‹ Napoléon III avant l'EmpireChapitre 3 sur 34 · PREFACE, III · texte numérisé non relu

PREFACE, III

assez sévères, et les leçons de l'histoire n'en seront pas moins éloquentes.

Nous avons documenté scrupuleusement notre travail, tenant grand compte notamment du rôle capital qu'avait autrefois la presse et qu'elle n'a plus aujourd'hui au même degré. Nous avons cherché à mettre sous les yeux du lecteur tous les éléments de nature à lui permettre de se former lui-même un jugement sur un homme qui a été et qui est encore tant discuté. Comme le dit le prince, dans son ouvrage sur le Passé et l'avenir de l'artillerie : u Quand on parle d'une époque du passé, ou ne saurait prétendre être cru sur parole ; il ne suffît même pas d'indiquer la source où l'on a puisé ses renseignements, il faut pour les choses importantes donner le texte même. "

Le prince était de taille moyenne (1), plutôt petit; mais le huste étant long et les jamhes courtes, il paraissait grand quand il était assis ou à cheval. Il ressemblait à sa mère, il en avait les yeux bleus, d'un bleu gris; son regard était terne, vague, éteint, souvent comme perdu (2); le masque sans mobilité demeurait impassible et impénétrable; ses impressions et ses émotions ne s'extériorisaient point (3). Le front était élevé, le nez aquilin, les moustaches longues et épaisses sur une impériale; la physionomie était agréable, avenante, sympathique. Il était de tempérament lymphatique et indolent. Il n'avait rien de l'empereur Napoléon I". Sa parole était lourde, gutturale, nasillarde (4). Des trente-

(2) « Son regard doux, un peu voilé, était tour à tour vif et caressant. » (Gba- NiER DE Cassagnac, Souveiiiis du second Empire, p. 80.)

(3) « ...Mèuie dans les relations de tous les jours trouve-t-on le prince d'une froideur impénétrable, sans qu'il cesse pourtant d'être bienveillant. » (Le doc-

^ teur VÉRON, dans le Constitutionnel du 24 septembre 1850.)

■ (4) Dans un des derniers discours du trône prononcé dans la salle des Etats au

H Louvre, nous nous rappelons cette phrase fameuse : L'ordre, j'en réponds, dite

» par lui, notauunent sur la syllabe finale, avec un accent nasillard qui nous frappa

beaucoup

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