G. J. ET M. DE I.A
Amiens, 8 messidor un Xi (i7 juin lK<3ri).
« Je vous prie de montrer aux consuls Cambacérès el Lebrun, la brochure de ce fou de l'Institut, Delisle de Sales, et de voir s'il n'y aurait pas moyen d'empêcher ce corps délie déshonoré par une conduite aussi folle que coupable. La seule punition à infliger à l'auteur serait de le faire chasser de rinstilul.
« Bonaparte. »
Pagp ô'cî.
MiiKiiii. i>K i.\ i'HK>sK LiirLUAi ri;r..
AU CITOYEN REGNIER
Lille, 18 mesMdor an XI i,' juillet IJJOS).
i( Cuimne il puiail qu'il existe un système de corruiiipie l'opinion par la presse... je pense qu'il est convenable que le piél'et de police écrive une circulaire ;i chaque libraire, pour leur détendre de mettre en vente aucun ouvrage, que sept jours après vous en avoir remis un exemplaire: afin que dès qu'il y a. un mauvais ouvrage tel que le livre du citoyen de Sales, la (lotrespouflance de Louis XVI, et le poi-nie de/w Vitié, on piiiîjse l'arrêter.
« boNAPAUTK. »
r<)iii>- Mil, |ia^388
A M. Ft>UCHê
l.^oii, io germinal au Mil ^1^ atril iVS».
" Le» journaux parlent longuement de rumeurs existaut dans leurs imaginations ou dans les instructions du cabinet anglais. Prenez des mesures pour qu'on ne [tarir plus dans aucun jouinal de... (lacune dans la iiiiiiuiei. Ksniénard montre ce qu il ferait s il pouvait se
74 , NAI'OLÉON 1" l'El.NT l'Ail l.lil-MÉME.
livrer à son essor inalveilluiit, veille^-le, supprimez-le
à la nioindre l'aulo...
« NArOLÉO.N . »
A M. FOUCHÉ
SUipini^i, i lloii'ul an Xlll (±2 avril INK;).
« Ucpriiiit'/. un peu les journaux, faites-y mellrc tic bons arliclcs, laites coniprcnilre aux rédacteurs des Débals et du Puhlicisle, i\uc le temps n'est pas éloi{^né où, m'apercevanl qu'ils ne me sont pas utiles, je les supprimerai avec tous les antres, et n'en conserverai qu'un seul ; que puisiju'ils ne me servent qu'à copier les bulletins que les agents anglais font circuler sur le continent, qu'à faife marcher sur la foi de» bulletins les troupes de l'empereur de Russie en Pologne, à con- Iremander le voyage de lempereur d'Autriche en Italie; à l'envoyer en Courlande pour avoir une entrevue avec l'empereur de Russie, puisqu'ils ne me servent qu'à cela, j'y mettrai bon ordre. Mon intention est donc que vous fassiez appeler les rédacteurs du journal des Débuts, du DnbUciste, de la Gmelle de France qui sont, je crois, les journaux (|ui ont le plus de vogue, pour leur déclarer que s'ils continuent à n'être que les truchements des journaux et des bulletins anglais, el à
LIDEIITR DE LA l'RESSE, LITTÉRATURE. 75
alarmer sans cesse ropinion, en ré|>élanl bêtement les hnllctins de Francfort et (l*Ang?bourg sans discernemonl et sans jugement, leur durée ne sera pas longue, que le temps de la révolution estfmi et qu'il n'y a plus on France qu'un parti ; que je ne souffrirai jamais que les journaux disent ni fassent rien contre mes intérêts ; qu'ils pourront faire quelques petits articles où ils pourront mettre un peu de venin, mais qu'un beau malin on leur fermera la bouche.
a Napoléon. »
Page r»."».
A M. FOUCHÉ
Slupinigi, i floival an Xlil (il avril 1S0.'i).
« Toutes les nouvelles de mer sont bonnes. Faites imprimer quelques articles habilement faits, pour démentir la marche des Uusses, l'entrevue de l'empereur de Russie avec l'empereur d'Autriche, et ces ridicules bruits nés de la bruine et du spleen anglais. Remuezvous donc un peu plus pour l'opinion. Dites aux rédaclours que quoique éloigné je lis les journaux, que s'ils continuent sur ce ton je solderai leur compte; qu'en l'an VIII je les :ii réduits à quatorze. Je pense (juc ces avertissements successifs, aux principaux rédacteurs, vaudront mieux que toutes les réfutations. Dites-leur
7(i NM'OI.KIJN I" l'KlNT l'Ait Lll-MKME.
«|uo ji' no los jugerai point ^ni- \o mn) qu'ils auronl «lit, mais sur le pou de bion qu'ils n'auront pas dit. (junnd ils représenteront la France vacillante, sur le point d'être attaquée, j'en jugerai (ju'ils ne sont pas français ni dignes d'écrire sous mon règne. Ils auront beau dire qu'ils ne donnent que leurs bulletins, on leur a dit quels ils étaient ces bulletins, et puisqu'ils doivent dire de fausses nouvelles, que ne les disent-ils à l'avantage du crédit el delà tranquillité publique? Oiseaux de mauvais augure, pourquoi ne présagent-ils que des orages éloignés? Je les réduirai de quatorze à sept et conserverai non ceux qui me loueront, je n'ai pas besoin do leurs éloges, mais ceux qui auront la loncbe mâle et le ofpur français, qui montreront un véritable attacbemeni pour moi et mon peuple...
Ton f \. pîiff r»n.
A M. FOUCHÉ
Shi|>inii:i, » IloW'ul mi \UI <-iS avril IsO.'.
« M. Fouclié, la réforme des journaux aura bienti»l heu, car il est par trop bête d'avoir îles journaux qui n'ont que l'inconvénient de la liberté de la presse sans en avoir les avantages... Dites aux rédacteurs que vous ne leur ferez aucune observation sur de petits articles:
LIUEKTK Dh LA l'KESSE. LlTTÉUATURt. 77
qu'il n'est plus (jueslion aujourd'hui de n'èire pas mauvais, mais tout à fait bons... En répétant cela aux différents journalistes et leur disant qu'ils ont l'ncore trois ou quatre mois pour faire leurs preuve»-, te sera à eux ;i fiiire leur prolit de ces avertissements.
« Napolm». »
Page I>ti»>.
A M. FOUCHÉ
>lilaii. :m llor(-.il nn XIII ("20 mai 1)i05).
« M. Fouclit-, mon intention est que désormais le Journal des Débals ne paraisse pas (ju'il n'ait été soumis la veille à une censure. Vous nommerez un censeur qui soit un homme sûr, attaché <'t ayant du tact, auquel les propriétaires du journal donneront 12,000 francs d'appointements. C'est à cette seule condition que je permettrai que ce journal continue de paraître... Faites connaître cette mesure aux journaux, et prévenez-les que s'ils s'avisent de débiter des nouvelles par trop bêtes et dans de mauvaises intentions, j'en ferai autant de leurs feuilles.
P«ge 4*».
78 NAPOLÉON I" PEINT PAR MII-MfiME.
A M. FOUCHÉ Milan, 1% prairial an XIII (1- juin 180r>).
« Je voudrais que les rédacteurs des journaux conservés fussent des hommes attachés, qui eussent assez de bon sens pour ne point mettre de nouvelles contraires à la nation, il faudrait que l'esprit de ces journaux fût dirigé dans ce sens, d'attaquer l'Angleterre dans ses modes, ses usages, sa littérature, sa constitution.
« NvPOI.KON. »