A LA PRINCESSE ÉLISA
Saint-<:iou(l, 21 mai 1806.
.< Ma sœur, je reçois votre lettre. Le bref du pape n'est rien, tant qu'il restera secret dans vos mains. Ne perdez pas un moment, une heure, pour réunir tous les biens des couvents au domaine. Chargez mon ministre de se rendre chez l'archevêque. Il lui dira que je suis instruit de ce qui se passe, que ce ne sera pas le concordat de mon royaume d'Italie, mais celui de France que je ferai publier dans la principauté de Lucques ; que non-seulement on s'emparera des biens des moines, mais encore de ceux du clergé séculier, et qu'on le mettra à la pension. Si l'on ne se prête pas de bonne grâce et s'il y a le moindre désordre, je ferai avancer une division française. N'exigez aucun serment des prêtres. Ne vous mêlez dans aucun dogme. Emparez-vous des biens des moines, c'est là le principal.
« Napoi-kon. »
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CLERGE, RELIGfON, PAPE. 141
AU ROI DE NAPLES
.'» juin 180C, H heures du malin.
« La conduite de la cour de Rome est marquée au coin de la folie. J'ai voulu lui faire sentir par un premier coup ce qu'elle avait à craindre de moi, et d'ailleurs jai pensé qu'en tout état de choses, les enclaves de Dénévent ot de Ponte-Corvo ne pouvaient être que des sujets de troubles pour votre royaume. J'en ai fait deux duchés, celui de Bénévent pour Talleyrand, celui de Ponle-Corvo pour Bernadotte. »
l'ajre iô*.