‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 128 sur 134 · Tome XV, papn · texte numérisé non relu

Tome XV, papn

Le 2 février 1808, après la paix de Tilsitt, Napoléon écrivait de Paris à l'empereur de Russie :

« Monsieur mon frère... Votre Majesté aura vu les derniers discours di/ parlement d'Angleterre et la décision où l'on y est de pousser la guerre à outrance... Ce n'est plus que par de grandes et vastes mesures que nous pourrons arriver à la paix et consolider noire système. Que Votre Majesté augmente et f(Jrtifie son armée. Tous les secours et assistance que je pourrai lui donner elle les recevra franchement de moi, aucun sentiment de jalousie ne m'arrivera contre la Russie, mais le désir de sa gloire, de sa prospérité, de son extension. Votre Majesté veut-elle permettre un avis à une personne qui fait profession de lui être tendrement et vraiment dévouée? Votre Majesté a besoin d'éloigner les Suédois de sa capitale ; quelle étende de ce côté ses frontières aussi loin qu'elle le voudra; je suis prêt à lui aider de tous mes moyens.

« Une armée de 50,000 hommes russe, française,

PROJET D'EXPKDITION CONTRE I/ISDE. '247 peut-être même un peu autrichienne, qui se dirigerait par Constantinople sur l'Asie, ne serait pas arrivée sur l'Euphrate, qu'elle ferait trembler l'Angleterre et la mettrait aux genoux du continent. Je suis en mesure en Dalmatie, Votre Majesté l'est sur le Danube. Un mois après que nous en serions convenus, l'armée pourrait être sur le Bosphore. Le coup en retentirait aux Indes et l'Angleterre serait soumise. Je ne me refuse à aucune des stipulations préalables, nécessaires pour arriver à un si grand but... Tout peut èlre signé et décidé avant le 15 mars. Au 1" mai, nos troupes peuvent èlre en Asie et à la même époque K's troupes de Votre Majesté à Slokholm. Alors les Anglais menacés dans les Indes, chassés du Levant, seront écrasés sous le coup des événements dont l'atmosphère sera chargée...

« NiPOLÉON. »

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