‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 377 sur 389 · PERSÉCUTIONS. — L'AMIRAL COCKBURX. - HUDSON LOWE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTIONS. — L'AMIRAL COCKBURX. - HUDSON LOWE

et que ses besoins particuliers étaient si modestes qu'il irait demander la soupe au camp de Deadwood, persuadé que ces braves gens ne la refuseraient pas au plus vieux soldat d'Europe, mais qu'il avait avec lui des compagnons, et que, pour subvenir à leurs besoins, il ferait fondre î\ James-Town les belles et précieuses pièces d'argenterie de son service de table ». Le gouverneur prit sur lui, disait-il, d'arrêter les économies, et le chiffre des dépenses resta fixé à 12.000 livres.

Toutes ces vexations n'avaient qu'un but : rendre impossible tout projet d'évasion ; mais pourquoi en ajouter d'inutiles? pourquoi, par exemple, priver Napoléon de son titre d'empereur? L'amiral Cockburn, si rude qu'il fût, avait su toutefois rendre tolérables ces excessives rigueurs ; mais l'attitude d'Hudson Lowe, qui le remplaça à Sainte-Hélène, devint provoquante. Le soir même de son arrivée, il faisait prévenir à Longwood qu'il se présenterait le lendemain pour voir le général Bonaparte, et cela, sans demander autrement audience. Le lendemain, l'Empereur refusa de se laisser voir et fixa la réception au jour suivant. L'animosité éclatait dès le premier moment. A la fin de l'année, la guerre était déclarée : le gouverneur faisait enlever le comte de Las Cases et son fils, dont la présence était agréable et nécessaire à l'Empereur dans ses travaux; il exigeait aussi une diminution de personnel; le médecin anglais O'Meara, qui s'était attaché à l'Empereur depuis la traversée du Bellérophon , iut expulsé de l'île.

Le ]7 juin 1817, on vit débarquer h Sainte-Hélène trois personnages décorés du nom pompeux de commissaires de la Sainte-Alliance,

Fig. 384. — Le tombeau de Sainte-Hélène; la silhouette de Kapoléon entre les saules. Tabatière historique M. Maze.

venant s'assurer que l'Angleterre gardait bien son prisonnier. On espéra un moment que les instructions d'une politique moins implacable mettraient fin au cruel formalisme de Hudson Lowe ; il n'en était rien. Les commissaires montrèrent de telles prétentions que Napoléon refusa de reconnaître leur titre et de les recevoir.

Il est certain que des projets d'évasion s'étaient souvent présentés à Napoléon : on en trouve des mentions nombreuses dans les récits

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