CLERGÉ - RELIGION - PAPE
A M. FOUCHE Trèreâ, 15 vendémiaire aji l^lJl (7 octobre I8(U).
« J'ai lu avec allenlion le rapport du préfet de police sur l'exécution du décret du 5 messidor an Xil, relatif aux corporations religieuses. Mon but principal a été d'empêcher les jésuites de s'établir en France. Ils prennent toutes sortes de figures. Je ne veux ni Cœur de Jésus, ni confrérie de Saint-Sacrement, ni rien de ce qui ressemble à une organisation de milice religieuse, et sous aucun prétexte je n'entends faire un pas de plus ni avoir d'autres ecclésiastiques que des prêtres
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séculiers. Mon intention également est de ne point vouloir de couvents de religieuses, mais sur ce point je ne vois point d'inconvéHienls à ce (|ue les anciennes religieuses finissent leur vie en conunun et portent sur elles les habits qu'elles veulent, mais (ju'elles ne lassent pas de novices et n'aillent point dans la rue avec leurs habits, j'en excepte les sœurs de charité, je les autorise même à établir des noviciats pour s'y recruter. Il y a donc deux précautions à prendre pour ces religieuses ; la premit-re de les coimaitre et de les bien surveiller pour s'assurer qu'elles ne sont point dirigées par des prêtres qui ne sont ))as dans la communion de leur évèque, car toute société «jui s'écarterait de cette voie doit être frappée impitoyablement, elle est dans le chemin du crime ; elle est dans les mains des scélérats, 'et il y a tout à craindre de la part de filles mal conduites. La seconde est de veiller à ce qu'elles ne fassent pas de novices et cela a quelques diflicultés. Je vois, par exemple, que les religieuses de la Miséricorde, rue de Lachaise n" 529, forment des élèves, comment distinguer une élève d'une novice? Mon intention est qu'on s'assure : 1" Que les élèves ne puissent porter un habit religieux et soient velues d un habit ordinaire : 2° (Ju'elles ne puissent pas avoir au delà de dix-huit ans. Toutes celles donc qui auraient plus de dix-huit ans doivetit être renvoyées de ces maisons. Mon intention est qu on les prévienne de sortir sous six
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mois, sous peine de voir la maison fermée el TiHablissemenl dispersé.
Tonip \, pace 1S.
A M. TALLEYRANO Trêve», l.'J vendi'-iiiinire an XIII (7 oclobrc tSftli.
« .le désire que vous écriviez en Espagne pour faire connaître que je verrais avec peine le rétablissement des jésuites; que je ne le souffrirai jamais en France ni dans la république italienne ; que j'ai lieu de penser, d'après la nature de nos relations, que l'Espagne restera ferme dans les mêmes principes, mais que je désire en avoir l'assurance. Ecrivez la même chose à la reine d'Étrurie.
l':ie.' IX
A M. CHAMPAGNY r.ainp lit; nmiln(;n<«, 1K |lM>rmiilnr an XIII ((> aAût IMk'iK
« Pbisienrs préfets ont écrit et imprimé des circulaires pour défendre de danser près des églises. Je ne sais où cela conduit. La danse n'est pas un mal. Veiil-
i:v. NAPOLÉON I" PBFNT PAU I-UI-MÊME.
on nous ramener au U'uips on l'on défendait aux villa- «,'eois de danser? Je suis fâché que M. Bureaux de Pusy, qui, plusieurs fois, s'est tenu trop loin de la ligne religieuse, s'en tienne trop près aujourd'hui. MM. les vicaires pouvaient dire ce qu'ils auraient voulu. Si l'on croyait tout ce que diraient les évoques, il faudrait défendre les bals, les spectacles, les modes, et faire de l'empire un grand couvent. Faites sentir par une instruction secrète, que l'autorilé civile ne doit point se mêler de ces choses-là, et écrivez particulièrement sur ce sujet à M. Bureaux de Pusy et aux préfets qui auraient donné ou suivi cet exemple.