‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 115 sur 134 · Tome XII, page · texte numérisé non relu

Tome XII, page

AU GÉNÉRAL JUNOT

CO«IU>DiVr KILITAIRS DE L'ÉTAT DE PARME ET I>B PLAISANCE

Paris, 7 février 1806.

« Monsieur le général Junot..., a Le rapport du major du 42* est d'un iiomme qui ne connaît pas les Italiens, qui sont faux. Séditieux sous un gouvernement fuible, ils ne redoutent et ne respectent qu'un gouvernement fort et vigoureux. Mon intention est que le village qui s'est insurgé pour se rendre à Bobhio soit brûlé, que le prêtre qui est entre les mains de l'évéque à Plaisance soit fusillé et que trois Ml quatre cents des coupables soient envoyés aux jalères... Ne parlez qu'à moi des abus de l'administration. Tous les abus, les excès de tyrannie même de mes agents, seraient-ils aussi nombreux que ceux de Carrier, sont excusés à mes yeux, le jour où les reiK'lles, comme ceux de Panne, courent aux armes et se

Slî NAPOLÉON T" PEINT PAR LUF-ilÊlIE.

font justice eux-mêmes... Brûlez un ou deux gros villages, qu'il n'en reste pas trace.

Tomo XII, pagp 18.

AU PRINCE JOSEPH

Parin, 7 rôvrier 1806.

« Je suis fort content de mes affaires ici. Il m'a fallu beaucoup de peine pour les arranger et pour faire rendre gorge à une douzaine de fripons à la tête desquels est Onvrard, qui ont dupé Barbc-Marbois, à peu près comme le cardinal de Rohan l'a été dans l'affaire du collier, avec cette différence qu'ici il ne s'agissait pas de moins de quatre-vingt-dix million?. J'étais bien résolu à les faire fusiller sans procès. Grâce à Dieu je

suis remboursé'.

P.ipo 10.

' AU PRINCE JOSEPH

Schœnbruiin, I nivôse iin XIV (iJ décPtiibri- 18 5)

< Non frère, je vous envoie une letlro oiivcrlc dont vous prendrez connuissiince et que vous remeUrez a M. Barbé-Marbois, après l'avoir cachetée. Je doute si je dois attribuer à la trahif^on ou à I ineptie la conduite de ce ministre. Il a avancé aux fournisseurs 85 millions de l'ar^'ent du trésor, si j'avais été battu, la coalition n'avait pas un allié plus puissant.

« Napoi.éok. »

Tomi- X'. p.!!,'!" \»t.

AU PRINCE JOSEPH

Paris, fi mars 1806.

« Mon frère, le moindre avantage que puisse procurer la conquête de Naples c'est d'entretenir votre armée de 40,000 hommes. Frappez une contribution de trente millions sur lout le rovaume. Votre marche est trop incertaine. Il faut que vos généraux, vos soldats soient dans l'abondance. Trente millions ne sont rien pour le royaume de Naples. Vous avez sans doute fait réunir les prêtres et vous les avez rendus responsables du moindre désordre. Les lazzaroni doivent avoir des chefs. Au premier mouvement, chassez- en douze à quinze nulle de Naples. S'ils ont des chefs, il faut qu'ils répondent de tout. Quelque chose que vous fassiez, sachez que vous aurez une insurrection. Désarmez-les.

« Napoléo. »

Paue 1.^.

AU PRINCE JOSEPH

Paris, M mars 180i«.

« ...Vous n'avez pas besoin de vingt-cinq mille hommes pour prendre la Sicile; un corps de quinze

214 NAPOLÉON I" PEINT PAU MU-MftME.

mille hommes est plus que suftisant. Toute cette canaille, Napolitains et Siciliens, sont bien peu de chose. Les Corses claienl bien autre chose, et ils n'ont jamais résisté seulement à huit bataillons...

Ton1PXIl,pa^'e înO.

AU GENERAL JUNOT

La Malmai^on, i avril 180G.

« C'est par mon ordre que le prince Eugène réunit toute l'artillerie à Yérone. Le 3* léger vous est bien suffisant pour maintenir la police dans l'Etat de Parme. Où est le temps où, avec une colonne mobile de trois cents hommes et deux pièces de canon, j'aurais fait trembler neuf millions d individus, mais on est devenu trop grand seigneur, on ne se remue pas, on dort et il ne faut point dormir.

« Nvi'OLÉON. »

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