‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 15 sur 56 · ORAN · texte numérisé non relu

ORAN

Oran, chef-lieu de préfecture et de division militaire, est situé au fond d'une^baie qui porte son nom.

L'origine d'Oran remonte à la plua haute antiquité. Cette

ville fut habitée par les Romains sous le nom de Quiza Xenitana. Elle appartint ensuite et successivement aux Vandales, aux' Barbares, aux Arabes et aux Turcs. En 1505, elle fut conquise par les Espagnols, (jui y demeurèrent jusqu'en 1708, époque où les Turcs s'en emparèrent. Elle fut reprise, en 1732. par' le comte de Montemar, grand d'Espagne au service de Philippe V. — En 1790, un tremblement de terre qui détruisit presque entièrement la ville, décida les Espagnols à Tahandonner, et les Turcs y rentrèrent. Enfin, le 3 janvier elle fut conquise par nos troupes, sous le commandement du général Damrémont.

La ville d'Oran a la configuration d'un triangle, dont la mer forme la base et le fort Saint-André le sommet; les deux angles des c6tés sont formés, à l'est, par le Châteali-Neuf, et à 1 ouest, par le[^fort de la Moune. — EWo est bâtie sur les deux flancs d'un ravin auquel elle doit son nom {Oi'ahritn. la cou- {•ure) et au fond duquel coule VOued-Jiehhi (la rivière des moulins). Le plateau ouest comprend l'ancienne ville espagnole, le port et la Casbah ; le ChÀteau-Neuf et la nouvelle ville s'élèvent, en amphithéâtre, sur la partie est.

« Oran» tour à tour arabe, espagnole et turque, dit If . Piesse, dans son liméraire de l'Algérie, est aujourd'hui une ville A^ançaise, bien percée, bien bâtie, bien aérée, dans laquelle la population européenne circule avec Tactivité fiévreuse que donne le mouvement des affaires commerciales dans les colonies. »

pnOVINCK D'OBAM.

Onin Ml, en eiTet. une des villes de TAlgérie où le commerce , fiivorisv par une riclic production agricole, a le plus d'activité. Toutfl la province, à l'eiception du tenitoire dépendant de 3fOBtoganem,y envole ses produits, qui consistent, notamment, en grains, farines, p&tes alimentaires, laines, cuirs et peaux ; tabacs en feuille, coton, sparterie, garance, sumac, iLermèa, etc. Ce mouvement commercial est fkeillté par réventaîl de routes qui, d'Oran, rayonne vers Mostaganem, Mascara. Sidil»el-Abbès ot Tiemcen. Il s'accroîtra encore iavutitaL^e lorsque le chctnin de fer d'Âlger ii Oran, en cours d'exécution, aura été construit.

La commune d'Oran, y compris ses fauboui^ et l'annexe de la Scnia a une population totale de 27,979 habitants, dont 7,610 espagnols et 3,898 indigènes

Le Château-Neuf, résidence du général, commandant supérieur de la province, ThMel de la Préfecture, relise et la grande mosquée sont les seuls édifices remarquables de la ville d'Oran.

L'Emprreur est arrivé à Oran le 14 mai 1865, à deux heures de l'api • juidi.

Sa Majesté i t;iit uccoiii(».'ignt'C de M. le maréchal de Mac-Mahon, Gouverneur Général, qui ne Ta pas quittée pendant non voyage, au grand contentement des populations civiles, dont il a su acquérir toutes les sympathies et qui le considèrent, ajuste titre, comme le défenseur le plus convaiocu et le plus influent de la colonisation européenne.

Au débarcadère, un élégant pavillon construit avec goût, sur les dessins de M. Yiala de Sorbier, avait été préparé pour recevoir rEmpereur. Cest là, en présence des autorités dviles et militaires, et au bniit des acclamations de la foule, que M. Carité, maire d'Oran, a présente à Sa Majesté les deb de U ville, et a prononcé le discours suivant :

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« J*ai l%oiineur de déposer entre vos mains les clefs de le ville d'Oran, emblème de la soumission et du dévouement des habitants à Yotre Majesté.

« En apprenant Votre résolution de visiter nos belles pro*

\inces, l'Algérie tout entière a éprouvé un frémissement de bonheur et d'espoir. Nous avons compris, une fois encore, Sire, toute Votre sollicitude pour nous, el notre première pensée a été un sentiment de profonde gratitude.

ft Vous avez voulu juger Vous- Même notre situation ; rien ne saura échapper au regard si sûr de Votre Majesté ; Elle recomnattra les progrès nombreux d^à accomplis; Elle marquera ceux restant à fhire.

« Sous Votre puissante impulsion, une ère nouvelle va s'ouvrir pour TAfrique fhmçaise. Notre agriculture, cette source si féconde de la richesse du pays, se développera encore ; nos voies de communication seront améliorées ; notre industrie et notre commerce prendront un plus grand essor.

« Qu*il me soit donc permis dans cette circonstance solennelle, d'appeler tout spécialement la bienveillante attention de Votre Majesté sur notre ville.

t Par son voisinage avec l'Espagne, la ville d'Oran paraît appelée à un sérieux et brillant avenir; elle est comme la clef de voûte qui doit relier l'Europe au continent africain ; elle sera la tête de ligne des chemins de fer algériens ; elle deviendra Tembarcadère général, où tout se concentrera.

i Que son port soit terminé ; que son étroite enceinte qui la comprime et Tempéche de se développer s'élaigisse et, bientôt, nous la verrons devenir la grande et florissante cité, que sa position topographique indique, que cette position même commande.

« Telles sont ks espérances qu'a faitnaître dans le cœur de chacun de nous, la visite de Notre AugL:ste Souveiain. « Grâces Vous soient donc à jamais rendues 1 Sire. < Puisse la divine Providence, dont la main tutéla^ire est

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PROVINCE mRAN.

vi^iM*ntenl ëtendue sur Votre Majei^tis conserver vos joui*s. tsi prv^at an iMiys« et oeui éu. Priiioe Impérialt espoir de la patrie ; p«i8M>t-ËUe wm conserver près de Vous Votre Douce Uompagne, qui représente airec tant de grftces, sur le Tr6ne, le génie de la bienfaisanoe la pins inépoisable.

« C> «ont les vflNix qiie nous ne cessons de former, et que nous exprimons encore aujourd'hui, lorsque, de toutes noe forcer nous pi^oforons ces cris si énùnemmeûL irançaib de : « Vire VKntftefêm* !!!

* V'h'<' V luxjicratricf !'!

K Vire le Prince Jmpéttal !!! •>

L'Empereur a remercié M. le Maire d'Orandes sentiments quUl Tenait de lui exprimer, ajoutant : « qu'il voulait se rendre 4 par Iui-m6nie un compte exact de la sltoationy et l'améliorer < autant que possible* »

Escorté par la miliGe, tes chasseurs d'Afrique et la geodarmerie, le cortège impérial s'est dirigé vers le Chàteau-Neuf, résidence des commandants sopérienrs de la province.

Pendant ce trajet, (jui s'est effectué lentement, et qui a été comme une niarclie ii inmphale, l'Empereur a recueilli kis témoignages les uioiii:i éqiiivoquen ilo la profonde reconnaissauce des habitante d'Oran. Nons renonçons à dépemdre la jme qui animait toutes les physionomies, la vivacité dos acclamations qui partaient de tous les rangs de la foule et des fenêtres de toutes les maisons.

Nous empruntons au journal V£<^o d^Oran^ la description des divers arcs de triomphe qui avaient été dressés sur le passa|<e du cortège impérial.

A Ciité du débai'cadère s'élevaient deux mâts immenses, posés sur deux socles élégants ornés de peintures, représentant les attributs de l'agriculture et do commerce. Ces deux niAts étaient reliés entre eux par une drapei ie sur laquelle on lirait cette inscription en lettres d'or: Chambrr de commerce.

En lace delà place de Nemours, un ;irc de triomphe de style vésltieu, avait été improvisé eu toute Uàte par la population

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