CHAPITRE XII
LE PBIXCE ET l'aSSEMBLÉE NATIOSALË (20 DÉCEMBRE 1848 20 MAI 1849).
I. 20 décembre, rapport de M. Waldeck-Rousseau sur rélection présidentielle. — Discours du général Cavaigaac. — Ovation de l'Assemblée. — Le prince est déclaré président de la République; sa prestation de serment; son discours. — Dès le début, songeait-il à un coup d'État? — Installation à l'Elysée. — Odilon Barrot chargé de la formation du ministère. — Les journaux sur le discours du prince; le Constitutionnel, les Débats, V Union, la Gazette, même le National sont bienveillants; les journaux rouges ne désarment pas. — Le prince fait preuve d'un grand sens politique dans la composition du ministère : MM. Drouvn de Lhuvs, de Malleville, de Falloux, de Tracy, Léon Faucher, Bixio, Passy, le général Rulhières; le colonel Rebillot, préfet de police; Berger, préfet de la Seine; Baroche, procureur général; le maréchal Bugeaud, commandant l'armée des Alpes; le général Changarnier, commandant l'armée de Paris et la garde nationale; M. Mocqunrd, chef du cabinet présidentiel; le commandant Thiboutot, gouverneur de l'Elysée. — Opinion des Débats, du National, de la Liberté sur le ministère. — 24 décembre, revue. — Coslume du Président; toute la presse s'en occupe. — Nouveaux bruits de coup d'Etat. — On s'étonne que l'Empire ne soit pas déjà fait. — \^' Evénement, la Révolution démocratique et sociale, la Patrie discutent la question de l'Empire. — Remarque judicieuse de Proudhon dans le Peuple sur la portée des affaires de Strasbourg et de Boulogne. — Le ministre de lajustice donne l'ordre d'arrêter les citoyens qui crient : Vive l'Empereur! — Le prince Jérôme, oncle du Président, nommé gouverneur des Invalides sur la proposition d'Odilon Barrot, dans un rapport débordant de lyrisme napoléonien. — Le président Marrast commande au peintre Couture, pour la salle des conférenres du Palais-Bourbon, le portrait du chef de l'Etat. — Les journaux rouges reparlent de coup d'Etat. — Conflit entre le prince et M. de Malleville. — Réflexions du journal anglais le Spectator ; de la Liberté • i
II . Campagne contre l'Assemblée. — Ayant soutenu l'élection du général Cavaignac, elle devait disparaître. — Proposition Râteau tendant à la convocation d'une nouvelle Assemblée pour le 19 mars; rapport Grévy tendant au rejet; discussion; M. Billault; Odilon Barrot ; prise en considération par 400 voix contre 396.
— Le Siècle se demanclc si le prince, en poussant à la dissolution, suit une bonne politique, s'il n'est pas dupe par la droite. — C'est la thèse des journaux rouges qui déclarent que le prince travaille inconsciemment pour Henri V. — La planche napoléonienne. — La Liberté, organe républicain-bonaparliste, dénonce une intrigue philippo légitimiste qui joue Odilon Barrot. — Sincérité du prince. — Ce que dit M. de Falloux. — La presse modérée approuve le vote de l'Assemblée. — Circulaires d'Aristide Ferrère. — Election du viceprésident de la République; M. Boulay de la Meurthe; son discours d'installation. — Réceptions à l'Elysée. — Partout le prince est acclamé; il fait don de 50,000 francs à une société de constructions ouvrières. — Annonces des journaux. — Lune de miel entre le Président et Changarnier. — U Histoire du Consulat et de l'Empire de Thieks. — L'Assemblée refuse au ministère le droit de fermer les clubs; note du Moniteur ; le cabinet reste au pouvoir. — Saisie du journal le Peuple. — La Révolution démocratique et sociale. — 29 janvier, quarante-sept représentants demandent la mise en accusation du ministère. — Avortement d'un mouvement insurrectionnel. — Le Président est acclamé sur les boulevards. — Le journal de Changarnier, V Assemblée nationale, et les Débats défendent le l'résident attaqué par les journaux rouges. — La question de la dissolution revient devant l'Assemblée; Jules Favre; M. Combarcl ; 416 voix contre 405 la votent. — 3 février, interpellation de M. Perrée, rédacteur en chef du Siècle, qui n'admet pas que le ministère mis en minorité reste au pouvoir; Odilon Barrot soutient que, le Président étant responsable, l'Asseml)lée n'a pas le droit de faire et de défaire les ministères. — Odilon Barrot est battu par 407 voix contre 387. — La responsabilité du chef de l'Etat et celle du ministère sont-elles incompatibles? — Si des ministres ne démissionnent pas, l'Assemblée n'est-elle plus souveraine? — Le ministère, de nouveau battu, ne démissionne pas. — Seconde lecture de la proposition Râteau : Félix Pyat la combat; Lamartine et Dufaure l'appuient. — L'Assemblée adopte la proposition Lanjuinais, qui fixe les nouvelles élections après le vote de la loi électorale. — 462 voix contre 359 repoussent une demande d'enquête sur
la journée du 29 janvier. — Opinions des journaux 17
in. Le prince récompense ses compagnons de Strasbourg et de Boulogne. — Ovation qui lui est faite à la Bourse. — Revues les 2, 16, 19 février. — Le 16, incident du jeune soldat à la mère malade. — Cris répétés de : Vive Napoléon! et même de : Vive l'Empereur! — Le Peuple, la Révolution démocratique et sociale n'admettent pas que le Président passe des revues. — Concerts, bals à l'Elysée, où l'on vient en foule et où toutes les opinions sont représentées. — Célébration à la Madeleine de l'anniversaire du 24 février; le Président, en «'y rendant, est acclamé; indignation du National, de la Révolution démocratique et sociale. — Rencontre du prince et du duc Pasquier. — Inauguration du chemin de fer de INoyon à Compiègne. — Nouvelle revue ; ovation de la foule et des troupes; guerre acharnée des journaux rouges. — Projet de loi augmentant le traitement du Président; 12 mars, discussion; voté par 418 voix contre 341. — Les Débats et la Presse gémissent de l'attitude de la minorité; la Réforme, le National, la République, la Démocratie pacifique blâment l'augmentation du traitement présidentiel et dénoncent les projets ambitieux du
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IV. Depuis de longues années les républicains réclamaient l'affranchissement et l'unité de l'Italie. — Louis-Napoléon partage avec le parti républicain la responsabilité de cette unité. — Le manifeste de Lamartine en 1848 déclarait que l'unité italienne devait être faite, même avec le sang de la France. — Soulèvement de l'Italie. — Le Pape, réfugié à Gaete, réclame l'intervention des puis-
tances catholiques. — 24 février 1849, interpellation Je Ledru-RoIIin. — 16 avril, vote, par 388 voix contre 161, d'un crédit de 1,200,000 francs pour subvenir aux dépenses du corps expéditionnaire de la Méditerranée. — 26 avril, débarquement à Civita-Vecchia du général Oudinot avec 12,000 houiiucs. — Proclamations d'Oudinot. — Protestation de l'Assemblée romaine. — L'armée française est repoussée. — 7 mai, l'Assemblée vote, par 328 voix contre 241, «jue l'expédition ne soit pas plus longtemps détournée de son but. — Lettre du Président au général Oudinot. — Ordre du jour du général Changarnier. — 9 mai, interpellation Grévy sur la lettre présidentielle; réponse embarrassée d'Odilon Barrot; Ledru-Rollin ; proposition Flocon; 10 mai, Jules l'avre; 11 mai, nouveau discours de Ledru-Rollin; Odilon Barrot; Jules Favre; ordre du jour pur et simple voté par 329 voix contre 292. — Cinquante-neuf représentants déposent une demande de mise en accusation du Président et des ministres, qui est repoussée par 388 voix contre 138; dépêche de Léon Faucher; blàme de l'Assemblée; démission de Léon Faucher; leiVationa/, le Crédit, la Vraie République; V Assemblée na/iona/e, journal de Changarnier, défend le Président; le Payj, journal bonapartiste, exulte. — La lutte électorale; circulaires Aristide Ferrère, où se révèle la pensée intime du prince. — Comité central bonapartiste. — Déclaration du comité de la rue de Poitiers. — La
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V. Lettre du Président au prince ^Sapoléon, où il expose son programme et ses espérances. — Révocation du prince Napoléon, ambassadeur à Madrid; lettre de celui-ci. — Le général Changarnier est nommé grand officier de la Légion d'honneur; son attitude à l'égard du Président. — Intérêt que le Président porte à l'armée; revue à Versailles; visite à la maison d'éducation de Saint- Denis, son discours; distribution de drapeaux à Troyes; allocution de l'évèque, Mgr Cœur; accueil enthousiaste des populations; la Gazette de France, V Opinion publique comme la Démocratie pacifique, le Peuple, la Vraie République dénoncent le Président comme aspirant à l'Empire; la Fraie République lui reproche d'aller à Versailles en voiture et non en chemin de fer; V Assemblée nationale, la Liberté, le Dix Décembre qui parait pour la première fois le 15 avril 1849, ne sont pas moins violents en sens contraire. — 4 mai, célébration du premier anniversaire de la proclamation de la République; le Président est acclamé; 5 mai, il assiste, aux Invalides, à la messe anniversaire de la mort de Napoléon I". — Bruits d'insurrection et en même temps de coup d'Etat. — Discussion à l'Assemblée sur la question de savoir si son président a le droit de réquisitionner les troupes: Odilon Barrot ne le conteste pas; incident relatif au général Changarnier, à cause de ses absences systématiques. — Le général Forest, qui avait refusé d'obéir aux injonctions du président de l'Assemblée, est nommé commandeur de la Légion d'honneur. — L'Assemblée repousse une proposition du gouvernement tendant à l'alirogation de l'article 67 de la loi du 22 mars 1831; M. Grévy; article du Peuple. — Revue du 21 mai; ovation faite au Président par l'armée; les journaux rouges disent qu'on voulait y proclamer l'Empire; le Sational affirme que le général Changarnier a donné l'ordre de crier : Vive Napoléon! Violente discussion à l'Assemblée les 23 et 24 mai; remarquable discours de Ledru-Rollin dont la proposition d'enquête est rejetée. — L'Assemblée, avant de «e séparei. vote des remerciements à la garde nationale et à l'armée sur la proposition à'Antony Thouret; ce qu'il dit; discours du président Marrast 64