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grands cris des sentiments, des espérances, des encouragements par lesquels l'ambition la plus sourde et la mieux assoupie aurait certainement été réveillée? Les paysans n'ontils pas rempli l'air de vivats adressés à un empereur? Ne les a-t-on pas entendus dire : « Ah ! il n'est pas aussi hardi que son oncle! » Eh bien! malgré ces cris, ces vivats, ces reproches, l'hôte de l'Elysée n'est-il pas purement et simplement ce que la Constitution l'a fait? Que signifient donc ces reproches immérités d'ambition, et quel est l'événement qui les justifie?... d
\j' Union (l) répond aux journaux élyséens que c'est bien leur faute si l'Assemblée est en défiance. « Pourquoi ont-ils voulu que cette longanimité de l'Assemblée eût un terme? Qui les contraignait de soulever des questions que la prudence la plus vulgaire commandait de réserver pour d'autres temps? Ils ont déversé sur l'Assemblée le mépris et l'outrage... La défiance n'a pas ses causes dans des mesures officielles, nous l'accordons, mais les manifestations officieuses en sont-elles aussi innocentes? N'ont-elles jamais rien eu qui dût obliger l'Assemblée à prendre conseil de sa dignité? C'est une question de bonne foi. Voyons. Les preneurs de solutions ont-ils entendu tous que l'Assemblée serait respectée? Les coups d'État ne sont pas à craindre, mais n'ont-ils pas été conseillés, provoqués, sollicités ?... Que serait une Assemblée souveraine qui s'entendrait outrager et menacer sans s'émouvoir?... L'intolérance des journaux élyséens a presque le caractère d'un aveu... Qu'y a-t-il de mieux fait que cette outrecuidance pour autoriser le sentiment de défiance qui a pesé sur la nomination de la commission des vingt-cinq... Le Moniteur du soir (2) a ouvertement, manifestement outragé le premier pouvoir de l'État... Malgré ses griefs... la majorité est restée dédaigneuse, elle a mis la paix publique au-dessus de ses légitimes susceptibilités, elle a laissé l'outrage à ses pieds, elle a prouvé que la cause de l'ordre et de la paix publique lui était chère avant
(1)26 juillet.
(2) 27 juillet.
LE G0UVERNEME:^T personnel du PRESIDENT. 25»
tout. La majorité a prudemment agi. La main (l) sur la conscience, est-il possible de ne pas reconnaître que c'est du côté présidentiel qu'est venue l'agression, la menace?... La nomination de cette commission signifie : L'Assemblée attaquée, menacée à fond, est disposée à résister. . . à toute agression , à toute tentative insensée... ■ La Presse (2) dit que « le fantôme impérialiste a changé de place. Il a disparu du Pouvoir et s'est réfugié dans les colonnes du Moniteur du soir. . . Gela est tout au plus ridicule... ce n'est pas par les coulisses obscures de deux ou trois journaux plus ou moins sérieux que l'Empire pourrait faire son entrée sur la scène de l'histoire. Un pareil rôle demande la hardiesse de Gromwell ou le génie du premier Consul... Ce n'est pas en écrivant quelques articles de journaux qu'on s'empare du pouvoir suprême. Pour arriver si haut il faut prendre son élan de loin. Il faut revenir de la campagne d'É^vpte et trouver sur le rivage tout un peuple qui vous salue comme un conquérant et qui vous acclame comme un libérateur. Mais l'Empire qui bat la grosse caisse dans les colonnes du Moniteur du soir, qui se débite à 10 centimes, le soir, sur le boulevard... ou qui décrète des 18 brumaire dans les colonnes du Pouvoir. . . allons donc ! cela n'est pas sérieux ! . . . » Le Siècle (3) ne craint pas « les parodies de Brumaire... Il ne se trouvera pas une main assez téméraire pour attenter à la Constitution. Qu'on songe à tout ce qu'il a fallu de gloire acquise, de valeur personnelle... au général Bonaparte pour oser le 18 brumaire; qu'on songe aux incidents qui faillirent compromettre le résultat de cette journée, au succès de laquelle tout conspirait... et que l'on dise si un coup d'État est possible dans la situation actuelle de la France. . . n Pour la Patrie (4), « les coups d État sont impossibles... parce que toute la force de la Constitution passerait du côté de l'Assemblée, parce que l'occasion et le prétexte manquent, parce que c'est Paris qui en est
(1)29 juillet.
(2) 26 juillet.
^3) Ibid.
(4) 24 juillet.