‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 57 sur 389 · FÊTE DU 2 NIVOSE AN VI · texte numérisé non relu

FÊTE DU 2 NIVOSE AN VI

binisme dramatique et parlait des dix-huit siècles de préjugés que la Révolution avait dû vaincre ; mais il eut soin de ne la louer que dans son principe et d'exprimer le désir de meilleures lois organiques. D'autre part, Talleyrand, chargé de célébrer les mérites du général, eut soin , par une ironie malicieuse où il cherchait surtout une satisfaction personnelle, de proclamer sa modestie dans la gloire, de vanter son goût pour les rêveries d'Ossian, pour les sciences abstraites, d'insister sur la peine qu'on aurait à l'arracher à ses études désintéressées et à sa retraite studieuse, si la patrie avait encore besoin de lui! Mais, malgré ces arrière-pensées de quelques hommes, l'enthousiasme était le sentiment qui dominait et qui finit par saisir les directeurs eux-mêmes.

En effet, à partir de cette cérémonie officielle, Bonaparte sembla justifier les appréciations de Talleyrand et rechercher la tranquillité et le repos. L'Institut le nomma dans la section de mécanique (25 décembre), et le général lui écrivit une lettre dans laquelle il oppose, comhne l'a fait plus d'une fois Frédéric II, les conquêtes pacifiques de l'intelhgence à celles de la guerre, toujours si chèrement achetées.

« Le général Bonajmrte au Président de tliistitut national.

oc Paria, 6 nlvôae an VI (-26 décembre 1797).

« Le suffrage des hommes distingués qui composent l'Institut m'honore. Je sens bien qu'avant d'être leur égal je serai longtemps leur écolier. S'il était une manière plus expressive de leur faire connaître l'estime que j'ai pour eux, je m'en servirais.

« Les vraies conquêtes, les seules qui ne donnent aucun regret, sont celles que l'on fait sur l'ignorance. L'occupation la plus honorable comme la plus utile pour les nations, c'est de contribuer à l'extension des idées humaines. La vraie puissance de la République française doit consister désormais à ne pas permettre qu'il existe une seule idée nouvelle qui ne lui appartienne.

« BOXAPAKTE. B

Il vint plus d'une fois aux séances (1), et l'on remarqua beaucoup

(1) Voy. les Mélangée littéraires de Biot.

HAPOLkoX I". 19

que ce fut non en qualité de général, mais comme simple membre de l'Institut et mêlé à la députation envoyée par la section des sciences, qu'il parut à la fête commémorative qu'on célébrait encore pour l'anniversaire de l'exécution du tyran (21 janvier). La vie simple et retirée qu'il menait alors contribuait à entretenir sa popularité. Mais il ne fallait pas que cette retraite durât trop longtemps, il ne fallait pas se laisser oublier; c'est alors qu'il songea à réaliser les projets sur l'Orient qui s'étaient déjà présentés à lui pendant la campagne d'Italie.

La France rappelle Bonaparte d'Egypte. D'après Appiani.

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