‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 120 sur 134 · AU GENERAL LAGRANGE · texte numérisé non relu

AU GENERAL LAGRANGE

Varsovie, 8 janvier 1807.

« Jt' reçois vos lettres du 26 décembre. J'avais déjà appris très-vaguement qu'il y avait eu une insurrection à Cassel...

« Mon intention est que le principal village oîi est née l'insurrection soit brûlé et que trente des principaux chefs soient passés par les armes. Un exemple éclatant est nécessaire pour comprimer la haine de ces paysans et de cette soldatesque. Si vous n'avez fait aucun exemple, faites-en un sans délai, cela est nécessaire pour le reste de l'Allemagne...

iî6 NAPOLÉON 1" PEhNT PAR LUI-MftME.

« Faites-moi un rapport détaillé sur toute cette affaire, ne me dissimulez rien. Je ne puis regarder une insurrection dans l'Etat de Cassel, au mois de janvier, que comme un événement heureux... Il vaut mieux quelle ait éclaté dans ce moment que lors(jue les Anglais auraient pu faire des descentes sur l'Elbe. Il faut bien saisir ie moment actuel pour les désarmer et laisser des traces qui restent dans les cantons qui se sont révoltés. Toute autre manière de se conduire .serait funeste : trente des principaux coupables fusillés, deux ou trois cents envoyés dans les citadelles de France, et le bourg ou la petite ville, principal foyer de la révolte, brûlé, sont des exemples nécessaires et les acies de ri^jneur sont humains en ce qu'ils empêchent la renaissance de nouvelles séditions.

Tnme XIV, pa^e 171.

AU MARECHAL BERTHIER

Varsovie, 19 janvier 1807.

« Ecrivez au général Lagiange que j'ai lu sa

lettre du 8 janvier ; que je suis loin d'être satisfait, que mon intention est que les deux petites villes d'Esclnvege et de lïersfeld soient brûlées ou que les soixante plus coupables de ces deux villes et des environs soient fu

sillés et que le triple soit arrêté et conduit en France ; que je n'ai jamais pu penser que quatre mille paires de souliers pussent être le prix de l'amnistie accordée ; qu'il envoie des colonnes mobiles de quatre mille hommes vivre à discrétion dans les villes qui ont été le théâtre de l'insurrection ; qu'on leur fasse connaître ma volonté; que les outrages faits à mes aigles ne peuvent être vengés que par du sang ; deux cents personnes au moins doivent payer de leurs têtes cette insurrection...

« NapolégiN. »

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Lorsque ces lettres aux ordres impitoyables furent écrites, la guerre d'Espagne, de smistre mémoire, n'était pas encore commencée.

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