‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 118 sur 134 · Tome XIII, page H · texte numérisé non relu

Tome XIII, page H

AU ROI DE NAPLES

S.-)inl-«^.lnU(l, 9 :ioùl iSOG.

Mon Irère..., je vois avec peine le système que vous suivez. A quoi vous servent cinquante mille gardes provinciales armées et organisées'? A rien qu'à vous dépenser de l'argent, à s'opposer à vos volontés, à élever et à avoir beaucoup de prétentions. 11 n'y a point de système plus faux et qui, en dernière analyse, soit plus funeste. Au premier bruit de guerre sur le continent, ces individus seront au moins neutres et leurs cbefs ouvriront des négociations avec l'ennemi. A la nouvelle dune bataille perdue sur l'isonzo ou sur l'Adige, ils se tourneront contre vous; suis-je vainqueuA ou en paix ; qu'en avez-vous besoin ? Eh ! mon Dieu, je ne regarderais pas ce système comme sans inconvénient en France. Combien ne peut-il pas êlre dangereux chez des peuples dont l'antipathie ne se

vaincra que par le temps elles années Un seul cri

italien de chasser les barbares au delà des Alpes vous arracRera toute votre armée, .le désire que vous me

consultiez sur des matières aussi imponantes. Il ne s'agit pas de dire que vous viendrez à mon camp. Un roi doit se défendre et mourir dans ses Étals. Un roi émigré et vagabond est un sot personnage. Je coordonnerai d'ici à peu d'années mon système, de manière à vous laisser un nombre de Français tel, qu'avec votre armée royale de Suisses, de Corses et de Napolitains, vous puissiez faire tête à l'orage.

« Une cbose également importante, c'est de rappeler les agents de l'ancienne dynastie qui sont à l'extcrieur. Il n'est pas convenable de les y laisser, lis vous Irabissent partout ; et de fait un bonnète bomme ne peut du soir au malin changer de visage...

« Napolkon. »

TompXIII, pape fiO.

AU ROI DE NAPLES

It.imliouillnl, 17 août 1806.

fl Je désirerais bien que la canaille de Naples

se révoltât. Tant que vous n'aurez pas fait un exemple vous n'en serez |)as maître. A tout peuple conquis il faut une révolte, et je regarderais une révolte à Naples comme un père de famille voit une petite vérole à ses enfants, pourvu qu'elle n'affaiblisse pas trop le malade. C'est une crise .salutaire. C'est donc danç cette vue

que les chàleaux doivent être armés et approvisionnés. La partie de votre royaume la plus près d'être tranquille, c'est la Calabre, si l'on en fait une sévère juslice...

Page 78.

A M. DE TALLEYRAND

Rambouillet, ;21 août 1806.

« Monsieur le prince de Bénévent, il est essentiel d'écrire à mon chargé d'affaires à Florence et de parler ici au ministre d'Espagne, pour exiger que trente individus des plus coupables et connus pour les auteurs de ririsuneclion d'Arizzo, soient exilés à trente lieues de la ville et que quelques-uns soient sévèrement punis. Le chaigé d'alfuires dira que voilà plusieurs fois que la ville d'Arezzo donne des exemples de mauvais sentiments et que si cela continue, l'empereur enverra dix mille lionui.es pour la saccager et la brûler.

« Napoléok. »

Pa««94.

ly.

m NAI'OI KON 1- l'EIM l'Ait MU M f,,M K

AU PRINCE PRIMAT Maycnre, 1" octobre 1806 (avant la liataille d'I 'nai.

« Mon frère, si le prince de Cnssel est sincère, et qu'il veuille rester vraiment neutre, je n'ai pas l'intention de l'en empêcher. Je prie Votre Altesse de lui envoyer un courrier qui lui en donne l'assurance, mais il faut qu'il soit vraiment neutre. Aucun de mes détachements ne passera sur son territoire et je serai fort aise d'épargner les maux de la guerre à ce pauvre pays, puisque le malheur de i'Flurope veut que je n'aie pas été le maître de faire jouir du même bienfait tous les autres peuples. Je n'ai dans le fait aucun sujet de me plaindre de Cassel. Je ne l'attaquerai jamais du mon plein gré...

« Napoi.kon. »

Tnme XIll, (lapeSnt.

A M. DE TALLEYRAND

Anma, 12 oclolire 180G.

« Je ne suis pas dupe de la neulralité de Hesse-

Cassel ; je suis étonné que vous le soyez, après ce que

VOUS avez vu de mes mouvements et de la retraite de l'armée prussienne.

Page Zii.

AU MARECHAL MORTIER

ViU«nberg, ^îô orlohre 18U6 (aprè> la bataille d'Iéna. gapnée le I i).

« Mon cousin, vous trouverez ci-joint une note que doit présenter mon minisire ou mon chargé d'affaires à Cassel...

« Arrivé à Cassel, vous ferez transporter toutes les armes et les canons à Mayence ; vous désarmerez toutes les troupes et vous prendrez les colonels, lieutenants colonels, majors et capitaines comme otages que vous enverrez sous bonne et sûre escorte, dans la citadelle lie Luxembourg.

« Si le prince de Hesse-Cassel et le prince héréditaire restent, vous les ferez l'un et l'autre prisonniers de guerre et vous les enverrez sous bonne et sûre escorte à Metz. Vous laisserez la femme et les enfants maîtres de faire ce qu'ils voudront! Le prince de Hesse- Cassel et le prince héréditaire seront arrêtés comme généraux prussiens.

'( Mon intention est que la maison de liessc-Cassel

224 NAPOLÉON I" l'EINT PAR LUI-MÊME.

ait cessé de récrier et soit effacée du nombre des puissances...

« Napoléon, m

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