‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 123 sur 134 · Tome X, page · texte numérisé non relu

Tome X, page

Napoléon, après avoir conclu la paix d'Amiens, fut bientôt en discussion avec l'Angleterre. Il lui demanda de chasser de son territoire les princes français et les émigrés, d'empêcher les libelles qui attaquaient sa politique, sa personne et ses actes, il la somma d'évacuer l'île de Malte. Le gouvernement anglais répondit qu'il ne voulait ni ne pouvait changer la constitution anglaise garantissant la liberté des étrangers et la liberté de la presse, et qu'il était prêt à rendre Malte à l'ordre do Malte reconstitué, si le premier consul renonçait au Piémont qu'il venait d'incorporer à la France, à Parme

POLITIQUE EXTÉRIEURE DE NAPOLÉON. 237 qu'il venait d'envahir, aux changemenis qu'il venait de faire dans les constiliilions des républiques liiiurienne, cisalpine, helvétique devenues ainsi de simples dépendances de la France. Le premier consul, qui allait devenir l'empereur, fut exaspéré de la résistance du gouvernement anglais à ses volontés; craignant d'ailleurs qu'avec la paix et des relations fréquentes entre les deux peuples, l'exemple du respect du gouvernement anglais pour la liberté individuelle et les droits des citoyens, le retentissement des libres discussions du Parlement anglais, ne fussent un grave danger pour le régime impérial et son pouvoir absolu. Napoléon recommença la guerre et ordonna l'arrestation comme prisonniers de guerre de tous les Anglais séjournant ou voyageant en France, hommes, femmes et enfants.

La haine de Napoléon contre l'Angleterre fut alors la gnmde passion de sa vie et un des principaux mobiles de toute sa politique. Il espéra d'abord saisir l'Angleterre corps à corps, la mettre sous ses pieds, l'anéantir.

Il écrivait de Milan le 9 juin 1805, à Decrès, ministre de la marine :

a Une nation est bien folle, lorsqu'elle n'a point de fortifications, point d'armée de terre, de se mettre dans le cas de voir arriver dans son sein une armée de 100,000 hommes d'élite et aguerris. Voilà le chefd'œuvre de la flotille! Elle coûte de l'argent, mais il

ne faut être maître de la mer que six heures pour que

l'Angleterre cesse d'exister.

Page 1