‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 107 sur 134 · A M. LEBRUN · texte numérisé non relu

A M. LEBRUN

Caiii|i Hi- Boulogne, 25 tliprmidor an XIII (1 1 août 1803).

« Mon cousin, j'ai vu avec peine votre arrêté qui défend la levée des matelots à Gènes...

« Je crains bien que vous ne vous soyez conduit dans voire administration sur un point si important, par la crainte de mécontenter les Génois ; n'en craignez rien. Bon gré mal gré, il faut qu'ils aillent sur mes vaisseaux. Vous êtes mal instruit et c'est me supposer bien ignorant de la situation du peuple de Gênes que de croire qu'il ne me sera bon à rien. Avec de la faiblesse on ne gouverne point les peuples et on attire sur eux des malheurs.

« Avez-vous espéré gouverner des peuples sans les mécontenter d'abord ? Que feriez-vous donc en France si vous étiez chargé de faire marcher la conscription du Calvados, des Deux-Sèvres, ou de tel autre départe-

' Ancien consul, gouverneur de l'État de Gènes dont Napoléon vc^ liait de s'emparer.

HH NAPOLÉON l" l'EINT l'AU LUI-MÊME.

menl? Vous savez bien qu'en fait de gouvernement, justice veut dire force comme vertu. Quant à ceux qui disent que cela mécontenterait les Génois et les pousserait à se mal conduire, ce n'est pas à moi que ce langage s'adresse; je sais ce qu'ils pensent et ce qu'ils valent. Serais-je déjà assez décrépit pour qu'on pût me faire peur du peuple de Gênes? La seule réponse à cette dépêche c'est des matelots et des matelots.

Tomu \I, page 71.

On voit d'après celte lettre, que déjà en 1805 la conscription faisait bien des mécontents et qu'il n'était pas facile de la faire marcher. Voici une autre lettre qui le prouve encore mieux.

AU GENERAL LACUEE

Sainl-LlonA, tH vciidiMiiiiiur iiii .Mit (:*0 octobre 1801).

« M. Lacuée, président delà section de la guerre de mon conseil d'État, je vous envoyé un rapport extrêmement curieux du ministre de la guerre sur l'état du la levée de la conscription . Je désire que vous n\i Cassiez part des réilexions que la lecture et l'exame

des tableaux qui y sont joints vous suggéreront. Nous ne pouvons nous dissimuler que les règlements actuels de la conscription sont loin de remplir notre but. Sur quatre-vingt-deux mille conscrits, il n'en est arrivé que soixante-quatre mille sur lesquels il faut compter plus de (piatorzc mille désertés...

« NaIH)I.ÉO]S. »

Toiue X, page td.

Cette dilficulté de faire marcher la conscription augmentait avec la guerre.

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