‹ Napoléon III avant l'EmpireChapitre 4 sur 34 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

quatre années passées en exil, il lui restait un accent d'un caractère légèrement exotique, surtout tudesque, qui fut, en 1848, le sujet d'interminables plaisanteries d'assez mauvais (joût. Il avait l'abord froid, mais ses manières étaient pleines d'affabilité, son accueil d'une politesse exquise, d'une urbanité parfaite; il laissait parler avec une patience inépuisable (1), lui-même il parlait peu, et ses interlocuteurs se demandaient souvent s'ils avaient été entendus. Sa pensée paraissait se tenir dans un lointain, dans un au-delà, dans un rêve perpétuel. C'était tout à la fois un timide (2) et un audacieux ; il avait en même temps une raison calme et une imagination ardente, la folle du logis. Si sa vie ne fut qu'une aventure, on ne cite pas de lui un seul trait d'emportement ni de colère. Il était doux, essentiellement doux, d'une douceur inaltérable qui était un des charmes irrésistibles de cette nature aussi étrange qu'attirante, et qui fit le bonheur de sa mère, pour laquelle il fut, du premier au dernier jour, un fils dévoué, respectueux et tendre. Cette douceur, cette équanimité fut pour lui une grande force. Ne cherchant ses inspirations qu'en soi-même, il n'abandonnait jamais une idée, et c'est pour cela que la reine Hortense, ainsi qu'on

(l) ■ Nul nV-coutait avec lettc {latiencc <|ui est une poliloAse et n'accueillait l'objerlioti avec rett*; clcf«;reiicc qui cul une invitation à la produire. On «e trouvait .j la foia turpri* et charmé au contact d'un tel honunc, (|ui so laissait ainsi manier; mais ce contact ainialtle et doux était celui d'un fourreau de velour» dan» ler|ucl on sentait une véritniile é|iéc. » ((«nANiKn dk (lA.sSAO^(A(:, Souifenirs, p. M.) — « Sachant écouter heaucoup, à la grande différence de Louis-I'liilippe. » (Odilon llAnnor, Memoirci, t. III, p. «iU.) — u ...Les parcdes (pion lui adresKiiit étaient t'oniiiii? les pierres ipi'oii jette dans un puits; on en eiitcnduil le liruit, iHiiis on no Mvnit jamais co i|u'cllrs dcvcnaîent. » {Souvenirs d'Alexis de Tocguenille.]

(S) ■ l.e pr^siilcnl a dnn* son nspe<-t ipiehpie chose de timide, d'emltnrrassé <>t «Ifl froid qui ({Ince au premier ubord. Son sourire est bienveillant, ses manières aiinl |H>lir«,,, Il reste toujours lui-mi>m«... Ihins ce temps de |;rimii(x's, où les prrsonntigrs politiques savent prendre tout les nia«(pies, c'est une cpialité de no pas forcer sa nature, et cel.i annonci.' dans le président une certaine élévation «l'esprit cl une certaine franchise <pie je ne fais nidie dif>icullé de reconnaître, » {Le Siêelt, 5 Mptemhre 1850.)

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