CHAPITRE XI
LA SECOMDB ÉLECTIO?! DU PRINCE A l'aSSEMBLÉE NATIONALE ET SON ÉLÉVATION A LA PRKSIDENCK DE LA REPUBLIQUE
I. Elections complémentaires à l'Assemblée nationale. — Lettres du prince au roi JérAme, au général l'iat. — Sa visite ù Louis Blanc. — Attitude de la presse : l'Union, le Bien public, la lié/orme. — Brochure annon(;ant le dél)ari|ucnient du prince à Boulogne ; lettre du prince Napoléon, fils de Jérôme. — Circulaire d'Aristide Fcrrere. — Affiches électorales. — Le prince estélu par cinij département». — Il obtient un nombre de voix considérable dans d'autres départements. — La proclamation du scrutin à Paris. — Opinion des Débats, du Constitutionnel, «le l'Union, du Commerce^ du Bien public, de l'Ere nouvelle, du Times 334
II. Le 25 septembre, le prince vient prendre séance À l'Assemblée. — Il arrive de Ixindres. — Son admission. — Son discours. — Appréciation des journaux : les Débals, V Evénement, la Presse, le National, l'Union. — Entrevue du prince et des représentants de la Montagne et du socialisme, notamment avec Proudhon. — Il s'assure aussi le concours du docteur Véron, directeur du Constitutionnel. — Bnpport do Miirnut sur le projet de la conHlitulion. — Lo Siècle cuiidiut le sysièmo do In nomination <lu président do la Bépid>li(|U(< par l'.Vsscinblée, ainsi «pio l'Union, la Gaietle de France, VUniiiers, lo Bien public, le National. — Brochure «le M. de Cornionin dans le nu>mo sens. — i\\i contraire, les journaux rouges, conimi; In Démocratie pacifique, la Itrforme, ni> veulent pas de l'élortion por le suffrage universel. — Le Journal dci Débuts ne prend pas parti. — 5 octobre, rA*»rnd>lée discute la ipiontion du la nomination du Pouvoir exécutif. — Félix Pyot ne veut pas de président. — .M. de Toetinevillu lienj piMir l'/dorlitin par le peuple. — Propliéli(|ue liiseours de M. de Parieu en ««ns i'onlr.iirr. — .M.M. Fresnenu, Lnsteyrio, de Lainiirline, l>ufaui'(<, Victor Lefrane opinent dans lo nii^me sens «pin M. de 'l'ociiuevillc; M.M. (>révy, Flocon, .Martin «le Strasbourg, Leblun«l, dans In niAnio sons (|U0 .M do Purieii. —
Rejet d'un amendement de M. Grévy qui confie le pouvoir exécutif au conseil des ministres. — L'Assemblée vote l'élection par le suffrage universel direct.
— Emile de Girardin approuve. — Les Débats raillent la gauche de se défier du suffrage populaire. — Amendement Antony Thouret tendant à rendre inéligibles à la présidence les membres des familles ayant régné en France. — M. Voirbaye le combat, ainsi que M>L Coquerel et Laca/e, qui interpelle le prince. — Celui-ci déclare qu'il n'est pas prétendant. — M. de Ludre. — Déclaration d'Antony Thouret, qui retire son.amendement. — Rejet de l'amendement de Ludre tendant aux mêmes fins. — Appréciation des journaux : la Patrie, VUnion, le National. — Abrogation de la loi du 10 avril 1832 prononçant le bannissement contre la famille de Bonaparte. — Le Siècle. — Séance du 12 octobre : Amendement Mathieu de la Drôme donnant à l'Assemblée le droit de suspendre le président de la République aux deux tiers des voix, repoussé sur l'intervention de M. Vivien ?t du général Cavaignac. — Obligation imposée au président de la République de prêter serment, contrairement à l'opinion de Crémieux, mais conformément à l'avis de l'évêque d'Orléans. — Réflexions d'Odilon Barrot dans ses Mémoires. — Rejet d'une proposition d'ajourner l'élection présidentielle. — Ce que disait M. Dupin 348
m. Agitation bonapartiste. — Le mouvement se prononce en faveur du prince
— Journaux napoléoniens, le Petit Caporal, etc. — Bruit d'un soulèvement bonapartiste; 24 octobre, lettre du prince Napoléon-Jérôme qui le dément; 25 octobre, déclaration de M. Dufaure à l'Assemblée; le prince Napoléon; Clément Thomas; tumulte. — Clément Thomas remonte à la tribune et accuse le prince Louis d'être un candidat à l'Empire; nouveau tumulte. — Dépit du National. — Le prince assiste rarement aux séances de l'Assemblée; réflexions d'Odilon Barrot dans ses Mémoires. — 26 octobre, discours du prince Louis à l'Assemblée. — Grand effet. — La légende de sa nullité s'effondre. — Réponse de Clément Thomas. — Singulière attitude à l'Assemblée. — Presque tous les journaux parisiens combattent la candidature du prince, VUnion, le Constitutionnel, le Bien public (Lamartine), la llévolution démocratique et sociale (Delescluze), le Peuple (l'roudhon), la Liberté de penser (Jules Simon), les Débats, le Siècle qui soutient le général Cavaignac ; le National surtout aussi, qui accuse le prince d'avoir rempli à Londres les fonctions de policeman ; la vérité sur cette légende. — La Presse, par la plume d'Emile de Girardin, apporte un appui considérable au prince, qui a encore pour lui la Gazettu de France, la Liberté, l'Assemblée nationale, et enfin le Constitutionnel, qui finit par se rallier sous l'inspiration de M. Thiers. — La presse de province; un très grand nombre de journaux soutiennent la candidature princière : le Courrier du Havre, le Journal de l'Aisne, le Capitole de Toulouse, le Mémorial des Pyrénées, le Journal du Loiret, V Echo de l'Oise, V Hebdomadaire de Béziers, VAube de Troyes, le Mémorial bordelais, la Gazette du Languedoc, VÉclaireur de V Hérault, le l'érùjord, V Opinion du Gers, la Province de la Haute-Vienne, V Argus soissonnais, l'Union franc-comtoise, le Journal de Rodez, l'Écho de Vésone, l'Indicateur de l'Hérault, le Journal de Maine-et-Loire, le Journal de la Nièvre, etc. ; la combattent : le Messager du Nord, le Moniteur de l'armée, la Gazette du Midi, le Peuple du Puy-de-Dôme, le Breton, le Courrier du Nord, la Démocratie des Hautes-Pyrénées, le Courrier de Nantes, la Fraternité de l'Aude, le Franc-Comtois, le Bien public de la Haute-Marne, l'Impartial de la Meurthe, l'Echo du Nord, etc. — Les journaux étrangers : le Heraldo, la Espana, r£ma«ci/>af(0/i de Bruxelles, le Morning-Post,le Morning-Herald, le Northern-Star, le Globe, presque tous contraires à la candidature du prince. — Opinion du journal belge l'Observateur. — Les journaux comiques : le
Charivari, la Revue comique^ V Assemblée nationale comique. — Chansons, brocliures, lettres, afKches et comités électoraux. — Attitude des hommes politiques, de Cormenin, Ferdinand Barrot, Boulay de la Meurthe, Léon Faucher, Thiers, Bugeaud, Ghangarnier, Mole, Odilon Barrot, Berryer, Falloux, Montalemberl, Guizot, duc de Broglie, Victor Hugo, Gréniieux, tous pour le prince;
— contre : Etienne Arago, George Sand. — L'évèque d'Orléans, membre de l'Assemblée, et le cardinal de la Tour d'Auvergne, évèque d'Arras, se prononcent pour Cavaignac, mais l'évcep^e de Langrcs et l'abbé Leblanc, députes, se prononcent pour le prince avec la grande majorité du clergé. — Attitude de l'armée; outre Ghangarnier, Bugeaud, les généraux Bedeau, Rulhière, Oudinot, Lebreton, Baraguey d'Hilliers prennent parti pour Louis-Napoléon. — Lettre du général Stourm en faveur du prince. — Déclaration du prince aux délégués du congrès des journaux de province; sa lettre aux ouvriers charpentiers de Troyes; sa lettre au Constitutionnel sur les affaires de Rome, 2 décembre 1848; sa lettre au nonce du Pape, où il se prononce pour le maintien du pouvoir temporel. — Déclaration du cardinal Antonelli sur la résolution du Pape de ne pas chercher un refuge en France, où le chef du gouvernement est le hl» d'un régicide. — MM. Thiers, Mole, Berryer veulent rédiger le manifeste du prince; celui-ci impose le sien. — Circulaire Aristide Ferrère. — Attitude du général Cavaignac; lettre du banquier Odier; réponse du ministre de l'intérieur, Dufaure, qui fait l'éloge de Cavaignac; intervention des autres ministres dans la lutte électorale; des brochures favorables à Cavaignac, des portraits, des biographies sont répandus à profusion jusque dans les casernes. — Odilon Barrot, dans ses Mémoires, déclare que Cavaignac n'a rien négligé pour assurer le succès de son élection. — Manifestations de la place Vendôme. — Avant la fin de novembre, le prince s'occupe de la formation de son premier ministère.
— La question d'argent est un de ses soucis; vaine préoccupation. — Les anciens militaires sont pour lui de merveilleux agents électoraux qui ne lui coûtent rien. — Les révélations faites, en août 1851, par le journal le Messager tle l'Assemblée, sur ce qu'aurait fait le prince en novembre I8V8 pour se procurer de l'argent. — Eletrtion du 10 décembre. — he Journal des Débats. — Ce que disent Berryer à la réunion de la rue de Poitiers, Lamartine dans le Bien public, de Girardin dans la l'resse; ce que disait plus tard Félix Pyat. — Les journaux anglais. — Lettre de Léon Faucher à un ami sur la valeur de Louis-Napoléon. — Les journaux rouges parlent de coup d'Etat. — Lu Patrie.
— Fréoccupalion du président de l'Assemblée, M. Marrast; réponse attribuée à Chan|;.-irnicr. — Le peuple avait élu non un président de la Uépublicjue, mai» un empereur 371