait se jouer ce jour-là.

Comme à Ligny, la bataille fut engagée tard : il fallait laisserau sol, détrempé par la pluie, le temps de se raffermir pour permettre à l'artillerie de manœuvrer.

« L'Empereur, avec sou coup d'œil habituel, avait immédiatement reconnu le point faible de la position anglaise : le flanc gauche. Son plan fut en conséquence une fausse attaque sur Hougoumont, pour attirer de ce côté l'attention de l'ennemi, tandis qu'il jetterait la masse de ses forces sur l'aile gauche anglaise, la refoulerait sur Mont- Saint- Jean et chercherait à saisir la route de Bruxelles, seule ligne de retraite de l'ennemi. D'ailleurs le corps du maréchal Grouchy, détaché à la poursuite des Prussiens, avait l'ordre de rejoindre immédiatement et de prolonger l'aile droite de l'armée. » (Dubail.)

A onze heures, Napoléon, qui venait de passer sur le front des troupes au milieu des acclamations, fait attaquer le château d'Hougoumont. Mais ses intentions sont mal comprises. Au lieu d'une simple dé-

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