CHAPITRE XVII
LA DÉFAITE OE l'aSSEUBLKE
Le prince ue néglige rien pour activer le mouvement révisionniste, impressionner
I Assemblée et obtenir les trois quarts des voix exigés par la Constitution. —
II préside l'inauguration du chemin de fer de Tonnerre à Dijon ; accueil enthousiaste : Vive l'Empereur! — Discours du maire de Dijon : la reconnaissance impose a l'Assemblée le vote de la revision. — Réponse du prince : la volonté nationale est toute-puissante; elle ne veut ni de la royauté, ni de la démagogie; il a été entravé par l'Assemblée dans le bien qu'il voulait faire. — Grande émotion dans le monde parlementaire. — Le Moniteur ne donne pas le texte exact du discours du prince; déclaration faite à ce sujet à l'AsseiiJjlée par le ministre de l'intérieur, M. Léon Faucher. — Incident à l'Assemblée sur la question de l'obéissance passive du soldat : le colonel Charras, Changarnier.
— Les journaux. — Articles remarquables de Lamartine dans le Pays, de ^ euillot dans V Univers, de Granier de Cassaguac dans le Constitutionnel. — Réponse violente du National. — M. de la Guéronnière dans le Pays. — burexcitation des esprits dans l'Assemblée; incidents le 4 juin sur l'audace des impérialistes, le 12 juin sur l'obéissance des militaires ^encore', le 23 juin sur le pétitionuement. — he National, VEvénement, V Opinion publique n'admellenl pas la sincérité du mouvement révisionniste; en sens contraire, la Patrie, l'Univers, qui donne la note juste et vraie. — Nombre des pétitionnaires. — Aveu de VUnion. — Lettres de Léon Faucher, de M. Lefebvre-DuruHé. — Le Constitutionnel attaque les chefs des anciens partis. — Déclaration du Comité général révisionniste. — Brochure du comte de Berthier contre l'Empire. — Lamartine, dans le Conseiller du peuple, réclame la re vision. — Revues; l'Evénement. — Inauguration du chemin de fer de Tours à Poitiers; toast du maire de Chàtellerault; réponse du prince; discours de Poitiers; profonde impression; les journaux de l'opposition ne se rallient pas; MM. de Lamartine et de la Guéronnière dans le Pays; différentes versions des journaux sur l'accueil fait au Président. — Inauguration de la statue de Jeanne Hachette; discours du maire de Clermont, de l'évèque de Beauvais, du maire de cette ville; réponse du prince, qui fait l'éloge de la monarchie et de la Révolution ; les journaux ; articles du duc de Broglie dans la Bévue de^ Deux Monde: en faveur de la revision. — Discussion dans les bureaux de la proposition de revision; pour : Desiuousscaux de Givré, de Tocqueville, Berryer, Piscatorv, de la Moskowa^ de Montalembert, Moulin, Quentin-Bauchart, de Corcelles, Larabit, comte Mole, Casabianca, Lamartine; contre : Antooy Thouret, Michel de Bourges, Quinet, Corne, de Mornay, Barthélemy-Saint-Hilaire. — Commission élue avec 9 membres pour et 5 contre. — M. de Tocqueville rapporteur.
— Ce que disent dans la commission Cavaignac, Berrver, de Broglie; Léon Faucher sur le rôle du gouvernement dans le mouvement révisionniste. — Rapport Tocqueville. — Discussion à l'Assemblée; pour : Falloux, Coquerel, Berryer, Odilon Barrot; contre : de Mornav, Cavaignac, Grévy, Michel de Bourges, Pascal Duprat, Victor Hugo, Dufaure; réponse de M. de Falloux, puis de M. Baroche à Victor Hugo. — Proposition de revision rejetée avec 168 voix de majorité. — Le National triomphe. — Les Débats regrettent le rejet de la revision; le Constitutionnel n'accepte pas la loi faite à la majorité par la minorité. — L,' Univers déclare le prince un homme nécessaire. —
L'Opinion publique. — Sentiment de révolte du pays. — Le Times critique la Constitution. — Piapport complémentaire de M. de Melun sur le mouvement révisionniste; M. Charras accuse l'administration d'avoir suscité ce mouvement; réponse de Léon Faucher; le général Lamoricière; M. Bazc ; ordre du jour timide voté par l'Assemblée, ce qui ajoute une nouvelle faute à celle du rejet de la revision. — La thèse du prince; sa valeur. — Influence de M. de Persigny. — Commencement d'août, hypothèse. d'un coup d'Etat admise par le prince; nominations faites en vue de cette éventualité. — Revue du 7 août; réflexions du National. — 15 août, banquets bonapartistes à Paris; V Opinion publique; MM. de Lamartine et de la Guéronnièrc dans le Pays. — Bruits de coup d'Etat; la Patrie les dément; ils reprennent en 8eptend>re; V Evénement, VOrdre, les Débats n'y croient pas, ni le Siècle. — Discours du prince à l'inauguration d'un pavillon des Halles. — Le ministère ignore les résolutions du Président. — Coup d'Etat fixé au 17 septembre, puis remis. — Léon Faucher, au Comice de Chàlons, persiste à espérer la revision. — Article violent du Constitutionnel et du Bulletin de Paris contre la Constitution. — Réponse du Siècle et du National. — Le Constitutionnel revient à la charge. — Rappel de la loi du 31 mai 1850; habileté du prince. — 27 octobre, nouveau ministère,
— Ce que disait alors de Maupas. — Hostilité de la presse contre le ministère.
— Lettre de Félix Pyat au prince. — Circulaire de Saint-Arnaud sur l'obéissance passive. — Le Siècle et le National. — Message du 4 novembre. — Les journaux. — jMouveaux bruits de coup d'Etat. — Proposition des questeurs : le Constitutionnel , le Pays, la Presse, les Débats la condamnent; VOrdre, le Siècle, l'Opinion publique, l'Assemblée nationale l'approuvent. — Les ministres de l'intérieur et de la guerre dans la commission d'examen de la proposition des questeurs. — Rapport Vitet. — Curieuse déclaration de l'Opinion publique sur l'attitude de la gauche. — 17 novembre, discussion à l'Assemblée. — Que fallait-il faire? — Le général Leflo, Crémieux, Michel de Bourges, Vitet, Charras, général d'IIautpoul, Thiers, Jules B'avre, Bedeau; le général de Saint- Arnaud déclare que le décret du 11 mai 1848 n'est plus affiché dans les casernes; tumulte dans l'Assemblée. — Saint-Arnaud, Magnan, de Morny à l'Elysée. — Rejet de la proposition des questeurs. — Les journaux. — Allocution du prince aux officiers des nouveaux régiments arrivés à Paris; les journaux. — L'Assemblée supprime le crédit alloué à l'Agence Uavas, en signe de blâme du rôle joué par le gouvernement dans la question de la revision. — Rapport Daru sur le rappel de la loi du 31 mai 1850. — Discussion. — Rejet.
— Les journaux opposants insultent le ministère. — Bruits de coup d'Etat; rondes de nuit de M. Thiers et de (juelques députés. — Proposition Pradié; discussion dans les bureaux; Baroche, Michel de Bourges, Pascal Duprat, de Montalembert. — 15 novembre, M. Lagrange dénonce à la tribune des articles du Courrier de la Gironde et du Mémorial bordelais . — Malgré la gravité des circonstances, l'Assemblée s'amuse, toute une séance, à l'occasion d'un discours de Pierre Leroux revendiquant le droit de vote pour les femmes. — Lamentable spectacle présenté par l'Assemblée. — Le Parlement se déconsidère. — Une solution s'impose. — Le prince espère pousser l'Assemblée à bout en la faisant violemment attaquer par Granier de Cassagnac dans le Constitutionnel. — Immense émotion causée par l'article du 24 novembre. — La fin approche. — Les journaux. — Interpellation sur l'article du Constitutionnel. — Le ministère, à part le général de Saint-Arnaud, ne sait rien des projets du prince. — Discours menaçant et énigmatique du Président à la distribution des récompenses aux exposants français de l'Exposition de Londres. — La Patrie et l'Univers le louent. — Le Spectre rouge. — Mandement de l'archevêque de Paris sur les
périls de la société. — Cri général de laMÏtude. — Tout le monde parle du coap (l'État et l'attend. — Paroles échangées à^^lysée entre M. Denjoy, député, et M. Granier de Cassagnac. — Le prince ^rôme. — Le punch de l'Ecole militaire. — Le colonel Espinasse. — Réunion des chefs de la majorité et des généraux membres de l'Assemblée hcffitiles au prince. — Déclaration des généraux Leflù, Bedeau. — MM. de Maleville et Duvergier de Hauranne donnent le détail esact de l'exécution dufcoup d'État. — La soirée du 1" décenibre à l'Elysée. — M. de Morny à l'Orféra-Comique. — Reunion dans le cabinet du Président de la République de MM. de Persigny, de Maupas, de Saint-Arnaud, Mornv et Mocquard. — Le coup d'Etat. — La France entière y applaudit. — Plébiscite des 20 et 21 décembre i85l. — Jugement sur le coup d'Etat et sur le prince 460