Tome XU, iwgc i
AU ROI DE NAPLES
Saiol-Cloud, 30 juillet IKU(>.
« Vous aurez Naples et la Sicile, vous soi c/
reconnu de toute l'Europe; mais si vous ne prenez point lie mesures plus vigoureuses que celles que vous avez prises jusqu'ici, vous serez délrôné honteusement à la première guerre continentale. Vous êtes trop bon surtout pour le pays où vous êtes, il faut désarmer, faire juger et déporter...
« Souvenez-vous bien de ce que je vous dis : le destin (le votre règne dépend de votre conduite à votre retour dans la Calabre. Ne pardonnez pas, faites passer par les armes au moins six cents révoltés ; ils m'ont égorgé un plus grand nombre de soldats. Faites brûler les maisons de trente des principaux chefs des villages et distribuez leurs propriétés à l'armée. Désarmez tous les habitants et faites piller cinq ou six gros villages de ceux (jui se sont le plus mal comportés. Recommandez aux soldats de bien traiter les villes qui sont restées lidèles. Privez de leurs biens communaux les villages révoltés et donnez ces biens à l'armée. Surtout désarmez avec rigueur.
« Puisque vous comparez les Napolitains aux Corses, souvenez-vous que, lorsqu'on entra dansleNiolo, quarante rebelles furent pendus aux arbres et que la terreur lui telle (|ue personne ne remua plus. Plaisance s'était insurgée; à mon retour de la grande armée, j'y envoyai Junol (|ui prétendait que le pays ne s'était pas insurgé el m'envoyait de l'esprit à la française; je lui envoyai l'ordre de faire brûler deux villages el de faire
Si8 NAPOLÉON !•' PEINT PAU LUI-MÊME fusiller les chefs de la révolle parmi lesquels étaient six prêtres. Cela lut fait et ce pays fut soumis et le sera pour longtemps
« Si vous vous faites roi fainéant, si vous ne tenez pas les rênes d'une majn ferme et décidée, si vous écoutez l'opinion du peuple qui ne sait ce qu'il veut, si vous ne détruisez pas les abus et les anciennes usurpations de manière que vou^ soyez riche, si vous. ne mettez pas des impositions telles que vous puissiez entretenir à votre service des Français, des Corses, des Suisses, des Napolitains et armer des vaisseaux, vous ne ferez rien du tout...
« Puisque la Calabre s'est révoltée, pourquoi n» prendriez-vous pas la moitié des propriétés de ce pays pour distribuer à l'armée. Ce serait une ressource qtii vous serait d'un grand secours et en même temps un exemple pour l'avenir. On ne change et ne réforme pas les États avec une conduite molle; il faut des mesures extraordinaires et de la vigueur. Comme les Calabrais ont assassiné mes soldats, je prendrai moi-même le décret par lequel je conlisquerai, au profit de mes troupes, la moitié des revenus de la province parlicu* liers et publics. Mais si vous commencez à prendre pour principe qu'ils ne se sont pas révoltés et qu'ilvous ont été toujours attachés, votre bonté qui ne ser;i que faiblesse et timidité sera très-funeste à la France»
\ OS amis le disent : vous n'inspirez pas de confiance, vous êtes trop bon.