‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 45 sur 134 · Tome X, papn Ifiti · texte numérisé non relu

Tome X, papn Ifiti

AU PRINCE EUGENE

Bresci.i, l'îjuin 1805.

« Mon cousin,... la censure détruit les journaux ; il faut déclarer que le gouvernement ne peut répondre des sottises qu'ils peuvent dire, mais que les journalistes en répondront personnellement. Je ne me dissimule pas que celte mesure a quelque inconvénient, mais il y a aussi dans le vague de la liberté de la presse quelque chose dont il est bon de profiter ; et quoique mon intention ne soit point de laisser aux journaux la liberté que les constitutions anglaises laissent aux jour-

LIBERTK IH: I.V IMS ESSE. LITTÉUATrilE. 7î>

naux anglais, je ne veux point qu'on ia règle comme on le fait à Vienne et à Venise. H faut qu'ils puissent mettre quelque article vague contre telle ou telle puissance, et qu'on puisse répondre aux ambassadeurs : faites une plainte, on les poursuivra devant les tribunaux, ou l'on s'en fera rendre compte...

« Napolkon. »

l'aco .'il:*.

A M. FOUCHE Itologne. i me&sidor an XIII (£ juin 1905).

n Je VOUS |>rie do me l'aire connaître ce que c'est qu'une pièce de Don Juan qu'on veut donner à l'Opéra et sur laquelle on m'a demmidé l'autorisation de la dépense. Je désire connaître votre opinion sur celte pièce sous le rapport de l'esprit public.

« Napof.kon. »

A M. FOUCHE • ainp il)> lioiibtpnc, lit (hermittor an Xill (7 aoùl IMKi).

« Voici l'arrangement que j'approuve pour le Journal de l'Empire, ci-devant Jo»n/rt/ des Débats. Faites appeler les propriétaires et donnez-leur à connaître que je m'arrête à ces bases. Lorsque cet arrangement sera

«0 N.\POLÉO> I" PEIM PAR LUI-MÊME.

fait, vous en ferez un semblable avec le Publicistc cl l:i

Gazette de France. Vous généraliserez, à l'éiîanl «le

tous les antres journaux, la retenue de deux douzièmes

ou trois douzièmes, selon l'importance des prolit>.

pour être np|)liquée à des pensions qui seront an-ordres

aux gens de lettres.

Ti<m»> M, (Wip(> tîH.

A M. FOUCHC

<.iii:ii'liri' iin|HM'ial, l.iitlwi;:.<>liurg, li xfiiili'iiiiairi- un MV I i iM-lohrr ISlKii.

« Monsieur Kouclié, il me semble (pie les journauv

n'animent pas assez l'esprit public. Nos journaux sont j

lus partout, surtout on lloni.'rie. Faites l'aire des articles i

(pli lassent connaître aux Allemands et aux Hongrois

combien ils .sont dupes des intri«îues anglaises; que

l'empereur «l'Allemagne vend le sang de ses peuples I

pour de l'or...

A M FOUCHÉ

Munich, l;i janvier ISIHi.

«; .le lis dans le Journal de l'Empire «lu 9 janvier ipj'au bas d'une comédie de Collin d'IIarleville on a mis « Vu et permis l'impression et la mise en vente d'apr<

I ||:H; li; hK I.A l'I'.KSSK, MTTKU ATL P.K. XI

.. ilérision «lo Sf»n Kvrpllrnoo le sénateur ininislro i\o hi « police générale, en date ilii 0 de ce mois iprnirini « an XII).

« Par ordre de S. Ex. le chef de division de la liberté « de la presse. P. Lagarde, »

« J'ai lieu d'élre étonné de ces nouvelles formes que la loi seule pouvait autoriser. S'il était convenable d'établir une censure, elle ne pouvait l'être sans ma permission. Lorsque ma volonté est que la censure n'existe pas, j'ai lieu d'être surpris tle voir, dans mon empire, des formes qui peuvent être bonnes à Vienne et à Berlin. S'il existe sur cela un usage que je ne connais point, faites-m'en un rapport. J'ai longtemps ralculé et veillé pour parvenir à rétablir Tédifice social; aujourd'hui je suis obligé de veiller pour maintenir la liberté publique. Je n'entends pas que les Français deviennent des serfs. Kn France tout ce qui n'est pas détendu est permis et rien ne peut être défendu que par les lois, par les tribunaux ou par des mesures de haute police lorsqu'il s'agit des mœurs et de l'ordre publie. Je le dis encore une fois, je ne veux point de censure parce que tout libraire répond de l'ouvrage qu'il débite, parce que je ne veux pas être responsable des sottises que l'on peut imprimer, parce que je ne veux pas enliu qu'un commis tyrannise le génie.

« NAPOr.ÉON I" l'F.INT I' \ It l.li-MfiME.

A M CAMBACÉRÉS

Strasiiourg, 24 jan»ier 18n0.

« Mon cousin , je vous envoie un bulletin de M. Lebrun '. Dites-moi en confidence s'il a perdu la lêle, je commence à le croire. Bon Dieu! que les hommes de lettres sont bêles ! Tel qui est pro|)re à traduire un poëme n'est pas propre à commander (juinze hommes. Rien ne m'éloime depuis que je suis né, comme la conduite de M. Lebrun depuis qu'il est ù Gènes '.

TornoXI, i>apo "i-M.

A M. FOUCHÉ

Strashoui'u, U janvier IfUtG.

« Veillez à ce qu'on ne mette point dans les journaux le ridicule bulletin de M. Lebrun sur les affaires de Parme, tant pour l'honneur dun ijrand dij^mitaire que pour l'inconvénient d'un pareil bulletin. Bon Di«-u ! que les hommes de lettres sont bêles ! Ce n'est que

♦ Ancien consul.

Ilclail coiivornoiir p;i'ntTal à CH'^nes.

LIBtHTt DE LA l'IlESSE, LITTÉRATURE. 85

(i'aiijourdilui que je suis convaincu de l'incapacité d'un lioninie qui a d ailleurs de si beaux talenls et une si belle plume.

l'âge TCxi.

A M. FOUCHE

Paris, 7 février I8U6.

« M. Portalis m'a fait connaître l'existence de plusieurs journaux ecclésiastiques et les inconvénients qui peuvent résulter de l'esprit dans lequel ils sont rédigés et surtout de la diversité des opinions en matière religieuse. Mon intention est, en conséquence, que les journaux ecclésiastiques cessent de paraître et qu'ils soient réunis en un seul journal qui se chargera de tous les abonnés. Ce journal devant servir spécialement à l'instruction des ecclésiastiques, s'appellera Journal (Un Curés. Les rédacteurs en seront nommés par le cardinal archevêque de Paris.

« Napoléo>. m

Tumc Xil, page 17.

A M. CAMBACERES

Cari», a fcrrier 1M)6.

a Je suis in;>truit quMi s'imprime un ouvrage inti'^

XI NM'OIKO.N I l'KIM I'M; 1,1 I-MKMK

Iule Mntwiit's de Imiis Kl\\ écriU; j>i«r lui-nuMiie, «lie/, un libraire nommé (îainery, rue de Seine, noies «le la Uocliet'oucâuld. Envoyez chercher ce libraire el ilites-lui qu'il ne riniprime pas sans que vou8 l'ayez, lu. \}\\ ouvrage de celte nature ne peut s'imprimer sans (pio la police en soil instruite. Lisez eflectivemenl cet ouvrage et dites-moi ce que vous en pensez.

« Napolku.n. m

loiiie Xtl, pugei^u.

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